Emmanuelle Bayamack-Tam est l’autrice de plusieurs romans (publiés chez P.O.L), plusieurs fois primée et reconnue pour son univers foisonnant et généreux, avec des personnages complexes, des situations familiales, amoureuses, relationnelles intenses. On y retrouve des questions récurrentes sur l’identité, la sexualité, la famille, l’amour, la transgression, la marginalité, l’adolescence. Inspirée et prolifique, elle est aussi la co-scénariste de L’été l’éternité, film sorti au printemps 2022 et a par ailleurs écrit sous le pseudonyme Rebecca Lighieri des romans également primés. À cette bibliographie déjà bien fournie s’ajoutent deux pièces de théâtre : À L’abordage et Autopsie Mondiale, toutes deux créées au théâtre de la Tempête (Cartoucherie Vincennes) par le metteur en scène Clément Poirée. Rencontre, à Orléans, le 8 février 2024.

Pierre Vinclair a écrit une vingtaine de livres (poésie et essais), parmi lesquels Sans adresse (Lurlure, 2018), La Sauvagerie (José Corti, 2020), l’Éducation géographique (Flammarion, 2022) ou Terrorisme et alchimie (Hermann, 2023). Il est également l’auteur principal des œuvres de Claire Tching, dont la récente Poésie française de Singapour, anthologie raisonnée, quoique imaginaire, d’un courant souterrain de la poésie française globale. Claire Tching a pour sa part assuré l’édition critique de Bumboat de Pierre Vinclair (Le Castor astral, 2022).

Les éditions du Sous-Sol publient, dans leur nouvelle collection de poche, « Souterrains » le premier livre de Ted Conover, Rolling nowhere, sous le titre Au fil du rail. L’occasion pour Diacritik de republier un entretien réalisé à l’occasion de la sortie en grand format du livre. La grande figure du journalisme américain avait évoqué les quatre mois passés en 1980 avec les « hobos », la forme très particulière qu’il a donnée à ce livre (devenu culte) et de nous donner sa définition du journalisme littéraire.

Annelies Schulte Nordholt enseigne la littérature française à l’Université de Leyde (Pays-Bas). Spécialiste de Blanchot et de Proust, elle a écrit de nombreux articles sur la littérature moderne et contemporaine. Sur la littérature de la Shoah, elle a notamment publié Perec, Modiano, Raczymow. La génération d’après et la mémoire de la Shoah (Amsterdam, Rodopi, 2008) et le volume collectif Témoignages de l’après-Auschwitz dans la littérature juive-française d’aujourd’hui (Amsterdam, Rodopi, 2008). Son dernier livre, Georges Perec et ses lieux de mémoire. Le projet de Lieux (Leyde, Brill) a paru en 2022. Une édition brochée du livre a paru en novembre 2023.

Finir dans le feu : voilà le projet du dernier livre d’Antoine Volodine, qui vient terminer, ou presque, un édifice commencé en 1985 avec Biographie de Jorian Murgrave. Beaucoup de chemin parcouru, bien évidemment, des transformations, une transhumance éditoriale, l’édification d’une somme romanesque sans équivalent dans la littérature mondiale – qui se signale au lecteur attentif par sa radicalité, son étrangeté, sa densité, son obscurité, son humour noir, son tragique mâtiné d’ironie douce, et la très grande douceur de sa poésie. Que l’on se rassure cependant : si c’est bien le dernier Volodine, ce ne sera pas le dernier livre post-exotique. Mais assurément ce moment décisif qu’est Vivre dans le feu n’est pas à négliger : plongeons donc avec son créateur dans cette bouffée de l’espace noir.

Que dire de cette très belle et stimulante première livraison des Cahiers Pierre Michon sinon qu’il faut se précipiter pour la lire ? Fondés par Agnès Castiglione et Denis Labouret, ces Cahiers Pierre Michon s’inscrivent dans la suite logique de l’Association des Amis de Pierre Michon en offrant aux lectrices et aux lecteurs un espace de réflexion et de création venant à la fois prolonger et nourrir les échanges autour de l’auteur de la Vie de Joseph Roulin. Ainsi ce premier numéro, placé sous la direction de Stéphane Chaudier et Guillaume Ménard est-il largement consacré à la place qu’occupe le 19e siècle chez Michon. Dossier riche, pertinent et indispensable pour mieux saisir l’écriture de celui que d’aucuns désignent comme le contemporain capital. Autant de pistes stimulantes qu’on ne pouvait qu’évoquer avec les deux fondateurs de ces indispensables Cahiers.

L’art et la fiction peuvent-ils nous sauver ? C’est entre autre à cette question que répond Darragh McKeon dans son dernier roman, Le Dimanche du souvenir, paru en août aux éditions Belfond. L’auteur irlandais a accordé un entretien à sa traductrice, Carine Chichereau, pour Diacritik, filmée dans la bibliothèque historique du Centre Culturel Irlandais, à Paris.

Écrit autour de sa vie de Palestinien vivant à Paris, de la nostalgie de la Palestine, de l’activité de journaliste, de l’existence des êtres broyés et de la nature détruite, Exercices d’apprentissage écrit un Je à la fois singulier et collectif, une poésie qui est peut-être un contre-pouvoir. Entretien avec Tarik Hamdan.

Avec Fou de Paris, Eugène Savitzkaya signe indubitablement l’un des plus beaux romans de l’année, et assurément l’un de ses plus remarquables récits au sein d’une œuvre déjà majeure de notre contemporain. C’est peu de dire que, porté par une langue d’une rare puissance, Savitzkaya donne à lire et livre à la sensation la plus sauvage un Paris que traverse un singulier narrateur. Hanté par la figure d’un poète méconnu, Hégésippe Moreau, Fou de Paris se lit comme le conte féérique d’une odyssée sensuelle dans la capitale française. Une odyssée qui, de Sarkozy aux confinements en passant par la tragédie des attentats, dévoile une résonance politique plus vive encore que dans les autres récits de Savitzkaya. Un très grand texte dont Diacritik ne pouvait faire l’économie d’interroger son auteur le temps d’un grand entretien.

Audrée Wilhelmy, dans Peau-de-sang, votre narratrice est morte, aussi est-ce depuis l’outre-tombe qu’elle relate son histoire. Votre personnage n’en est pas moins lumineux. Comme si son assassinat n’avait pas porté atteinte à sa puissance de vie. N’est-ce pas là une allégorie du féminin ?