Sisyphe est une femme : le titre du dernier livre de Geneviève Brisac claque sur sa couverture rouge. Mais il n’est pas qu’un slogan : ce titre est un constat et surtout le fil d’une réflexion puissante et engagée sur la place des femmes dans la littérature, qui « décennie après décennie, sont renvoyées à leurs ténèbres, oubliées, effacées encore et encore ». Contre cette invisibilisation, Geneviève Brisac mène un « travail de Sisyphe » pour mettre en lumière quelques-unes de celles qui compte et dire leur puissance de « sorcières ». Article et entretien.

D’un côté, les traces peintes de ces mains millénaires, orientées selon un axe vertical, qui ornent la grotte de Gargas ; de l’autre, l’extension progressive d’un monde horizontal avec cette carte, Cosmographiae introductio, où est dessiné pour la première fois le continent américain, puis celle, rapprochée des toiles de Jackson Pollock, qui figure l’ensemble des trajets des bus Greyhound et où se résume la vocation de cette même Amérique à installer et imposer mieux que tout autre un mode de rapport géographique au monde.

Lucie Taïeb, génération 77, écrivaine, traductrice et enseignante-chercheuse, publie cette année un essai (Freshkills, recycler la terre, éd. Varia), un recueil de poèmes (Peuplié, Lanskine) et un roman (Les échappées, L’ogre). Le prix Wepler 2019 qu’elle vient de recevoir pour son roman est l’occasion rêvée pour explorer son univers d’écriture.

Ripley : There’s a monster in your chest. (…) It’s a really nasty one. And in a few hours it’s gonna burst through your ribcage, and you’re gonna die. Any questions?
Purvis : Who are you? 

Ripley : [smiles] I’m the monster’s mother.

Il y a dans le personnage d’Ellen Ripley, depuis le premier film jusqu’à celui de Jean-Pierre Jeunet, une gravité, une densité presque, qui l’isole en la différenciant, des hommes et des femmes qu’elle côtoie.

« Mais qu’est-ce qu’ils ont tous en ce moment avec Velasquez ? Je préfère mille fois Le Greco. Lui était un peintre. » En 1966, Picasso est formel quand il parle du génie de Doménikos Theotokópoulos (1541-1614). La véritable première rétrospective que lui consacre le Grand Palais jusqu’au 10 février en réunissant soixante-quinze œuvres ouvre en très grand l’histoire de la peinture.

La quatrième de couverture de l’ouvrage récent de Laure Lévêque, Jules Verne, un lanceur d’alerte dans le meilleur des mondes, explicite sans ambiguïté le projet de ce livre plein de vigueur, d’informations précises et d’analyses d’une œuvre qu’on a trop facilement rangée dans la catégorie des œuvres pour la jeunesse, portée par un positivisme à tout crin.

Il est bien que la reprise des « romans et nouvelles » de J.-K. Huysmans en Pléiade soit accompagnée d’un avant-coureur en Poésie/Gallimard rééditant les poèmes en prose de l’écrivain (Le Drageoir aux épices et Croquis parisiens). Car c’est par cette porte-là de la poésie sans versification qu’a pénétré le jeune Huysmans dans le champ littéraire, donc par l’oblique d’un genre tout nouvellement inventé. Nous sommes en 1874.

La rencontre que Jean-Clet Martin opère dans Ridley Scott. Philosophie du monstrueux, est plurielle : rencontre avec le cinéma, avec les films de Ridley Scott, mais aussi rencontre avec des Aliens, des androïdes, des vivants aux confins de la vie, des types d’image ouvrant sur d’autres mondes. Ces rencontres permettent à Jean-Clet Martin de relancer les dés de la philosophie, de reconfigurer la table sur laquelle vont être disposées des façons nouvelles de penser, de poser des questions, de réunir des concepts. Vont ainsi apparaître des manières nouvelles de vivre et de créer. Entretien avec Jean-Clet Martin.

Le monde entier est un théâtre, et tous les femmes et les hommes seulement des acteurs, et un homme dans sa vie joue différents rôles…
William Shakespeare, Comme il vous plaira

Marco Bellocchio est l’un des grands maîtres du cinéma mondial. Là où d’autres peuvent se reposer sur un système, souvent avec succès (voir le dernier Ken Loach, énième variation, brillante, du genre qui a fait sa réputation), Bellocchio reste insaisissable. Au lieu de nous éclairer sur sa cinématographie, chaque film est l’occasion de nous surprendre et de nous mettre en face de la grande complexité d’une œuvre singulière et d’une rare diversité.

Au fil de ses romans, dont le premier paraît chez P.O.L en 2001, Christine Montalbetti nous a habitué.es à nous glisser dans des traditions fictionnelles codifiés. Le dernier roman de l’écrivaine, Mon ancêtre Poisson, ne fait pas exception, et la curiosité romanesque de celle-ci s’aventure cette fois dans le genre, chéri du contemporain. du récit de filiation. Après sa critique du roman, Morgane Kieffer revient sur Mon ancêtre Poisson, cette fois à travers un grand entretien avec son auteure, Christine Montalbetti.