« L’enfant m’a appris à mourir. »
Claire Ponceau, L’enfant, l’étoilement.

« Tous travaillent au son qui tue.
La flèche ouvre une brèche dans l’espace et dans le temps.
La musique ouvre une brèche dans l’espace et dans le temps.
L’une et l’autre font parler la mort, accompagnent la mort. »
Pascal Quignard, Harmoniè Palintropos

Je me suis réveillé à quatre heures cinquante.

Tout tourne au mieux pour l’excellent Marcel. C’est que, renonçant à d’autres plaisirs, son Albertine vient habiter chez lui, c’est-à-dire chez ses parents absents de Paris : « chaque soir, fort tard, avant de me quitter, elle glissait dans ma bouche sa langue, comme un pain quotidien, comme un aliment nourrissant et ayant le caractère presque sacré de toute chair à qui les souffrances que nous avons endurées à cause d’elle ont fini par conférer une sorte de douceur morale. »

Le vendredi 7 février 2020, il y a bientôt un mois déjà, la tragique nouvelle est tombée : Pierre Guyotat venait de nous quitter. C’est peu de dire qu’avec lui, une des voix les plus magistrales de la littérature contemporaine venait de s’éteindre. Pour en évoquer la puissance aussi neuve qu’inégalée, Diacritik a désiré donner la parole, après Colette Fellous et Marianne Alphant aujourd’hui au romancier Pierre Chopinaud qui est le dédicataire de Coma car celui à qui Guyotat dicta le manuscrit durant de longs mois. Nous vous invitons à lire son précieux témoignage où se donnent à lire l’amitié des deux hommes, de deux écrivains. Que Pierre Chopinaud en soit ici vivement remercié.

Boris Vian (pré)disait qu’il ne vivrait pas jusqu’à quarante ans. À l’occasion des 100 ans de sa naissance, les éditions Dupuis rééditent Piscine Molitor de Cailleaux et Bourhis (en tirage limité à 1 500 exemplaires, avec un dossier inédit de 16 pages). Son imagination était débordante, ses talents multiples, sa maladie était sa solitude : Cailleaux et Bourhis signent le portrait de Boris Vian dans un roman graphique d’une grande sensibilité où percent mélancolie et admiration.