Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975) de Chantal Akerman vient d’être élu meilleur film de tous les temps — classement « Les 100 meilleurs films de l’histoire » dévoilé le 1er décembre par la revue britannique de cinéma Sight and Sound. À cette occasion, Benoît Peeters nous fait l’amitié d’un texte, accompagné de cette note introductive : « Cet article est paru pour la première fois il y a quarante ans dans le volume collectif (dirigé par Jacqueline Aubenas) Chantal Akerman, Actes du Colloque de Bruxelles, Ateliers des Arts, Cahier n° 1, 1982. Même si le texte est à bien des égards daté, je n’ai corrigé que des détails ».

La bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou propose, jusqu’au 10 octobre 2022, une exposition des œuvres de Chris Ware. Le parcours offert aux visiteurs déploie trente années de créativité intense, avec une large place laissée à ses planches originales, à son travail constant sur l’objet livre (qu’il renouvelle en profondeur), à des films où l’artiste américain explicite son travail et ses techniques. Installée au cœur de la bibliothèque, réalisée par Benoît Peeters et Julien Misserey en étroite collaboration avec Chris Ware, totalement gratuite, cette exposition est absolument exceptionnelle. Diacritik vous propose une promenade photographique dans ses allées.

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L’année 1922 n’aura pas été avare en naissances de personnalités marquantes : Pasolini et Kerouac en mars ; Bobby Lapointe et Charlie Mingus en avril ; Serge Reggiani, Christopher Lee et peut-être (car un doute subsiste – ne serait-il pas né l’année précédente ?) Iannis Xenakis en mai ; Alain Resnais en juin ; Micheline Presle (seule à être encore en vie) et Alain Robbe-Grillet en août ; Simon Hantaï, Christian Dotremont, Claude Ollier et Ava Gardner en décembre (et j’en oublie, volontairement – ou non). Est-ce important de commémorer les anniversaires ? Pour certains, on dira oui, non par goût des chiffres ronds (on préférera 101 qui est premier – et même 99), mais parce qu’ils nous offrent l’occasion de ferrailler avec le temps, donc avec nos souvenirs et la part d’oubli qui les recouvre, de manière intime, dans un désir de partage.

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Ce n’est pas tous les jours qu’un livre s’ouvre par une citation de La peinture à Dora de François le Lionnais. C’est le cas de Pieter Bruegel La biographie de Leen Huet (traduit du néerlandais par Marie Hooghe) que publie CFC Éditions à Bruxelles. Le récit de Le Lionnais (publié une première fois en mars 1946) se passe dans le camp allemand de Dora où l’auteur, grand résistant, a été incarcéré en 1944-45.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe ont vu émerger une discipline inédite que quelques découvreurs éminents dotèrent d’une théorie bouleversante. La psychanalyse était née : elle connut alors une concentration forte de ses représentants les plus remarquables dans les capitales d’Europe centrale, Vienne prenant la tête autour de Sigmund Freud. Bien des noms devraient être cités ici même. Si l’une de ces figures demeura alors en retrait, ce fut par une sorte d’injustice. Nous parlons ici du Hongrois Sándor Ferenczi.

Essayiste (ouvrages sur Raoul Ruiz co-écrit avec Guy Scarpetta, sur Hitchcock, sur la bande dessinée…), scénariste de la série mythique Les Cités obscures avec son complice, le dessinateur François Schuiten, auteur de romans, de récits (Omnibus, La Bibliothèque de Villers, Villes enfuies…), de récits photographiques avec Marie-Françoise Plissart, biographe de Jacques Derrida, Hergé et Paul Valéry, Benoît Peeters vient de consacrer un essai marquant à Sándor Ferenczi. L’enfant terrible de la psychanalyse paru chez Flammarion. Entretien.

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties.

Belle entreprise que celle de raconter Georges Remi confidentiel, mondialement connu sous le pseudonyme Hergé, créateur de Tintin, Quick et Fluckpe, Jo, Zette et Jocko et d’une galerie de personnages qui ont marqué l’histoire de la bande dessinée. Les éditions Robert Laffont ont réédité l’ouvrage de Benoît Mouchart et François Rivière paru en 2011, dans une version augmentée et révisée à l’occasion de la grande exposition Hergé au Grand Palais du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017.

Quels films de Ruiz le magicien avez-vous vus ? Aucun peut-être ? Le Temps retrouvé tout de même, sorti en 1999 et venant en droite ligne du roman proustien. Y jouaient Catherine Deneuve, Marcello Mazzarella (Patrice Chéreau en vf), John Malkovich, Chiara Mastroianni, Emmanuelle Béart, Arielle Dombasle… Pas moins. C’est que Raoul Ruiz attirait à lui les plus grands comédiens.