Avec Écologies déviantes, le militant et journaliste Cy Lecerf Maulpoix, nous offre un livre-parcours qui mêle récit de vie et de voyage, enquêtes historiques, lectures, interviews et réflexions politiques autour des tentatives passées, présentes et futures, d’articuler luttes écologistes et luttes queer. Un projet ambitieux et généreux sur le personnel, le collectif, la mémoire et les futurs possibles.

Très tôt, Jean-Christophe Bailly a eu la conviction qu’il serait écrivain, quelqu’un donc qui écrit, qui écrit des livres. On aurait tendance à penser qu’il s’agit principalement d’essais. Ils le sont, certes, mais des essais qui s’écriraient avec les autres genres, qui les élargiraient, qui ne désolidarisent pas le « désir de comprendre » d’une « expérience d’écriture ».

Martin Rueff écrit depuis longtemps entre les langues, ou plus exactement entre la langue française et la langue italienne, qu’il traduit, à la « jonction » des deux pour reprendre le titre de son précédent livre (La Jonction, Nous, 2019). Cette fois, il expérimente pleinement la langue italienne, non en la traduisant mais en l’écrivant.

En 2009, l’affiche du 62e Festival de Cannes créée par Annick Durban souhaitait, selon son auteure, « ouvrir une fenêtre sur la magie du cinéma et inviter au rêve ». Charme dont est né ce scénario de court-métrage inspiré du photogramme de L’Avventura de Michelangelo Antonioni (1960) avec Léa Massari et Monica Vitti, décédée le 2 février 2022. Hommage + action + ciao Monica.

Jean-Claude Carrière, décédé il y a un an, le 8 février 2021, a scénarisé six films de Luis Buñuel : Le Journal d’une femme de chambre, Belle de jour, La Voie lactée, Le Charme discret de la bourgeoisie, Le Fantôme de la liberté et Cet obscur objet du désir. À la mort de Buñuel en 1983, tel un disciple en bouddhisme, Carrière s’est fait la promesse de ne jamais refuser une occasion d’évoquer l’œuvre de celui qui lui avait tant donné pendant presque vingt ans, et qu’il considérait comme son Maître. En 2008, Jean-Claude Carrière m’accueillit dans sa maison de Pigalle sous un soleil pâle d’hiver, me conduisit au sous-sol. Nous nous sommes installés côte à côte dans un canapé confortable. Un chat noir bondit, glissa sur nos genoux et veilla sur cet entretien-fleuve aux allures de conversation. Cette boule de poils qui parfois ronronnait me rappela le bestiaire symbolique si cher à Buñuel. Et si ce jour-là, l’esprit du Maître nous avait enveloppés ?… Cher Jean-Claude, où que plane votre âme, quelle que soit l’incarnation de votre écorce, je vous espère en symbiose, en fusion avec Don Luis.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent »
Louis Aragon

En split-screen, deux villes en guise de générique. D’un côté, New York au temps des Twin Towers. De l’autre, le Tower Bridge de Londres qui enjambe la Tamise. Tours érectiles, tapis d’eau amniotique, transversalités masculines féminines, fourmilière urbaine encline aux rencontres illégitimes. Deux plans fixes pour ouvrir le film, stipuler son parti-pris narratif. Ici, l’adaptation française de Tromperie de Philip Roth (Deception), blanc, juif, hétérosexuel, romancier reconnu de Brooklyn, atterri à Londres pour rafraîchissement d’inspiration, et qui reçoit dans son bureau son amante anglaise sans prénom. L’écrivain américain et la maîtresse britannique sont interprétés par deux acteurs on ne peut plus français : Denis Podalydès et Léa Seydoux réunis par Arnaud Desplechin pour une aventure extra-conjugale pendant les eighties.

Cet article est dédié à un Vainqueur qui se bat

Parce qu’Emmanuelle Bercot aime pleurer au cinéma, elle rêvait de s’essayer au genre du mélo. Inspirations du désir : réunir une nouvelle fois, après La Tête haute en 2014, Catherine Deneuve et Benoît Magimel dans un tandem mère-fils. Provocation du destin : la rencontre, à New York, avec le Docteur Gabriel Sara.