On sait depuis les Batman de Tim Burton, et notamment son superbe deuxième opus Le défi, qu’il ne faut pas plus mépriser les films de super héros que les westerns il y a quelques décennies. Il aura fallu du temps pour que certains admettent que chez Ford, Hawks, De Toth et les autres, le film de genre se confond avec le film d’auteur — et on peut même toujours préférer un blockbuster réussi à un mauvais film d’auteur. Avec Joker, la question ne se pose plus.

D’un côté, les traces peintes de ces mains millénaires, orientées selon un axe vertical, qui ornent la grotte de Gargas ; de l’autre, l’extension progressive d’un monde horizontal avec cette carte, Cosmographiae introductio, où est dessiné pour la première fois le continent américain, puis celle, rapprochée des toiles de Jackson Pollock, qui figure l’ensemble des trajets des bus Greyhound et où se résume la vocation de cette même Amérique à installer et imposer mieux que tout autre un mode de rapport géographique au monde.

En prélude au 29e Salon de la Revue qui se tiendra le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Sébastien Reynaud, directeur de publication de la formidable revue Zone critique.

Celles et ceux qui sont nés dans les années 1950 forment une génération de précoces. Il est vrai que l’air du temps, dans l’immédiat après-mai-68 (et jusque vers la fin des années 1970), incitait nos aînés à ouvrir des espaces de création – publics ou privés – à des auteurs & artistes en herbe, encore mineurs, les plus hardis d’entre eux ne se privant pas de saisir ces occasions rêvées.

En prélude au 29e Salon de la Revue qui se tiendra le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de Yannick Kéravec et Hugo Pradelle, organisateurs de cet événement clef dans la vie des revues. L’occasion pour Diacritik de les interroger sur la riche programmation de cette année placée notamment sous le signe de l’effervescence critique et de l’investigation politique.

J’ai abondamment signalé la gravité extrême – le mot est presque encore un euphémisme – de la crise que nous traversons : la vie sur Terre se meurt. Aucun signe tendanciel n’est positif : malgré notre connaissance claire de cette catastrophe scientifiquement actée, chaque année est pire que la précédente. Peu de motifs d’espoir donc.

Les Altruistes, premier roman d’Andrew Ridker, en cours de traduction dans une vingtaine de pays, est une saga familiale irrésistible, la comédie cruelle des Alter et, à travers eux, la chronique de nos vies écartelées entre la fidélité à une histoire familiale et des envies d’ailleurs.

Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et celles et ceux sans lesquel.le.s elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français. Carine Chichereau a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Les Cent puits de Salaga d’Ayesha Harruna Attah tout juste paru aux éditions Gaïa.

Ghosteen, le nouvel album de Nick Cave and The Bad Seeds, est un disque d’amour et de mort. « Ghosteen » est un fantôme teenager, un fantôme adolescent. Le disque est rempli d’amour pour ce ghosteen, comme il est une œuvre funèbre tout entière habitée par la mort de l’adolescent, par la douleur et l’écroulement du monde qui s’imposent du fait de cette mort.

On s’assied dans l’obscurité et malgré le couple, le rang devant soi, qui plonge à deux mains généreuses dans un sachet de bonbons, et ce trio, derrière soi, qui fait la même chose avec un enthousiasme tout équivalent (et j’en profite pour poser la question essentielle de ce texte : quand inventera-t-on enfin des emballages de bonbons silencieux ?), on s’abîme vers les étoiles en compagnie de Brad Pitt.

Régis Jauffret a reçu le prix Goncourt de la nouvelle pour Microfictions II qui vient de paraître en poche. Si l’on ne peut que se réjouir qu’un prix littéraire couronne une œuvre fondamentale, on notera cependant combien le jury avait soigneusement contourné la mention « roman » portée sur la couverture en grand format et, ce faisant, décidé de considérer les Microfictions comme un recueil de 500 histoires et non un volume jouant avec maestria d’une tension entre fragment et flux, d’un (dis)continu et d’un (in)fini.