Elle a écrit Corniche Kennedy, Naissance d’un pont, Réparer les vivants, elle a consacré un court récit aux naufragés de Lampedusa (À ce stade de la nuit), a emboîté les pas d’un apprenti cuisinier dans Un chemin de tables, vient d’imaginer le parcours d’une jeune peintre en décor dans le très beau Un monde à portée de main, paru chez Verticales. Elle continue de sculpter ses phrases, virgules du marathon, onomatopées de l’action, mots techniques, désir de langue, souffle. Paula Karst, sa nouvelle héroïne, va de chantier en chantier, jusqu’à celui de Lascaux. Rencontre grandeur nature, quelque part à Paris, avec une écrivaine pour qui l’émerveillement et le désir d’initiation continuent de tenir lieu de méthode, une écrivaine qui cherche toujours à éclaircir ce qu’elle fait, sans se fatiguer des questions qu’on lui pose et sans cesser de tâtonner, Maylis de Kerangal.

S’il est dur de vivre à l’ombre du frère, le songwriter californien Peter Harper semble savoir comment s’affranchir des figures tutélaires. À l’occasion de la parution de son deuxième album, intitulé « Break the Cycle », nous nous sommes longuement entretenus avec l’artiste, jadis plasticien et sculpteur, sur sa relation à la création et aux arcanes du mythe familial, tandis que son frère Ben Harper s’apprêtait à faire paraître l’opus  » No Mercy in This Land », en duo avec le légendaire harmoniciste Charlie Musselwhite.

« Moving Frontiers – Do and undo / Faire et défaire », plateforme de recherche artistique initiée par Sylvie Blocher et Antoine Idier à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, organise quatre journée de rencontres, performances et projections à Paris, du 23 au 26 mai 2018. En lien avec la Triennale SUD2017 à Douala, au Cameroun, cette plateforme se propose d’interroger les frontières et les territoires mais aussi de faire place aux problématiques contemporaines sur l’Afrique, la migration, la question coloniale et postcoloniale.

L’histoire des suffragistes radicales, le combat oublié des ouvrières du nord de l’Angleterre est un ouvrage à quatre mains, écrit conjointement par deux historiennes britanniques Jill Liddington et Jill Norris, disparue prématurément dans un tragique accident de voiture (1949-1985). La première publication de cet essai remonte à 1978, sous le titre original, One Hand Tied Behind Us. The Rise of the Women’s Suffrage Movement, aux éditions Virago, un grand succès de librairie, selon la formule désormais consacrée. L’ouvrage a été réédité, par la seule Jill Liddington, en 2000 aux éditions Rivers Oram. Mais la traduction en français très récente, mars 2018, aux éditions Libertalia, est le fruit du travail de Laurent Bury. Fabrice Bensimon, dont on a grandement apprécié Les sentiers de l’ouvrier, le Paris des artisans britanniques (1815-1850), en a assuré la préface.

Depuis Les choses, prix Renaudot 1965, on doit à Georges Perec dix-sept ans de production littéraire brillante et extrêmement originale, jusqu’à sa mort, en 1982. Cette magnifique originalité a connu son apogée en 1969 avec la publication, entre autres, du célèbre roman La disparition, puis, en 1971, des Revenentes. Cependant les amis et admirateurs de Perec ont permis une certaine continuité, puisque nombre de ses ouvrages ont été l’objet d’une publication posthume. Ainsi en 2012 parut Le condotierre, dont le manuscrit avait été égaré par Perec en 1966. De la même manière fut imprimée, en 1991, et rééditée en 2003, une véritable perle encore trop méconnue, Cantatrix Sopranica L. et autres écrits scientifiques, par le biais de la fidélité en amitié de Marcel Bénabou, professeur émérite d’histoire romaine à l’Université Paris VII, et, surtout, comme il se définit lui-même « secrétaire provisoirement définitif » de l’OuLiPo.

Fabrice Bensimon, enseignant-chercheur à l’université Paris-Sorbonne, spécialiste de la Grande-Bretagne au XIXè siècle, Research Fellow au London University College, et Sabine Reungoat, maître de conférences en civilisation britannique à l’Université Paris-Est Créteil, ont uni leurs efforts — le premier pour ce qui concerne la recherche, la seconde pour la traduction des textes ainsi trouvés — pour faire découvrir un pan méconnu et commun à l’histoire de la France, du Royaume-Uni et de Paris : le résultat est un ouvrage tout à fait édifiant et inattendu de 136 pages, publié aux éditions de la Sorbonne en novembre 2017.

Cest presque une institution qui va cesser de paraître le 30 avril prochain, New Musical Express, abrégé depuis belle lurette en NME, magazine musical grand-breton dont l’aura est internationale. Créé en 1952 NME, dont le siège a toujours été à Southwark, au sud de London Bridge, est devenu hebdomadaire en connaissant une expansion phénoménale et en profitant du boom musical des années 1960.

Tout a été dit, écrit, enregistré ou filmé sur Winston Churchill, surtout pendant les six derniers mois, mais il manquait un ouvrage qui rassemble tout, jusque dans les moindres détails, sur feu le premier ministre britannique de la seconde guerre mondiale, une sorte d’encyclopédie Churchill. C’est chose faite depuis décembre dernier, avec la parution aux éditions Perrin d’un ouvrage colossal (862 pages !), Churchill Le Dictionnaire, que l’on doit à Antoine Capet, grand spécialiste hexagonal de Winston Churchill.