October 2015 vs March 2016 : une même rue, deux saisons.
No Death, Toi et Moi et In Between, de quoi ne pas rester Sage mais au Paradis, avec ce numéro 4 d’Into the groove.
Alors ça y est. Le monde entier parle des réfugiés. Les réfugiés de la Grèce. C’est mars. La saison du dieu de la guerre. Ça pleure dans les chaumières. Les enfants, les pauvres petits. Les pauvres familles. Et ces pauvres Grecs. Mon dieu, la Grèce ça devient un entrepôt d’âmes. Oui, «d’âmes». Ça m’a sciée.
En ouverture, musicale puisque la mention suit quelques notes de Schubert, du roman d’Emmanuel Régniez, une phrase qui vaut entrée dans une altérité : « C’est à 11h03, le samedi 2 avril que l’on a sonné à la porte de Notre Château.
C’était extraordinaire. Cela n’arrive jamais. On ne sonne pas chez nous. On ne sonne jamais à la porte de Notre Château ».
Foisonnant, coloré, dense, luxuriant, les superlatifs ne manquent pas pour décrire le nouveau roman graphique de Craig Thompson, Space Boulettes (« Space Dumplins » en version originale). Treize ans après Blankets, cinq ans après Habibi, Craig Thompson est de retour avec un space opéra, conte pour enfants et relecture de Star Wars, Alien, Battlestar Galactica ou Lost in Space…
Prochainement sur Diacritik : Enki Bilal, « La trilogie des éléments »
Institutions régionales, Festival de Cannes, livres, Fukushima. C’est la revue de presse du chutier.
Une bouffée délirante on dira une bouffée délirante il aurait mieux fait de prendre un Tercian et de se coucher pourquoi salir le monde n’est-il pas déjà suffisamment pollué et puis ce truc de ne pas mettre de ponctuation on a déjà vu ça c’est déjà fait déjà vu et si bien fait Camille Laurens Nina Bouraoui pour ne citer qu’elles alors quoi une logorrhée une de plus un cri une litanie manie manie mais oui mais non des larmes des larmes je vous dis voilà des larmes tenues retenues de rage de désespoir de fatigue de nausée de mal de tête de mer de terre des larmes sans raison on dira pathologiques
Le DVD d’un chef d’œuvre japonais de 1959, les polémiques des César, les Oscars, Éperdument et Saint-Amour : c’est le journal d’un cinéphile de Jérémy Sibony.
Au début de l’année 2014, l’hebdomadaire italien L’Espresso demandait à quatorze personnalités du monde de la culture, d’écrire une lettre ouverte et idéale à leur fils pour affronter les grands thèmes de la vie. Umberto Eco écrit à son petit fils pour lui donner des conseils sur le futur. Il s’en dégage une réflexion sur la technologie, le sexe, la poésie et la mémoire.
Qu’est-ce qu’une photo ? J’imagine qu’il faudrait répondre : une somme de couleurs et de lignes et d’ombres / lumières agencée selon un certain ordre. J’imagine mais j’ai du mal à ne pas voir dans les photos en général, et dans celles d’Amaury da Cunha en particulier, un réservoir de récits.
Un livre ne commence pas – absence de commencement, une écriture sans début ni fin. Livre déjà commencé, déjà commencé d’être écrit. Non dans l’existence de l’écrivain, ses expériences, son enfance heureuse ou malheureuse, ses pensées, bêtes ou géniales, mais dans quelque chose en lui, un ailleurs à travers lui ouvert à l’absence de commencement, ouverture sans bord, illimitée – qui ne serait que cela, ouverture, vide désert, béance sans lieu, sans espace.
Ex-Docteur Who ou Alex Hardy dans Broadchurch, David Tennant est aussi méconnaissable en député blond et rigide qu’Emily Watson est aux antipodes de ses rôles dans Breaking the waves ou Gosford Park. Dans Le Mari de la ministre, diffusée ce jeudi 10 mars sur Arte à 20h55, ils incarnent un couple animal et politique, dont les destins publics épousent l’histoire privée. Jusqu’à la rupture.
Lydia Flem se souvient. Assumant la référence à Georges Perec et à Joe Brainard — « je me souviens que Joe Brainard écrit dans I remember : « je me souviens que je m’habille complètement avant de mettre mes chaussettes » » —, elle passe en revue 479 fragments de mémoire, tous centrés sur les vêtements et la mode. 479 et non 480 comme chez Perec, auquel le livre est dédié.
