La couleur bleue est un « sortilège », écrit Maggie Nelson dans son livre culte, Bleuets, qui paraît enfin en France, dans une traduction de la magicienne du verbe Céline Leroy. Le bleu n’est pas une couleur, c’est un état d’âme, une manière de se raconter, dans et par une tonalité qui est une nuance, une note et une attitude, une manière d’être au monde, une « couleur du temps » comme la robe de Peau d’âne, un prisme « comme une croix sur une carte trop vaste pour être entièrement déployée mais qui contiendrait tout l’univers connu ».
On aurait voulu dire que la fiction française pouvait s’enorgueillir d’une nouvelle réussite avec la mini-série réalisée par Rebecca Zlotowski pour Canal +. On aurait voulu y croire après un premier épisode plutôt réussi et des prémisses courageuses (la France élit un président issu de l’immigration), on aurait souhaité que Les Sauvages nous emporte. Récit d’une déception, autopsie d’une création originale qu’on aurait aimé aimer.
Qui a dit que le jeu vidéo était un divertissement innocent, débarrassé de toute idéologie ? Sûrement pas Douglas Hoare qui livre avec son brillant essai, Le Jeu vidéo ou l’aliénation heureuse qui vient de paraître, l’une des plus stimulantes et neuves réflexions sur les jeux vidéo eux-mêmes. Soumission désirée, utopie disciplinaire, rêve de manager : tels sont les objectifs politiques du jeu vidéo tel que l’essayiste les déploie à la surprise même des gamers. Autant de raisons pour Diacritik d’aller à la rencontre de Douglas Hoare pour qu’il revienne avec nous sur le jeu vidéo comme exercice de la violence managériale contemporaine.
Diane avait envoyé un message sur Facebook : Bret Easton Ellis serait à Bruxelles le dimanche 22 septembre au soir, est-ce que j’étais là ?
Lorsque j’évoque mon goût prononcé, si ce n’est viscéral, pour la musique de mon île d’origine, j’ai régulièrement droit, même de la part d’interlocuteurs érudits, à un lot de clichés redondants : un groupe d’hommes habillés de noir, la main à l’oreille et brayant des gammes incompréhensibles. Il est certain que ce n’est pas en écoutant les reprises de Patrick Fiori/Bruel que l’on peut s’initier au chant traditionnel, et surtout l’apprécier. Mais il en est bien autrement si l’on tend l’oreille à la brillante et charismatique chanteuse Patrizia Poli.
Voici Rachel-quand-du Seigneur mise à l’honneur, alors que, maîtresse de Robert de Saint-Loup, elle l’est rarement dans la Recherche.
Trieste est depuis peu remontée sur les devants de la scène littéraire française. Aux confins de la Slovénie, cette ville frontière, berceau de la Mitteleuropa, est revenue l’an passé de manière aussi éclatante que sombre comme théâtre de la mélancolie amoureuse dans Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard.
Riccardo Cepach : « Con LETS, vogliamo dimostrare che Trieste è la città della sindrome letteraria »
Trieste è recentemente tornata in prima linea nella scena letteraria francese. Ai confini della Slovenia, questa città- frontiera, culla di Mitteleuropa, è tornata l’anno scorso come un teatro d’amore malinconico in Ca raconte Sarah di Pauline Delabroy-Allard. Ma sicuramente non possiamo dimenticare che a livello internazionale Trieste non ha mai smesso di essere una città letteraria, come è stato dimostrato lo scorso giugno dalla ristampa in Francia della splendida Trieste di Roberto Bazlen o dalla pubblicazione dei Saggi Triestini di Pressburger.
Vu de France, Fox News est cette chaîne d’info en continu dont Quotidien s’est allègrement moqué quand un « reporter spécialiste des zones de conflit » avait martelé à l’antenne que certains quartiers de Paris étaient des « No-Go zones ».
L’Algérie a toujours été plus ou moins présente dans les romans publiés à ce jour par Kaouther Adimi : L’Envers des autres (2011), Des pierres dans ma poche (2016) et Nos richesses (2017). Avec ce nouveau roman, Les petits de Décembre (Seuil, 2019) l’Algérie est totalement au centre de l’histoire racontée.
Serge Martin a publié cette année 2019 un ensemble d’études littéraires sous un intitulé attractif et mobilisateur, L’Impératif de la voix, de Paul Éluard à Jacques Ancet (Garnier), puisqu’il met en lien d’autres écrivains que ceux qu’il présente. On pense à la force de la voix dans les écrits de Frantz Fanon, à la force du titre de Dulce Chacón, Voix endormies, à la voix de la Sultane dans les nuits des contes et bien d’autres…
La sortie en DVD du film de Caroline Poggi et Jonathan Vinel, Jessica Forever, est l’occasion de revenir (et de revoir !) sur un des films les plus enthousiasmants de 2019.
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L’édition restaurée en Blu-ray et DVD chez Carlotta des trois premiers long-métrages en 35 mm de Jean-Claude Brisseau, Un jeu brutal, De bruit et de fureur et Noce Blanche, nous permet – il était temps ! – de reprendre lien avec une des œuvres majeures du cinéma français de ces quarante dernières années
Sorti un an après le décès de Rachid Taha, Je suis africain est un disque cosmopolite, un disque-manifeste pour une cosmopolitique.