Bonjour Monsieur, l’exposition Jeff Koons on the roof, c’est à quel étage s’il vous plait ?
Réforme de l’orthographe, remaniement ministériel, médias, sport.
C’est la revue de presse du chutier.
En 1848, dans le piquant De l’obésité en littérature, Théophile Gautier se posait une question de taille : « L’homme de génie doit-il être gras ou maigre ? » Orgies, repas pantagruéliques, voire grands dictionnaires de la cuisine – comme ceux d’Alexandre Dumas – ont toujours fait bon ménage. Mais qu’en est-il des personnages romanesques ? Le plus souvent, ils sont minces voire filiformes.
Réactions à chaud, commentaires et emportements (positifs comme négatifs) de Jérémy Sibony, critique ciné pour Diacritik. La vie d’un cinéphile, en fragments. Subjectivité et passion assumées, de Mad Max à Pablo Trapero, en passant par La Douleur de Manfred.
C’est ce que l’on appelle pudiquement une « question sensible ». Et, du fait de deux médias (Le Journal du Dimanche fin janvier et Le Parisien dans son édition du 12 février 2016), une question qui fâche. Dans un brillantissime billet intitulé « Un sondage pour Auschwitz » publié sur Slate.fr, l’auteur de La Métaphysique du hors-jeu et d’Un Juif en cavale démonte le questionnement — et pointe les résultats plutôt effrayants du sondage — avec humour, acidité et noirceur.
Écrire, ce serait peut-être proférer une perpétuelle adresse à un corps qui ne vient pas.
En 2014, Laurent Margantin entame un projet que l’on pourrait qualifier de prométhéen : traduire les 1000 pages du Journal de Kafka. Traduire et non retraduire tant la version qu’il propose est différente de celle à laquelle les lecteurs français avaient alors accès (signée Marthe Robert), une version amendée par Max Brod, coupée, délestée de tout ce qui pouvait faire scandale (la fréquentation des bordels) ou paraissait extérieur à la pratique diaristique : les fragments de récits, un chapitre de l’Amérique en cours d’écriture.
« Tout se réduit en somme au désir et à l’absence de désir. Le reste est nuance »
Cioran
Maren Sell a été follement amoureuse de Yann Andréa. Jusqu’au point d’en être volontairement l’esclave, de le vénérer comme un dieu, de se consumer pour lui telle une adolescente saisie soudainement par les frissons du premier amour.
Candide et Lubrique : les deux adjectifs qui forment le titre du dernier roman d’Adam Thirlwell ne sont pas seulement des qualificatifs ; ils ont pour fonction d’introduire à des catégories morales et esthétiques, non conciliables, deux possibles du roman ou d’un personnage en quelque sorte, deux routes a priori antithétiques qu’il s’agira pourtant de faire converger. Tout le récit est dans ce « et », l’entrave, voire l’aporie romanesque qu’il suppose et permet de dépasser.
« Alors que la belle forme classique se referme sur elle-même, et fait ainsi retour, qu’elle est en elle-même le retour, il est essentiel à l’écriture joycienne de placer le motif cyclique sous la règle de son dérèglement et de son inconsistance (…). L’aventure est dans la langue, sa prolifération, sa dispersion, l’affranchissement de ses horizons » (Jean-François Lyotard).
Bernard Wallet objet du dossier du Matricule des anges (n° 170, février 2016) et en entretien. Thierry Guichard l’a rencontré dans un petit village aux confins de la Provence et du Languedoc, à l’occasion de la réédition chez Tristram, collection Souple, de son unique livre publié — sous son nom ! il en a tant publié signé par d’autres, notamment chez Verticales, qu’il fonda — Paysage avec palmiers (lire la critique du livre sur Diacritik).
L‘Académie des arts et techniques du cinéma a dévoilé hier l’affiche de la 41ème cérémonie des César : c’est Juliette Binoche qui incarne l’édition 2016, avec une photo en noir et blanc prise lors du tournage du Patient Anglais en 1996.
Interview exclusive de Bret Easton Ellis dans L’Obs, alors que ses œuvres complètes sortent en collection Bouquins : Moins que Zéro (1985), BEE avait 21 ans, c’était déjà il y a 30 ans. Depuis, BEE est devenu un poids lourd des lettres américaines, une référence, il a publié 7 romans.
« Le pire, c’est l’hiver », écrivait Marcel Theroux de ces terres Au Nord du monde (2009), quand on laisse derrière soi « les restes de la prétendue civilisation » ; quand, comme l’énonce Cormac McCarthy dans La Route (2007), adviennent « les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours plus gris que celui d’avant. Comme l’assaut d’on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie ». C’est cet espace qu’explore à son tour William Giraldi, une terre glacée où « résonnait l’écho obscur de l’esprit du froid », en lisière de toute civilisation, là où se trouve une vérité enfouie, dérangeante, de l’humanité. Un grand Nord dans lequel vacillent repères et certitudes, ouvrant à l’inconnu, à l’infini de la fable.
