L’Europe n’a pas été donnée d’emblée à Valéry.
Auteur : Benoît Peeters
Précisons tout d’abord que ce récit a été écrit (il est daté de septembre 2018) et publié (janvier 2019) avant les événements qui, depuis février 2019, bouleversent la situation politique et historique de l’Algérie. L’auteur y raconte un voyage en Algérie sous le titre réducteur de Un paquebot pour Oran alors qu’il s’agit d’un voyage bien plus large, Oran, Alger et sa région.
De La poupée de Kokoschka (2010) à Forêt contraire (2014), les romans d’Hélène Frédérick sont autant de récits d’émancipation, qui s’élaborent à rebours des dominations et des aliénations. Voilà pourquoi elle aborde ici dans La Nuit sauve les territoires obscurs de l’adolescence.
De Oz à 24, extrapolations d’adultère classique qui résonnent des tragédies antiques, traîtres et trahis se rejoignent jusqu’à se confondre pour mettre un terme définitif, avec plus ou moins de succès, aux clichés culpabilisants sur l’amour.
Un appartement sur Uranus est notamment construit autour de l’analogie entre la transition de genre et la migration. Mais se dire « migrant », alors que l’on possède un passeport européen, pourrait relever d’une ignorance de ses propres privilèges en tant que citoyen européen et personne blanche.
« Au déjeuner, j’ai dit à Éric qu’il m’avait manqué hier soir, au château, je me suis étouffé sur cette phrase-là, quand en miroir il a répondu : toi aussi, tu m’as manqué. J’ai pensé que j’acceptais de dire, ce que je ressentais : l’amour. J’ai pensé que je faisais des progrès.
En terre chinoise, il y a près de trois millénaires, la reine Fu Hao avait emporté dans son tombeau quelques laquais sacrifiés et des centaines d’effigies de bronze. Cette foule ensevelie devait la servir dans l’au-delà pour rejouer le monde des vivants. Peut-être un simple exemplaire du Shijing aurait-il pu remplacer ces rituels tant il constitue un condensé de la vie antique.
Lundi : Sur la banquise
J’ai vu Le fils de Saul sur un écran de télévision, dans mon appartement bruxellois, il y a un peu plus d’un an.
Ripley: Final report of the commercial starship Nostromo, third officer reporting. The other members of the crew – Kane, Lambert, Parker, Brett, Ash, and Captain Dallas – are dead. Cargo and ship destroyed. I should reach the frontier in about six weeks. With a little luck, the network will pick me up. This is Ripley, last survivor of the Nostromo, signing off.
C’est sur cette déclaration jetée dans l’espace des télécommunications comme une bouteille dans la mer intersidérale, que le premier épisode de la saga initiée par Ridley Scott se clôt.
François Leperlier, à qui l’on doit notamment une biographie de Claude Cahun (Fayard, 2006), publie aux Éditions Lurlure un essai profond et polémique consacré à l’état actuel de la poésie.
Peut-être que, comme le disait un personnage d’Eugenio Montale, la poésie n’existe pas. La poesia non esiste.
Après son Petit traité d’écologie sauvage où l’animisme des Jivaros d’Amazonie, adopté comme pensée dominante, pousse les membres du G20 à se réincarner en grèbes huppés (vous non plus vous ne savez pas ce que c’est?) et finir leurs jours barbotant dans une lagune, Alessandro Pignocchi vient investir notre jardin. La Cosmologie du futur tacle notre conception du monde environnant, de celui qu’on cherche à rejoindre les week-ends d’automne, et qu’on remarque fièrement sous nos pieds lorsque tombe de nos chaussures tapant le trottoir bitumé un pétale de boue sèche : la nature.
On connaissait déjà et appréciait chez Julien Blanc-Gras un talent évident dans la narration de voyages lointains, qui lui avait valu un beau succès pour ses ouvrages précédents, depuis son premier roman Gringoland (2006), Touriste (2011), Paradis (avant liquidation) (2013) ou Briser la glace (2016).
C’est le livre-séisme qui met à nu l’homosexualisation massive du Vatican et de l’Église depuis des décennies et dans le monde entier. Entretien avec Frédéric Martel qui signe ce livre proprement sidérant, brillant, respectueux qui pourrait obliger l’Église à réévaluer son discours et sa doctrine.
En 1954, le monumental Palais de Justice de Bruxelles héberge les installations destinées à rendre compatibles les normes de télédiffusions de plusieurs pays. Ce fameux système Eurovision se dote d’une mire télévisuelle composée d’un disque cerclé des douze étoiles européennes, et de multiples rayons entrecroisés : la rigueur géométrique symbolise ainsi l’égalité d’accès au réseau et les interdépendances nouvelles entre États.