Trieste è recentemente tornata in prima linea nella scena letteraria francese. Ai confini della Slovenia, questa città- frontiera, culla di Mitteleuropa, è tornata l’anno scorso come un teatro d’amore malinconico in Ca raconte Sarah di Pauline Delabroy-Allard. Ma sicuramente non possiamo dimenticare che a livello internazionale Trieste non ha mai smesso di essere una città letteraria, come è stato dimostrato lo scorso giugno dalla ristampa in Francia della splendida Trieste di Roberto Bazlen o dalla pubblicazione dei Saggi Triestini di Pressburger.
Category Archive: Un livre un lieu
Partir à la découverte d’un livre via les lieux qu’il arpente ; photographier cette cartographie, parfois réelle, parfois imaginaire… Des tentatives d’épuisement de ces lieux romanesques, pour citer l’immense Perec.
East Village Blues de Chantal Thomas est tout ensemble une ballade et une balade, pérégrination dans un quartier de New York que la romancière hanta dans les années 70 et chant d’une « vie étrange » au croisement de Rimbaud et de la Beat Generation, célébration d’un « monde (qui) bénit les poètes ». Le livre prend doublement « la forme d’une ville », en ce qu’il est un véritable « poème en marche » et une ode inspirée à la liberté qu’inspire la vie new-yorkaise.
Carine Chichereau nous présente Les Amants de Coney Island, roman de l’écrivain irlandais Billy O’Callaghan qu’elle a traduit et qui vient de paraître aux éditions Grasset.
« Pigalle était mieux que la beauté. Pigalle est punk : sa laideur n’est rien ; son énergie fait tout — aujourd’hui encore » (Le New Moon)
David Dufresne aime à déplier les approches, formelles comme esthétiques, d’un même objet. Pensons ne serait-ce qu’à Fort McMoney qui fut successivement reportage dans la presse, journal dans le collectif Or brut (Lux, 2015), documentaire et même jeu vidéo. Cette fois, dans la foulée du livre New Moon (Seuil, 2017), un documentaire, diffusé ce soir sur Arte, nous conduit au cœur de Pigalle, de son histoire comme de ses mutations.
« Les 212 fragments qui suivent répondent aux 212 fenêtres des bâtiments du 168, rue de Crimée, dans le XIXe arrondissement de Paris » : Villa Crimée de Célia Houdart n’est ni un exercice de style à la Queneau ni une vie mode d’emploi, un immeuble en coupe raconté par short cuts. Il s’agit plutôt de variations et « points de vue sur une architecture contemporaine et sur la vie rêvée de ses futurs habitants ». Un inventaire fascinant qui brouille les genres comme les temporalités.
En ce début de saison triste, si on n’a pas la chance de partir voir la mer quelque part, il faut bien se retourner vers les vacances de la mer écrite. Chercher la lumière, un peu de couleur, un parfum d’été, un éclat de vague.
Dans son Histoire des chambres (2009), Michelle Perrot expliquait que ce lieu est « le théâtre de l’existence, ou du moins de ses coulisses » : « La chambre cristallise les rapports de l’espace et du temps ». Sans doute est-ce aussi la fonction comme la poétique de Nohant pour George Sand, cette « maison d’artiste » qui lui sera, tout au long de sa vie, un espace intime et familial comme amical et social, un lieu où écrire et aimer mais aussi recevoir.
Le titre : Balzac, Paris. L’auteur : Eric Hazan. Les éditions : La Fabrique. Paris fabriquant Balzac. Balzac fabriquant Paris.
Nicolaia Rips a choisi, comme décor et personnage de son premier roman, l’hôtel de légende dans lequel elle a passé son enfance : le Chelsea.
Tous les déplacements ne sont pas des métaphores mais des vies sacrifiées, perdues ou retrouvées à la faveur d’exils.
« Ce qui reste, les poètes le fondent » clamait, on s’en souvient, Hölderlin en des termes confiants mais hagards. Nul doute qu’un tel vers, qui se propose d’œuvrer à ce qui demeure contre toutes les destructions, pourrait servir d’exergue lumineuse à une exploration des périphéries qui circonscrivent la ville.
On se souvient du célèbre vers du « Cygne » de Baudelaire : « La forme d’une ville change plus vite hélas que le cœur d’un mortel ».
Une ville à cœur ouvert : le titre du premier roman de Żanna Słoniowska — et premier livre publié dans la collection Littérature des éditions Delcourt — pourrait évoquer une opération chirurgicale si le mot « cœur » ne devait pas être entendu, aussi, au sens musical et polyphonique du « chœur ». Le récit interroge en effet la perception d’un lieu, en tant que centre (identitaire, linguistique, géographique) mouvant, depuis la perception de quatre générations de femmes.
Robert Doisneau aimait la banlieue, mieux il l’habitait. En 1985, il avait répondu à une commande de la DATAR, utilisant, pour la première fois la couleur, une technique nouvelle pour lui, adaptée à un lieu lui-même en pleine transition, entre quartiers anciens et rénovations, ce que montre un livre récemment paru, La Banlieue en couleur, en mettant en regard les clichés de Doisneau des années 40-50 et ces photographies des années 80.
Anthony Poiraudeau est un arpenteur d’espaces géographiques frontière ou fantôme : dans Le projet El Pocero (Inculte, 2013), c’était une ville espagnole, un « raz-de-marée maçonné venant recouvrir le monde », un délire urbain demeuré inachevé, entre vide et « opacité », entre-deux propre à l’investissement par l’imaginaire.