L’abécédaire de Patrick Varetz, écrivain, auteur de Jusqu’au bonheur (2010), Bas Monde (2012), Premier mille (2013), Petite vie (2015), tous publiés chez P.O.L, et plus récemment de Modigliani, une bonté bleue (Invenit, coll « Ekphrasis »), à paraître à l’occasion de la rétrospective « Modigliani, l’œil intérieur » au LaM (du 27 février au 5 juin) : Modigliani, une bonté bleue sera en vente au LaM dès le début de l’exposition, puis en librairie à la mi-avril.

C’est d’abord depuis l’intime que Ta-Nahesi Coates exprime sa colère. Dans une adresse à son « fils », Samori, âgé de quinze ans (« la Lutte est inscrite en toi, Samori — tu portes le nom de Samory Touré, qui a lutté contre les colonisateurs français pour le droit de jouir de son propre corps noir »), à des « fils » au pluriel aussi puisque rien ne vient limiter ce mot ou lui donner un nombre. Mais l’adresse doit être lue, aussi, dans une histoire américaine et une filiation, un « héritage » : « détruire le corps d’un noir », battre, abattre. L’adresse est rappel mais aussi alerte et manifeste, « voilà tes racines de noir : ne t’endors pas, c’est une question de survie ».

Quelques jours avant la sortie — le 11 février prochain — et la critique sur Diacritik de Brouhaha, puissant essai de Lionel Ruffel qui questionne le contemporain comme concept pour dire notre temps, retour sur le premier effort réflexif du critique littéraire, Le Dénouement. Paru en 2005 chez Verdier dans la collection « Chaoïd », s’y dévoile déjà l’essentiel d’une pensée parmi les plus neuves de l’époque.

Ce pourrait être un conte de Noël, avec pingouins, lapins, « armée de chats », un rat sauvé de l’institut Curie, Flush l’épagneul auquel Virginia Woolf consacra un livre et même une « poule qui marchait à reculons ». Un roman, une fable, de ces textes magiques qui échappent aux catégories. Il est signé Geneviève Brisac qui attend de voir passer un pingouin, image pour dire « la lutte épuisante contre l’effacement de tout ». Invitation à une double rencontre : un livre, son auteur.

Tout partirait du « précaire » et de l’« inéluctable », de cet entre-deux qui est autant celui de la mort que de l’écriture, trouverait origine dans les mots de Marisa Madieri cités en exergue, pour tenter de dire « quelque chose de caduc et quelque chose d’indestructible ».

Jacques Dupin : « Il m’est interdit de m’arrêter pour voir ». Affirmation impersonnelle, indéterminée, étrangement informelle. Qui parle, qui interdit, pourquoi, dans quel but? Ce qui est dit ne peut être rapporté à une origine, à une situation, un sujet déterminés. Le vague sujet qui affirme apparaît selon une forme minimale de la présence et de la consistance (m’). Chaque élément de la phrase, chaque mot et liaison semble être de la même nature nuageuse, la phrase existant comme lieu de rencontre, mise en relation de diverses choses vagues, à peine construites, divergentes, nébuleuses. Que recouvre l’interdiction ? Qui est celui qui dit moi ? Voir, mais quoi ? S’arrêter ?

Ils sont nombreux à prétendre à la reprise du flambeau des chanteurs dandies, ces mélodistes nouveaux romantiques. En attendant leurs prochains disques (sous des formes différentes : Perez actuellement, Séverin début février, Alex Beaupain en mars, Lafayette pour bientôt), on peut replonger dans l’œuvre d’un des plus fameux d’entre eux, toujours en exercice, via une nouvelle compilation qui vient tout juste de paraitre, nommée sobrement et de manière éponyme Le Meilleur d’Alain Chamfort.