Début 2022, les Éditions MF m’ont envoyé pour la première fois un livre à paraître. Il s’agissait d’un roman, Les Artistes, signé Aden Ellias, un auteur dont j’ignorais tout. Malgré certaines réserves, ce livre singulier m’avait intrigué, au point de m’inciter à en faire une recension afin d’y voir plus clair. Comme le courant était passé, d’autres ouvrages ont pris, souvent par surprise, le chemin de mon atelier, comme ce fut le cas avec Temps permettant de Christine Lapostolle, qui m’est parvenu suite à une suggestion du peintre et poète Pierre Mabille.
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Entretiens filmés ou retranscrits, d’écrivains, réalisateurs, dessinateurs, etc. Parce que laisser de longues plages à des artistes et des écrivains pour s’exprimer, ça manque un peu, ailleurs…
On avait laissé Sébastien Berlendis sur les rives de la Méditerranée, entre vieux palais décatis et archéologie familiale. Deux ans après Lungomare, 24 fois l’Amérique s’éloigne pour un temps de l’Italie afin d’explorer le nord-est des États-Unis. Sur la route, le narrateur est en quête de Marianne, une femme avec qui il avait déjà fait le voyage une décennie auparavant.
Créée en 1989 par Jean-Michel Espitallier et Jacques Sivan, rejoints par Vaninna Maestri, Java est, par sa singularité, son engagement, sa nouveauté, une revue indissociable de la poésie contemporaine française, emblématique de ce que peut être une revue de création.
Est-ce un jeu tragique, une mise en abyme, une tentative de saisir le monde d’aujourd’hui ? Dans son roman Trash Vortex, Mathieu Larnaudie dresse le portrait d’une société obsédée par sa propre fin, en s’emparant du motif des gyres de déchets, notamment plastiques, qu’on retrouve dans l’océan. À travers quelques figures, souvent choisies parmi les élites politiques et économiques (la riche héritière, le directeur de cabinet, le réalisateur à succès…), le roman offre une analyse sociologique, psychologique et poétique de personnages de notre époque, qui pourraient sortir des limbes pour relancer une autre forme d’Histoire. À l’équilibre entre aventure et métaphore, Trash Vortex est aussi une invitation à être pleinement présent au monde, comme l’a souligné Mathieu Larnaudie dans le grand entretien qu’il nous a accordé.
Entretien avec Laure Gauthier au sujet de son dernier livre, mélusine reoladed, où il est question, entre autres, de politique, d’écologie, de contes et de dystopies, d’imaginaire, de poésie, ou encore de Jean-Luc Nancy. Quand l’imaginaire littéraire devient un des points de vue à partir duquel penser notre monde et peut-être l’habiter.
Avec les éditions 49 pages, Pierre Poligone fait le pari de la brièveté comme intensité. Nourrie de la critique littéraire et d’une quête d’originalité, cette jeune maison indépendante défend des textes courts, exigeants et incarnés, à l’endroit précis où la vie bascule et appelle l’écriture. À travers la collection Départ de feu, conçue comme un manifeste collectif, les éditions 49 pages affirment une certaine idée de la littérature contemporaine : vivante, polyphonique et poreuse, attentive aux voix émergentes comme aux formes qui réinventent la langue.
La semaine dernière, nous avons appris la disparition soudaine de Jean-Marie Gleize. Nous republions aujourd’hui l’entretien accordé à Emmanuèle Jawad en 2024 à l’occasion de la parution de Je deviens (séances) aux éditions Les presses du réel/Al Dante. Vous retrouverez ici les articles qui lui ont été consacrés sur Diacritik.
Après Notes de la rédaction, Julie Sas fait paraître Le grand soir est-il qui, à partir d’une recherche dans certaines archives, déploie le récit d’une insurrection, questionnant le langage du pouvoir, dans un texte associant documents et proses poétiques. Entretien avec Julie Sas.
Livre après livre, Mathieu Simonet élabore une œuvre singulière où l’intime ne cesse de se mêler au collectif. Façon, peut-être, de prendre au pied de la lettre l’injonction Guibertienne : Il faut que les secrets circulent !
Ça commence par une disparition. Un homme a disparu : il manque — et autour de ce manque, quelqu’un se met à écrire. Rue des Batailles part de là : une absence qui ne s’explique pas, déclarée mais jamais expliquée.
Le noir de l’image est plus vaste que l’image, de Jean-Philippe Cazier, évoque la violence comme politique qui s’exerce sur les corps. L’écriture y interroge la possibilité de dire cette violence ou la possibilité de ne pas la dire, la possibilité du témoignage comme du silence – le silence devenant un moyen paradoxal d’être lié à ceux et celles qui ont subi ou subissent cette violence. Entretien avec l’auteur.
Mise en scène par Anne Kessler, une nouvelle Bérénice a été présentée au Théâtre de la Concorde. Dans un décor minimaliste qui ramène le théâtre à la plus pure puissance de la langue de Racine, Anne Kessler a imaginé une interprétation en tension, déchirante. Elle y joue une Bérénice au seuil de l’effondrement et orchestre un quatuor bouleversant avec Stanislas Merhar dans le rôle de Titus, Thomas Blanchard en Antiochus et Évelyne Istria en Phénice.
Consacré à l’assassin de Jean Jaurès, Les Morts de Raoul Villain, récemment couronné par le Prix de la biographie Le Point 2026, est autant un livre d’histoire qu’une réflexion en acte sur les limites du récit historique, un essai sur les rapports entre histoire et fiction, entre l’archive, les documents, et leurs marges, leurs manques. Qu’en est-il des vies qui existent dans ces absences ? Mais encore : quel point de vue également politique serait possible à partir de la figure de Raoul Villain ? Entretien avec Amos Reichman.
Ça commence par un trou : sur la première page de mon service de presse, la page est trouée. Je comprends que c’est l’auteur qui me l’a poinçonnée, et déjà, je me dis : cette lecture va vraiment m’intéresser, c’est certain.
Après Poèmes à pied, Le Nôtre, L’Âge de verre, ou encore Si riche heure, Cole Swensen fait paraître Et et et qui, à travers une poétique du « et », élabore un texte où le langage s’articule aussi à ce qui lui échappe. Entretien (bilingue) avec Cole Swensen.