Deux ouvrages récents sont consacrés à la grande peintre mexicaine. Ils viennent enrichir la bibliothèque qui lui est consacrée. Avant de les présenter, mettons en exergue une de ses peintures de 1932 : en ces années Trump de construction d’un mur entre le Mexique et les États-Unis, c’est celui qui a pour titre, « Autoportrait à la frontière entre le Mexique et les États-Unis » qu’Ariadna Castellarnau analyse dans sa biographie. La peintre rendait visible le fossé entre deux mondes.

J’étais une enfant turbulente et je suis resté quelqu’un de remuant. Quand j’entre dans une maison, je vais tout de suite aux fenêtres.

Née le 24 février 1925 à Beyrouth, Etel Adnan est la “fille unique d’une famille qui a vécu la guerre et l’exil comme conséquence de la guerre.” Je me suis souvent demandé comment un système aussi fragile que le corps humain peut supporter des bouleversements aussi fréquents que ceux que le Moyen Orient arabe a connu et continue de vivre.

Il y a des lectures qui touchent plus que d’autres sans que l’on puisse réellement en expliquer les raisons. Il y a des mots qui s’engouffrent dans ce qu’il y a de plus profond en nous, dans cet intérieur dont il faut ouvrir la porte pour retrouver ce monde connu qui nous échappe tant nous l’avons oublié pour mieux nous en défendre ou nous en cacher.

A l’issue d’une résidence de plusieurs semaines à Lizières, dans le centre culturel fondé par Ramuntcho Matta, le peintre Richard Mudariki présentera, du 12 octobre au 17 novembre 2019, à la galerie Polaris, les œuvres réalisées durant ce séjour. Rencontre et entretien avec l’artiste.

L‘artiste et écrivain Anael Chadli crée une oeuvre qui ouvre un espace très singulier entre la peinture et l’écriture. Dans cet espace entre, des rencontres se produisent, des frontières se déplacent, un champ nouveau se développe par lequel l’écriture devient visible et par lequel le visible est envahi par l’écriture. Rencontre et entretien.

Basquiat (capture d’écran du documentaire)

Arte diffuse, dimanche soir, le documentaire que David Shulman a consacré au peintre Jean-Michel Basquiat : La Rage créative  (2017). Le film suit le gamin qui prit New York d’assaut, entre rêve de gloire et colère, révolutionnant au passage le monde de l’art, le gamin fracassé aussi, par une médiatisation jamais pleinement assumée, par sa rage noyée dans les paradis artificiels ; d’œuvre en œuvre, de Samo à Basquiat, c’est New York que l’on voit se transformer, de la ville sauvage et brute, crasseuse et violente à la gentrification, de même que l’artiste insoumis devient une valeur sûre du marché, explosant aujourd’hui encore les records dans les salles des ventes.

Wyndham Lewis by George Charles Beresford, 1913

Rien, objectivement, ne prédestinait Wyndham Lewis à la notoriété et à la postérité, si ce n’est le hasard d’avoir été au carrefour de plusieurs mouvements artistiques et intellectuels. Né au Canada, fils d’un riche américain et d’une bourgeoise anglaise qui le ramena au Royaume-Uni, Percy Wyndham Lewis abandonna rapidement son premier prénom, qu’il trouvait ridicule, après des études secondaires à la public school huppée de Rugby, à l’époque où y fut créé le sport du même nom, et des études supérieures à la Slade School of Art, partie intégrante du University College de Londres, et entama, comme tout jeune nanti du moment, un tour d’Europe qui se termina à Paris, pour y scruter le monde des arts au début des années 1900.

Georgia O’Keeffe par Alfred Stieglitz, 1918

Le 15 novembre 2017 a marqué le cent-trentième anniversaire de la naissance de l’artiste américaine Georgia O’Keeffe (1887-1986), considérée par beaucoup comme la mère du modernisme américain. Disparue à l’aube de son centième anniversaire, le 6 mars 1986, elle a laissé, dans l’histoire de la peinture, une trace profonde, marquante et originale, avec ses tableaux de fleurs XXL et son obsession des gratte-ciel de New York.

La peinture me trouble beaucoup. Pas tout, bien sûr, mais quand il y a peinture. Je ne saurais le formuler autrement que par cette idée d’un événement. Quand il y a peinture il n’y a plus rien à dire, peut-être même plus rien à faire, c’est là, devant soi. Reste plus qu’à se taire, regarder, contempler si on veut, se promener du regard. Pas commenter, quelle horreur. La peinture n’appelle aucun commentaire. Plutôt se perdre, s’y perdre.

Otto Dix ou le regard impitoyable

Otto Dix (1891-1969) a peint mendiants et prostituées, soldats massacrés et paysages torturés, le sexe et des corps crus, les perversions et désastres de son temps. Il a brisé tabous et convenances dans la représentation pour mettre à jour les failles d’une société allemande profondément bouleversée par la Première Guerre mondiale, les blessures à vif et ces inégalités criantes — criardes sur ses toiles — qui ont été le germe et le terreau du nazisme.
Arte diffuse le dimanche 5 mars un documentaire de Nicola Graef, Otto Dix ou le regard impitoyable, soit un double portrait, celui d’un artiste, celui du monde dans lequel il évolue et qu’il peint sans aucune concession.

La jungle © Gabrielle Saïd
La jungle © Gabrielle Saïd

Treize Bis nous enchante par ses collages poétiques et oniriques composés à partir d’images puisées dans notre mémoire commune pour en restituer la matière brute, la forme dépouillée, élémentaire, inscrite, si l’en est, dans notre inconscient collectif. L’artiste s’inspire de notre patrimoine pictural pour en restituer non pas les œuvres, mais la trace, le vestige, imprimés sur les murs délaissés de nos rues.