Jamais dans l’apparition des choses, nous ne percevons d’abord et proprement, comme le postule ce concept, une pure affluence de sensations, par exemple de son et de bruits. C’est le vent que nous entendons gronder dans la cheminée, c’est l’avion-trimoteur qui fait ce bruit là-haut, et c’est la Mercedes que nous distinguons immédiatement d’une Adler.

Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traducteurs. Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Edgar et Lucy de Victor Lodato, paru aux éditions Liana Levi.

Elle est là qui parcourt neuf photographies de Morgan Reitz. Elle est la figure féminine jamais nommée qui parmi les neuf textes de Stéphane Bouquet contemple, habite, attend, espère une lettre ou la lit, désire, constate sa solitude et la difficulté de la rompre, avait/a/aura rendez-vous avec un homme, qui toujours se soustrait, comme le monde entre deux photographies.

L’exposition William Klein vient de se terminer à la galerie Polka. Demeure le livre récemment publié aux éditions Textuel, William + Klein, formidable entrée dans l’œuvre d’un artiste majeur, né en 1928 à New York. Conçu en short cuts, le volume déploie des œuvres et les commentaires de l’artiste, qu’il s’agisse d’anecdotes, de moments, mêlant sa propre biographie et ses travaux au déploiement d’un siècle et des grands noms qui l’ont (dé)construit.

Le joyau de Négar Djavadi, Désorientale, paraît dans la collection de poche des éditions Liana Levi, Piccolo. La narratrice, le « je » de la fiction, est Kimiâ, troisième fille de Darius Sadr et de Sara Tadjmol, intellectuels et opposants iraniens contre le Shah puis contre Khomeini. Que deviennent les enfants de militants entièrement consacrés à leur lutte au risque de leur vie personnelle et familiale ? 

« J’exige un autre centre du monde […] qu’aucun visage de la réalité humaine ne soit poussé sous le silence de l’Histoire ».

Ces mots de Sony Labou Tansi, extraits des Sept solitudes de Lorsa Lopez, sont choisis par Christiane Taubira pour ouvrir sa Baroque sarabande. Ils introduisent parfaitement à ces danses de lectures que nous proposent Tony Morrison et Christiane Taubira.

Un Livre des places, donc. Soit, dans la lignée des essais collectifs Inculte, pluralité de voix en feuilleté pour évoquer un lieu politique et littéraire, un siècle En procès ou les matériaux du roman. Ici, les places comme lieu articulé et problématique, un foyer de revendications et contestations, le surgissement et l’expression d’une voix dissonante, en plein cœur de la cité, à la fois rassemblée et diffractée, dont ce volume se veut l’objet-livre métonymique.