Annie Ernaux, L'Occupation

L’Occupation est un court, très court roman. Dense. Brut sinon brutal. Un concentré de roman, dont chaque page, chaque phrase éveille d’autres mots en écho, les nôtres bien sûr mais aussi ceux que la littérature a déjà trouvés sur ce sujet qui est un véritable topos : la jalousie.

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La première fois ce fut à la télé, son visage calme et rayonnant, d’une grande beauté, face à Julia Kristeva. Il était question de Beauvoir et des Lettres à Sartre, c’était une émission de Pivot, je suis tombé amoureux, d’un coup, avant de la lire.

Capture d’écran 2015-09-28 à 08.27.19L’usage de la photo d’Annie Ernaux et Marc Marie est de ces livres qui mêlent textes et photographies et dont les images ne sont pas conçues comme des illustrations mais comme un texte à part entière, créant une tension, un écart parfois, une polyphonie à coup sûr. Parmi ces « photos romans », dans le désordre, pensons à Nadja — et aux « impératifs anti-littéraires » auquel obéit André Breton, ayant pour objet « d’éliminer toute description — celle-ci frappée d’inanité dans le Manifeste du surréalisme » — Sebald, évidemment, Robbe-Grillet, les « phototextes » de Sylvia Gracia dans Le Livre des visages, James Agee, Barthes, Ben Lerner, Laird Hunt, Sophie Calle, etc.