En lien avec le 31e Salon de la Revue qui se tient le 16 et 17 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage. Aujourd’hui, entretien avec l’équipe de Marteloire autour de leur énergique et formidable travail. On les adore.

En lien avec le 31e Salon de la Revue qui se tient le 16 et 17 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage. Entretien avec Xavier Kawa-Topor, directeur éditorial et membre du comité de rédaction de la remarquable revue Blink Blank.

En lien avec le 31e Salon de la Revue qui se tient le 16 et 17 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de Yannick Kéravec et Hugo Pradelle, organisateurs de cet événement clef dans la vie des revues. L’occasion pour Diacritik de les interroger sur la remarquable programmation de cette année placée notamment sous le signe de la résistance critique et de la vivacité.

Dans un grand entretien, et au nom du Parlement de Loire, Camille de Toledo a accepté de répondre aux questions de Diacritik pour nous présenter cette autre Vie nouvelle, à l’échelle des écosystèmes, qu’est Le Fleuve qui voulait écrire. À l’origine du collectif, il a animé les auditions du parlement avant de mettre en récit les voix plurielles déployant une interrogation essentielle portée par Loire : « Et si les entités naturelles, rivières, montagnes, forêts, océans, glaciers et sols… étaient, à force d’exploitation, de prédation, en voie d’inventer leur grammaire, exigeant leur représentation ? »

Indubitablement, Célia Houdart s’impose, récit après récit, comme l’une des figures majeures de notre contemporain. Journée particulière, son nouveau texte qui paraît ces jours-ci chez P.O.L, vient encore le confirmer par la grâce extrême de sa quête du sensible que vient menacer la violence sourde et bientôt irréversible du monde. Après Le Scribe, son important roman publié l’an passé, Célia Houdart délaisse ici pour un temps le terrain du roman pour explorer l’étonnante histoire du photographe Alain Fonteray, son ami et voisin, qui, un jour des années 90, fut photographié sans même qu’il le comprenne sur le coup, par Richard Avedon, son photographe favori. Exploration de l’art photographique, interrogation sur la fascination et la violence des images, déflagration du sensible, quête autobiographique feutrée se mêlent dans cette enquête à laquelle Célia Houdart se livre. Inutile de dire que Diacritik ne pouvait que partir à la rencontre de la romancière pour saluer cette Journée particulière si remarquable.

Pour son sixième roman, Le Silence des dieux qui paraît aujourd’hui, Yahia Belaskri explore avec un bonheur d’écriture maîtrisé le triptyque qu’il affectionne : en « panneau central », une évocation précise de l’Algérie dans l’espace frontalier du nord et du sud à travers les gestes les plus quotidiens des habitants ; et, de part et d’autre, bousculant cette plongée réaliste, le volet légendaire et le volet poétique. Lecture et entretien avec l’écrivain.

Essentiel : tel est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier Tracer des lignes, le bref et percutant texte d’intervention que la philosophe Valérie Gérard vient de faire paraître aux passionnantes éditions MF sur la mobilisation contre le pass sanitaire. Car, depuis cet été, tous les samedis, on le sait, défile dans les rues de France un mouvement allant jusqu’à rassembler près de 300 000 personnes militant contre la mise en place d’un pass sanitaire. Mais qui compose réellement ce mouvement ? Lutte-t-il pour les libertés ou n’est-il qu’une variante d’extrême droite de la Manif pour tous qui a décomplexé l’homophobie en France ? A l’heure où l’antisémitisme règne sur les plateaux télé, cette lutte contre la dictature sanitaire et les grands groupes pharmaceutiques n’est-elle pas un nouveau tremplin pour les contre-révolutionnaires ? Autant de questions complexes et délicates que Diacritik ne pouvait manquer d’aller poser à l’autrice du déjà remarquable essai Par affinité. Amitié politique et coexistence le temps d’un grand entretien.

