Au fil de ses romans, dont le premier paraît chez P.O.L en 2001, Christine Montalbetti nous a habitué.es à nous glisser dans des traditions fictionnelles codifiés : épopée dans L’origine de l’homme (P.O.L, 2002), road novel (roadmovie ?) dans Journée américaine (P.O.L, 2009), western aussi (Western, P.O.L, 2005), ou encore roman du casse misérable et grandiose de ce « papy de la côte normande » qui braqua le casino de Trouville en 2011 (dans la vraie vie) et en 2018 (quand Montalbetti s’empare du fait divers dans Trouville Casino).

La couleur bleue est un « sortilège », écrit Maggie Nelson dans son livre culte, Bleuets, qui paraît enfin en France, dans une traduction de la magicienne du verbe Céline Leroy. Le bleu n’est pas une couleur, c’est un état d’âme, une manière de se raconter, dans et par une tonalité qui est une nuance, une note et une attitude, une manière d’être au monde, une « couleur du temps » comme la robe de Peau d’âne, un prisme « comme une croix sur une carte trop vaste pour être entièrement déployée mais qui contiendrait tout l’univers connu ».

On aurait voulu dire que la fiction française pouvait s’enorgueillir d’une nouvelle réussite avec la mini-série réalisée par Rebecca Zlotowski pour Canal +. On aurait voulu y croire après un premier épisode plutôt réussi et des prémisses courageuses (la France élit un président issu de l’immigration), on aurait souhaité que Les Sauvages nous emporte. Récit d’une déception, autopsie d’une création originale qu’on aurait aimé aimer.

Qui a dit que le jeu vidéo était un divertissement innocent, débarrassé de toute idéologie ? Sûrement pas Douglas Hoare qui livre avec son brillant essai, Le Jeu vidéo ou l’aliénation heureuse qui vient de paraître, l’une des plus stimulantes et neuves réflexions sur les jeux vidéo eux-mêmes. Soumission désirée, utopie disciplinaire, rêve de manager : tels sont les objectifs politiques du jeu vidéo tel que l’essayiste les déploie à la surprise même des gamers. Autant de raisons pour Diacritik d’aller à la rencontre de Douglas Hoare pour qu’il revienne avec nous sur le jeu vidéo comme exercice de la violence managériale contemporaine.