Arte diffuse le documentaire Kurt Cobain : Montage of Heck, titre tiré de celui donné par le leader charismatique de Nirvana à l’une de ses cassettes audio. Film autorisé par Courtney Love et la famille qui témoigne largement, produit par Frances Bean, la fille du chanteur, construit depuis des archives intimes, ce « bazar organisé » s’offre comme un biopic dans ce que le genre a de pire : un hymne à la gloire du génie solitaire et incompris, dont tout dessin, tout film super 8, toute cassette, toute déclaration publique et/ou photographie devient une brique construisant le mur de la légende.

Peu mélomane, vais-je me risquer à évoquer le livre d’Aliocha Wald Lasowski, ce Jeu des ritournelles qui parle tout ensemble de musique, de philosophie et de littérature ? Deux aspects de ce bel ouvrage foisonnant m’y encouragent. C’est d’abord que, nourri de d’une vaste culture, ce livre ouvre un éventail assez large pour que je puisse y trouver des niches où me caser. C’est ensuite que, traitant de la ritournelle en musique classique et aussi populaire, il renvoie en maints endroits à des airs familiers, du Mariage de Figaro de Mozart au Boléro de Ravel et jusqu’à de simples berceuses. Et l’on y apprendra au passage que Gilles Deleuze se piqua d’entonner, lors d’une réunion savante, L’Hymne à l’amour de Piaf.

Même en vacances, le critique est loin de se départir de son envie de voir et revoir des séries dont il a déjà parlé, parlera peut-être ou passera sous silence de crainte d’avouer un tropisme coupable pour les TV shows inconséquents de pur divertissement à la sauce blockbuster… Rien de tout cela en ce qui concerne Downton Abbey, intégralement revu à l’aune d’une programmation télévisuelle estivale quelque peu indigente. L’occasion de s’apercevoir combien les dialogues sont un tissu de citations de chansons pop.

Viv Albertine, guitariste des Slits, groupe punk qui marqua les scènes anglaises et du monde, publie un « album de souvenirs », au sens aussi bien musical que photographique ou littéraire du terme puisque son livre, De fringues, de musique et de mecs, a la structure duelle d’un vinyle ou d’un double album (Face A, Face B) : chaque court chapitre est comme une piste musicale, centrée sur un moment qui a laissé en elle « une empreinte indélébile », l’a « façonnée, scarifiée ».

Vous vous souvenez sans doute de la musique de la série des Angélique, celle des Tontons flingueurs ou des Barbouzes ou de Fantômas ? Sans doute savez-vous que c’est Michel Magne qui a composé toutes ces notes que vous fredonnez encore. Véritable génie créatif, il est passé de la musique concrète à la variété pour ensuite se consacrer à la musique de film.

Voilà bientôt une année, comme par surprise à soi, que Prince nous a quittés, jour pour jour. Ce sinistre premier anniversaire est marqué par la sortie d’un EP inédit, Deliverance, sans doute écrit et interprété entre 2006-2008, période féconde pour celui qui se faisait appeler The Artist mais aussi par une somme de biographies dont on retiendra, lumineuse, érudite et généreuse, celle d’Alexis Tain, Prince : Le Cygne Noir à la Découverte.
Car on le sait désormais depuis un an, comme une rumeur folle, comme une évidence indépassable : Prince n’aura vécu que 8 ans.