Qu’est-ce que traduire, par quelle opération passe-t-on d’une langue à une autre et transmet-on non seulement le sens mais le rythme, la tonalité et la peau du texte source ? Là est sans doute le point de départ de Par instants, le sol penche bizarrement qui vient de paraître, livre dans lequel Nicolas Richard explicite cette drôle d’activité qui fait du traducteur tout à la fois un écrivain, un artisan et parfois même un jongleur.

Après Matière de Léomance en 2020, Les Moutons Électriques publient en ce mois d’octobre un second omnibus des œuvres de Jean-Philippe Jaworski, Rois du Monde : un grand récit épique à la lisière de la fantasy et du roman historique, mais surtout une superbe machine romanesque d’une puissance impressionnante et emportée. Rois du monde prend pour sujet les Celtes, et plus particulièrement Bellovèse, sorti armé de la cuisse de Tite-Live, sorti remodelé du front de Jaworski qui en fait le héros de cette exploration fantastique, fantasmatique et fantaisyste de nos origines historiques, littéraires et mythiques. L’occasion de revenir avec lui sur son œuvre double, Rois du Monde comme le Vieux Royaume, et d’interroger les sentiers secrets qui mènent à la route aventureuse de ses contrées.

L’Enquête infinie est le troisième livre de Pacôme Thiellement publié dans la collection “Perspectives critiques”, dirigée par Laurent de Sutter aux PUF, après La Victoire des Sans Roi en 2017 et Sycomore Sickamour en 2018. Avec ses 552 pages, c’est de loin l’ouvrage le plus volumineux des trois – et probablement de cette collection. Le dernier chapitre de son livre précédent, Tu m’as donné de la crasse et j’en ai fait de l’or (Massot Éditions), sorti pendant l’hiver 2020 peu avant que l’épidémie de Covid-19 ne soit déclarée pandémie, s’intitulait Nous n’avons plus beaucoup de temps. On pouvait y lire que “si nous vivons un âge sombre (…), inquiétant (…), si la fin du monde c’est nous (…), la vie c’est nous. La richesse, c’est nous. La puissance, c’est nous (…). Le sens de la vie, c’est nous.” Je partage avec l’auteur de ces lignes un certain nombre de passions et d’humeurs, dont la mélancoliele mal de l’âme, comme on l’appelait dans les temps anciens. La mélancolie, moteur de l’écriture, contre la nostalgie.

Dans son essai sur Portier de nuit, le célèbre et controversé film de Liliana Cavani, Véronique Bergen suit les parti pris esthétiques, cinématographiques, politiques, éthiques de la réalisatrice italienne, se tenant au plus près des forces obscures, paradoxales, peut-être insupportables du psychisme, du désir, forces qui animent des êtres en proie aux souffles les plus violents de l’Histoire, des corps, des âmes. Entretien avec Véronique Bergen.

Indispensable : c’est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier le percutant texte de Sandra Lucbert, Le Ministère des contes publics qui vient de paraître dans la Petite Jaune de Verdier. Poursuivant avec encore plus de force le travail d’investigation ouvert dans Personne ne sort les fusils, Sandra Lucbert interroge la narration néolibérale de notre monde, ce qui en fait un récit aliénant et hégémonique sans même que nous le percevions. C’est pour sortir de ce conte, notamment sur la Dette Publique, que son texte offre les moyens ardents d’un réveil : sortir du rêve de l’autre mais avec les moyens de la littérature même, de la critique littéraire. C’est la littérature qui, plus que jamais est au cœur de son travail pour mieux se saisir du monde. Autant de questions que Diacritik ne pouvait manquer d’aller poser, le temps d’un nécessaire grand entretien, à Sandra Lucbert.

Parmi les boites de bouquinistes sur le bord de la Seine, il en est une, « La Boite 31 », qui se démarque des autres car elle est l’œuvre d’une artiste. Marie-Ange Guilleminot l’a conçue comme une expérience dans l’espace public : boite volante qui peut se déplacer à l’étranger, boite-valise qui contient des livres d’artistes (les siens et ceux de ses amis artistes), boite-rencontre où le public peut parfois devenir acteur de ses installations.