Entrer en Volodinie fait toujours quelque chose. Faire théâtre ou mourir, en voila un sacré dilemme. C’est qu’on est dans le monde complexe du post-exotisme, et que parfois il n’y fait pas bon vivre : la violence, la guerre, la violence encore. Pourquoi vivre une vie de misère, quand tout vous nuit et conspire à vous nuire ? Peut-être parce qu’il y a en vous cette voix qui parle. Cette voix est bizarre, étrange, elle n’est pas à vous mais vous donne une force qui vous dépasse. Peut-être même que parler vous fera oublier votre mort.
Auteur : Yann Etienne
Quelle bonne idée celle des éditions bleu-atour autour de republier un texte de Aziz Chouaki Baya, Rhapsodie algéroise, premier livre en prose écrit par l’auteur, alors inconnu, en 1986 et édité en 1989 aux éditions Laphomic, dont la disparition plongea ce premier écrit dans l’oubli. Aziz Chouaki est désormais une figure atypique de la culture algérienne, né du temps de la colonisation, en 1951.
Il est des moments où il faut savoir se taire. Je n’ai jamais su. D’autant moins lorsque les relents d’une polémique nauséabonde viennent me chatouiller les naseaux. Les polémiques sont inventées de toutes pièces, chacun le reconnaîtra en privé. Il faut déjà du temps libre pour écrire ; il faut bien du temps à gâcher pour nourrir une polémique qui ne concerne et n’intéresse que ceux qui la nourrissent.
Le 24 mars 1941, le Capitaine-Paul-Lemerle quitte le port de Marseille : c’est ainsi que s’ouvre pour ainsi le nouveau récit d’Adrien Bosc. A cette époque d’exodes et de fuites, où les routes et les mers sont chargées de réprouvés et d’apatrides, ce départ pour la haute mer n’a rien de singulier. Mais parmi les passagers qui fuient le régime nazi, les compromissions françaises et la guerre partout dans une Europe en feu, le lecteur croise André Breton et Claude Lévi-Strauss, Anna Seghers et Victor Serge, Wilfredo Lam et Alfred Kantorowicz.
Dès les cinq premières pages, Michel Houellebecq a planté ses balises, celles qu’on connaît par cœur et qui sont sa signature. Serait-ce une cynique stratégie marketing pour s’assurer l’immédiate bienveillance des fans, ou simplement le numéro d’un vieux cheval du cirque médiatique qui rejoue sans cesse les mêmes tours ?
Le Rienologue est le dieu de la Bourgeoisie actuelle ; il est à sa hauteur, il est propre, il est net, il est sans accidents. Ce robinet d’eau chaude glougloute et glouglouterait in saecula saeculorum sans s’arrêter. Honoré de Balzac, Les Journalistes
Le 12 janvier 2019
Christophe Prochasson,
Vous vous êtes engagé, ainsi que votre institution, l’EHESS, dans un combat contre les « dérives autoritaires » en Europe et les « atteintes intolérables à la liberté de penser » en Hongrie (Voir votre lettre du 10 décembre 2018, figurant sur la page d’accueil du site web de l’EHESS).
Yann Moix n’aime pas les femmes de cinquante ans. C’est son droit, cela s’appelle la liberté d’expression. Il a le droit de le dire haut et fort, et de passer pour un con aux yeux d’une bonne partie de la population.
L‘émergence du gilet jaune dans l’espace de Facebook remonte à une époque où nous demandions à rejoindre des groupes qui n’étaient pas encore des pages. Parmi les plus populaires de l’année 2008, deux d’entre-eux remportaient de forts suffrages : le premier se moquait des « beaufs » qui dans l’avion applaudissent à l’atterrissage (« pour l’interdiction d’applaudir à l’atterrissage« , 1166 membres). L’autre, réagissait « contre les cons qui foutent leur gilet jaune fluo sur le siège auto” (1600 membres) ou « contre les cons avec leur gilet jaune en évidence sur leur siège de voiture » (541 membres).
Quelques mots pour saluer Hergé, en ce 10 janvier 2019 qui marque les 90 ans de Tintin.
Imaginez que vous êtes dans votre salon. La sonnette retentit. Vous ouvrez la porte. Un homme entre, s’installe en face de vous, vous raconte sa vie. Il vous raconte qu’il a eu des relations sexuelles avec des « petits culs » dont « un petit cul de black » qui s’appelle « Tam » (p. 182). Ensuite, il vous raconte qu’il a rencontré aussi dans sa vie quelques « grosses salopes » (pp. 23, 33, 250, 259).
On sait que Michel Del Castillo, né de père français et de mère espagnole, éprouve depuis toujours une passion pour l’Espagne où il est né, à Madrid, en 1933 et où il a vécu une enfance dramatique pendant la guerre civile de 1936 à 1939.
Ils ont traversé les années-lumière pour venir s’échouer ici, à quelques rêves de chez eux, ici, Proxima b, où la chaleur du Centaure fait bouillonner la roche maintes fois millénaire, au confluent des vents stellaires, vrillants témoins des comètes hallucinées, où l’éclat de la naine rouge fait rosir les plaines désertiques,
Cela commence par une bâche qui figure une énorme vague accompagnant l’Adagietto de la Symphonie n°5 de Mahler. Une comédienne et trois comédiens (Estelle Delcambre, Erik Gerken, Karim Fatihi et Clément Goupille) assis en chaque coin de la scène tiennent les cordes qui maîtrisent la vague et la font onduler, au dessus d’eux, derrière, tout contre.
Que collectivement, nous enseignants du secondaire et de philosophie, ne soyons pas à la hauteur du mouvement des Gilets jaunes qui dénonce un appauvrissement matériel et une aliénation morale qui minent toute la société française – notre métier étant loin de faire exception puisque la réforme du lycée va le vider de tout sens en l’hybridant, et en rendant définitivement impossible son exercice avec l’augmentation des effectifs par classe (ah la maïeutique avec 35-40 élèves !) – cela semble indubitable.