Bernard Wallet, passeur de lignes dans Le Matricule des anges

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Bernard Wallet objet du dossier du Matricule des anges (n° 170, février 2016) et en entretien. Thierry Guichard l’a rencontré dans un petit village aux confins de la Provence et du Languedoc, à l’occasion de la réédition chez Tristram, collection Souple, de son unique livre publié — sous son nom ! il en a tant publié signé par d’autres, notamment chez Verticales, qu’il fonda — Paysage avec palmiers (lire la critique du livre sur Diacritik).

Le passionnant entretien de Bernard Wallet avec Thierry Guichard part du 9782757830048postulat que la vie de BW (titre du livre que lui consacra sa compagne Lydie Salvayre) est peut-être son œuvre-même : un homme en mouvement permanent, refusant toute frontière, géographique, générique ou mentale, voyageur, éditeur, « rêveur » (selon ses propres termes), écrivain de cet unique livre dont la violence s’est imposée à lui, de retour du Liban en guerre.
Bernard Wallet expose longuement comment et pourquoi il a écrit Paysage avec palmiers, avant de revenir sur l’aventure Verticales, ce qui a pu le conduire un jour à s’installer rue Visconti, « seul dans un bureau (…) sur la porte duquel j’avais scotché : Éditions Verticales« .

« Je n’avais qu’une petite expérience d’éditeur, personne près de moi pour m’aider, pas d’attachée de presse, pas de secrétaire, pas de comité de lecture et… pas de manuscrits, mais un désir de dingue : celui à la fois de publier des textes forts, culottés, et celui de créer, j’ose à peine le dire tant ça me sens aujourd’hui aussi naïf qu’utopique : celui de créer une sorte de commune, un lieu de regroupement, une centrale d’énergie, où les écrivains se rencontreraient, débattraient, feraient des fêtes, écouteraient de la musique, etc. ».

Verticales, un lieu et un laboratoire, un espace de croisements et d’expériences, un « centre de ralliement de divergences« . Bernard Wallet revient sur le « moment » « joyeux » de la découverte des textes, Pierre Michon, Régis Jauffret, Pierre Senges, l’édition aujourd’hui, l’emprise de plus en plus forte de l’économique sur l’éditorial mais aussi la littérature dont le propre est « d’être toujours fragile, toujours en péril, toujours à mener sa propre contestation et à annoncer sa propre fin. Et c’est, peut-être aussi pour cela que nous l’aimons« .

Cet immense et nécessaire entretien est donc à retrouver dans Le Matricule des Anges, numéro 170, février 2016, 6 €, en kiosque.

Bernard Wallet, Paysage avec palmiers, Tristram, « Souple », 105 p., 7 € 95 — Lire sur Diacritik l’article de Christine Marcandier sur le livre, « J’aime les palmiers, leur ombre étroite ».

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