L’écriture tente de se faire en prise avec un réel instance de fabrication, laboratoire de textes poétiques vers lequel ces derniers se tournent, ne se soustrayant à son pôle critique, dans un engagement qui se devrait d’être à la fois formel et politique, pour une poésie concernée.
Depuis son premier numéro, la revue Le Chant du monstre poursuit des principes esthétiques comme littéraires, les incarne numéro après numéro, ne cédant rien aux impulsions de départ, n’opérant une mue que pour mieux poursuivre le credo de départ : abolir les « frontières » et « lisières » entre la littérature (dans tous ses genres, roman, poésie, théâtre) et le dessin, accompagner ceux qui risquent et tentent dans le champ du contemporain, faire montre de curiosité comme d’exigence, être un laboratoire et un espace ouvert.
La lecture de ces quelques pages merveilleuses, que les gens sans imagination pourraient qualifier hâtivement de bande dessinée, nous met en réalité face à des situations poétiques illustrées, agencées par une nécessité impérieuse qui nous ramène au récit.
Certaines semaines ont un goût de cendres. Comme celle qui vient de s’écouler, s’ouvrant avec l’annonce de la mort de David Bowie. La fin d’une époque. La mort viendra et elle aura tes yeux, écrivit deux heures plus tard Johan Faerber, citant Pavese… et nous sommes descendus « dans le gouffre muets ». Pour Olivier Steiner, le secours vint de Marguerite Duras et de Flaubert, pour célébrer le Thursday’s child. Parce qu’il fallait bien se rendre à l’évidence pourtant informulable, « Et puis David Bowie est mort« , le fantôme d’Hérouville n’est plus, nous laissant floating in the most pecular way.
On sait la passion d’Alexandre Dumas pour la cuisine. Le romancier gastronome est l’auteur d’un monumental Dictionnaire de la cuisine, entrepris un an avant sa mort qui paraîtra de manière posthume. Dans « quelques mots au lecteur », Dumas retrace une histoire du rapport de l’homme à la nourriture, passant du besoin à la gourmandise, il établit une typologie des différents types d’appétit, feuillette pays, traditions culinaires et grands auteurs ou artistes dans leur rapport à la cuisine, avant de lister les restaurateurs de son temps, dans un ample mouvement qui se donne à lire comme un art poétique de la table.
Meaulnes ressemble à cet exemple de nos vieilles grammaires latines : puer egregia indole — un enfant d’un naturel remarquable. Il est le seul de son espèce, il sort du troupeau (ex grege).
En dépit de son titre (et de l’absence d’indice sur la couverture blanche des éditions P.O.L), Champion du monde de Mathieu Lindon est bien un roman sur le tennis. Publié en 1994, le roman sera suivi de Merci (1996) — deux textes pour dire un « devenir Ximon », être « champion du monde ». Pour cela, Ximon demande à Kyhl, un joueur en fin de carrière, de devenir son entraîneur et de faire d’une page vierge une histoire, un roman. D’être son coach, son frère, son ami, un père, selon ces filiations électives et héritages symboliques que Mathieu Lindon décrit de roman en roman.
En littérature comme en amour, il est des « hasards objectifs », ces « faits-glissades» dont Mathieu Lindon tisse Ce qu’aimer veut dire. Ce qu’aimer entend nous dire, suggère et impose à un écrivain qui revient dans ces pages sublimes sur des rencontres fondatrices, des présences qui forgent une destinée.
La première fois ce fut à la télé, son visage calme et rayonnant, d’une grande beauté, face à Julia Kristeva. Il était question de Beauvoir et des Lettres à Sartre, c’était une émission de Pivot, je suis tombé amoureux, d’un coup, avant de la lire.
La plage n’est certainement pas le premier lieu auquel on associerait spontanément Churchill et Chaplin. C’est pourtant sur le sable que les deux hommes se plaisaient à cheminer côte à côte pour converser, comparer, échanger leurs impressions quant à leurs projets et leur mal-être. Plutôt leur mal-être et leurs projets…
Camille Le Falher-Payat, à Paris.
Je porte la joie du livre en moi.
Rares sont les livres si réjouissants, qui laissent cette trace en soi, cette énergie jubilatoire.
Il y a du Lol V. Stein dans Celle que vous croyez.
Lacan l’aurait reconnu, l’échappée belle, les champs de seigle ou de jonquilles, mais là, démultipliés.
Portraits funèbres, décès, disparitions. C’est la revue de presse nécrologique du chutier.
Un chien loup blanc sale, des poubelles. Des poubelles, un chien loup. Irruption du chien loup sale dans les poubelles.