Auteur d’Où que je sois encore (Seuil), d’un remarquable essai biographique consacré à Bernard-Marie Koltès (Minuit), enseignant les études théâtrales à l’université Aix-Marseille, Arnaud Maïsetti délivre un roman saisissant, démesuré et virtuose, Saint-Just & des poussières, aux Éditions de l’Arbre vengeur.

Au cœur des Prières, nouveau livre de Marco Lodoli, un personnage, essayant tout à trac d’imaginer de quels mots il peut s’agir quand à la messe on confie au Seigneur « Dis seulement une parole et je serai guéri », propose « Un nid pour tous ». Est-ce la forme même, celle d’un nid textuel, que Lodoli choisit pour Les Prières qui se compose de trois courts romans, comme avant lui Les Fainéants, Les Prétendants et Les Promesses ? Toujours est-il que la publication des douze textes regroupés en quatre volumes se sera étendue sur plus de trente ans, et l’écrivain romain confie en préambule du dernier qu’un titre pour l’ensemble « vibre dans [sa] tête telle la dernière et pathétique corde pincée par un vagabond sur une place déserte » : Les Pauvres.

Lettre lue le 11 juin 2010, à la Maison de l’Amérique Latine, à l’occasion de la soirée consacrée au roman de Daniele Del Giudice, Horizon Mobile, publié au Seuil dans « La Librairie du XXIe siècle ». Participaient à cette soirée, inscrite au programme de « Paris en toutes lettres », Mathieu Amalric, Jean-Paul Manganaro et Maurice Olender.

Comme Jacques Dubois l’a souverainement défini dans un article paru sur Diacritik, le volume La Pléiade/Gallimard consacré aux romans et à la poésie de Jean Genet est une pépite éditoriale. D’une part, parce que Genet est Genet est Genet, un des astres les plus sidérants des Lettres françaises. D’autre part, parce que l’édition de ce volume établie, annotée, commentée par Emmanuelle Lambert et Gilles Philippe, avec l’aide d’Albert Dichy, nous donne à lire les originaux, les textes non expurgés.

Jean-Benoît Puech, connu pour ses nombreuses mystifications littéraires, publie aux éditions P.O.L un ouvrage singulier : La Préparation du mariage. Après avoir conté les œuvres et la vie de Benjamin Jordane, un auteur fictif né de son invention, Puech s’attaque à présent à l’autobiographie d’un nouveau personnage nommé Clément Coupèges.

Nomadland est un snif movie, une manière de Ken Loach labellisé Disney sur une Amérique alternative de carte postale où il semble qu’il existe plus d’une aube et d’un coucher de soleil par jour. Si Frances McDormand, comme à son habitude, joue excellemment bien, le violent décalage avec les bons acteurs amateurs est en revanche patent, le tout sombrant sur un scénario tenant sur un maigre confetti de fin de soirée.