Tenir se conjugue au présent vif et sans objet depuis quelques temps à la Maison des écrivains et de la littérature. Tenir au quotidien. Tenir à cela comme si le quotidien donnait à une équipe de onze personnes la joie du travail accompli avec confiance, d’un travail nécessaire à notre société, parce que la mission de la Maison est de prendre soin de la littérature, donc des auteurs.
Auteur : Sylvie Gouttebaron
MOTHER : Priority one.
Insure return of organism for analysis.
All other considerations secondary.
Crew expendable.
(Special Order 937)
Dans les années 80, je vivais à Nice. Place Masséna. Sur le boulevard Jean Jaurès, exactement, le long du casino qui n’était alors pas encore détruit pour faire place aux jardins que l’on y connaît à présent. Mais les travaux avaient commencé.
France-Inter reçoit Xavier Dolan. C’est vendredi matin, il pleut sur Bruxelles après une semaine à croire que l’été s’est installé sur l’Europe, précoce, déréglé — mais non : l’hiver est revenu. Le cinéaste est interviewé à la veille de la sortie de son nouveau film, Ma vie avec John F. Donovan (au cinéma le 13 mars 2019).
25 février 2019, 22h10, un texto : Mark Hollis RIP. Comme ça. Vitesse et malséance moderne. Rien d’autre. Je n’arrive pas à enregistrer tout de suite l’information. Quelque chose s’y refuse. Il y a un silence, une pause. Je suis au dehors. Quand j’enregistre enfin, j’interromps tout.
J’ai toujours eu du mal avec les gens qui racontent leur travail (littéraire s’entend) sur les réseaux sociaux. Depuis le début.
« Dix heures du matin. Babils rageurs de culbutants français. Brefs éclats de voix rauques-brisées. Tonnerres joyeux-martyrisés. Glauque indétermination des lieux. L’esprit suppute et l’œil hésite.
Depuis Coups de ciseaux, dans ses romans, récits, recueils de poésie, de nouvelles, elle prête une attention particulière à ceux qu’on enferme, qu’on écarte du système. Rencontre avec Perrine Le Querrec pour un dialogue autour d’une œuvre contemporaine des plus remarquables.
Lundi : Faust à Ibiza
Ils étaient serveurs barmen strip teaseuses et gogo dancers, ils étaient tatouages piercings nombril et bronzage cabine. Ils ne croient aujourd’hui en plus grand-chose et vivent de bookings en boîtes de nuits de province : ce sont les Anges de la télé-réalité, les Marseillais, les Cœurs brisés.
Plus je lis, plus j’écoute et plus j’écris sur Julia Kristeva.
Les sonnets que Vinclair nous propose dans Sans adresse valent pour eux-mêmes, mais aussi, et surtout, pour les écarts et les espaces nouveaux qu’ils ménagent au sein du territoire poétique, ce monde sans bords.
Un oratorio est une forme dramatico-musicale inventée au XVIIe siècle, exactement en même temps que l’opéra, comme une histoire sacrée, en général allégorique, destinée à servir de support à la méditation religieuse. Recevant progressivement un développement musical et poétique, l’oratorio ressemble de plus en plus aux représentations profanes contemporaines dont il a la même structure, à la réserve qu’il ne reçoit ni décorations, ni costumes. Aujourd’hui, les maisons d’opéra à l’affût de belles partitions aiment à s’emparer de ces œuvres pour en proposer de véritables représentations scéniques. C’est le cas ici, à l’Opéra national de Paris.
On aurait aimé, face au film de Catherine Corsini, n’avoir pas lu Christine Angot. Entrer dans Un amour impossible sans a priori, entrer dans le film sans la connaissance de la suite, du destin de son héroïne.
Lundi : Le film
Times Square 15H. Devant une femme qui boit son Starbucks’ Latte un enfant se roule par terre. A droite quelqu’un vend des hot dogs à deux vieux. A l’angle des mecs en rouge jouent des coudes pour faire monter les touristes dans le City bus.
Les bruits de langues, ils se tendent et se braquent, ouvrent les mots pour sortir des livres. Ils rentrent, insidieux, dans vos oreilles et murmurent quelque chose qui vient du fond. Ces bruits de langues, dans la bouche d’autrices et auteurs contemporains, racontent quelque chose qui gronde. Une envie de dire, crier, dessiner, filmer, chanter, rapper, lire et partager. Et surtout une nécessité, une urgence à écrire pour donner voix aux invisibles.
La littérature, Mireille Calle-Gruber la conçoit en tant qu’expérience du « pas au-delà » selon l’expression de Maurice Blanchot.