Sylvie Blocher (photographie Antoine Idier)

                                                                                                                                                                                          

À l’invitation de la Triennale d’art contemporain SUD2017, une œuvre éphémère de Sylvie Blocher a été posée mercredi 6 décembre sur un carrefour de Douala au Cameroun. Sylvie Blocher y présentait ses excuses pour les exactions commises par la France pendant la période coloniale. L’œuvre devait rester quelques jours en place mais a été détruite jeudi 7 décembre par un activiste, Blaise Essama, à la suite d’une campagne instrumentalisée par la radio-télévision Équinoxe et qui a passé sous silence le projet de l’auteur, au profit d’enjeux politiques locaux. Des discussions publiques passionnées ont débuté, certains soutenant, d’autres contestant les intentions de Sylvie Blocher, mais ouvrant en tous les cas un espace de réflexion sur l’histoire coloniale, l’occultation des questions mémorielles dans la société et l’espace public camerounais, et la reconnaissance par la France de ses crimes.
Le texte « L’art du coup d’État » a été écrit avant ces événements.

L’écrivain camerounais Patrice Nganang est porté disparu depuis mercredi

Monsieur le Président de la République,

Vous vous intéressez à l’Afrique. Il y a peu vous vous êtes rendu sur le continent africain. Vous y avez affirmé avoir le souci de l’avenir sans chercher à reconduire les pratiques néocolonialistes anciennes.

Un Paese di Calabria

La mer – Ionienne – à perte d’horizon et une liste de prénoms dont une voix-off égrène les sonorités italiennes s’envolant dans l’infini du souffle bleu. Le ton du documentaire est donné dès la première scène, dès les toutes premières minutes qui ouvrent le regard et le cœur : Un Paese di Calabria de Shu Aiello et de Catherine Catella est à voir pour lui-même et son esthétique, pour son sujet atypique et pour tous les aspect sociopolitiques qu’il évoque et qu’il soulève.

© Alain Manoha

J’ai vécu, hier, un tête-à-tête ému et délicieux. Cela fait plusieurs années que j’avais le désir de revoir François, sans jamais vraiment mettre en œuvre les recherches pour le retrouver. La semaine dernière, j’ai déniché les coordonnées de son agent, lui ai téléphoné, c’est une Anglaise à la voix pétulante qui m’a répondu. Je lui ai dit qui j’étais, j’avais connu François il y a très longtemps, je voulais le revoir. Elle m’a tout de suite donné son numéro, pas d’adresse mail, François ne possède pas d’ordinateur.

Zingaro « Ex Anima »

Au commencement était la nuit. Une fois l’œil habitué à l’obscurité, il plonge dans la grande caverne de la « piste ». Au fond de la lande creusée, il aperçoit au loin les silhouettes souples et denses des chevaux qui respirent, s’ébrouent, méditent. Une brume s’élève, celle de l’aurore et des fumigènes. Ils sont tout seuls, entre eux, mais il y a des présences toutes petites, toutes noires, de lads et de serviteurs, et puis nous sommes bien là, tout autour d’eux. La lumière c’est le pâle reflet la lune et d’un projecteur. Il y a une odeur imprécise, à la fois forte, de purin, et parfumée d’encens. Bientôt le cri des oiseaux et des insectes, émis par les appeaux. Tout à l’heure, les vagues de la mer, posées tout au fond d’un petit tamis agité doucement.

Jérôme Lindon et Samuel Beckett (DR)

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

Benoît Peeters par M-F Plissart

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties.

Quand j’étais enfant, alors que je ne savais qu’à peine lire, je me ruais sur tous les livres que je pouvais trouver pour y découvrir ce je ne sais quoi, non d’éclairant, et encore moins d’éducatif, qui, bien que composé de rien d’autre que de mots, s’avérerait aussi jouissif que les histoires de Tintin ou de Spirou.

Logique de la science-fiction, de Jean-Clet Martin, est un livre de philosophie qui peut être lu avec plaisir par n’importe quel lecteur qui s’intéresse à la science-fiction pour le sentiment d’émerveillement que ces histoires éveillent et pour leur puissance d’imagination spéculative. La lecture de ce livre n’exige pas nécessairement de connaissances spécifiques en philosophie, même s’il requiert une sensibilité métaphysique.

Jean-Claude Fignolé (DR)

« De quel côté qu’on regarde, la Caraïbe est explosion, de sueur et de sang (…) une imagination qui nous enchaîne et qui piège notre réalité: un collier d’îles qui s’enchaîne en plusieurs archipels. Des chaînes ? Comme si nous étions d’avance destinés à être crucifiés par la fureur tectonique. CRUCIFIE. Le seul vrai mot à propos de la Caraïbe, c’est : schizophrénie ».
Jean-Claude Fignolé Revue noire, « A Poetics of Schizophrenia »