Ce qui n’était jamais arrivé, c’est d’avoir entre les mains Ce qui n’était jamais arrivé, de traverser un livre inouï qui nous révèle ce qui n’est jamais arrivé à la littérature : de se cristalliser (au sens de Stendhal) dans un livre-plus-que-livre qui nous arrive comme une grâce. Un livre dans lequel Hélène Cixous est taillée, un livre-robe qui se chahute, se bouscule, court dans les allées du Rêve.
Véronique Bergen
Nombre d’événements célèbrent l’œuvre immense de Pierre Soulages. Sous la direction de Camille Morando et d’Alfred Pacquement, préfacé par Colette Soulages, le cinquième et dernier volume du catalogue raisonné de ses peintures paraît aux Éditions Gallimard.
Entretien avec Camille Morando et Alfred Pacquement à l’occasion de la remarquable publication du cinquième et dernier tome du catalogue raisonné de l’œuvre de Pierre Soulages, dirigé par les deux auteurs ; de l’exposition : « Pierre Soulages, une autre lumière », dont Alfred Pacquement est le commissaire, qui s’ouvre au musée du Luxembourg ; de la parution du livre, Pierre Soulages. Peintures sur papier, signé Alfred Pacquement, qui accompagne l’exposition.
Véronique Bergen n’écrit pas une biographie de Zoë Lund, pas plus qu’elle ne s’inspire de celle-ci pour un « personnage ». Voyage avec Zoë Lund construit une « figure », met en évidence une forme de puissance pour l’écriture d’un discours poétique et éthique.
Auteur de romans, d’essais décisifs sur le cinéma, critique de cinéma, vivant entre Paris et Berlin, Jérôme d’Estais délivre avec Ange solitaire un roman de toute beauté, construit comme un road movie autour de la figure flamboyante de Zazie de Paris.
Golem, enfance, mystique, poupées, langage, corps : Féerie, ma perte est une poésie démiurgique autant que de la chute, métaphysique autant que pornographique. Entretien avec Paloma Hermina Hidalgo.
Entre contes de fées, théâtre des ogres et des poupées, poétique de la démesure et autopoïèse du langage, Paloma Hermina Hidalgo construit des chants où le floral et le panique jaillissent des ruines.
S’inscrivant dans le sillage du spectacle Le Vertige Marilyn, le livre Du côté de chez Marilyn a été écrit à quatre mains, par Isabelle Adjani et Olivier Steiner. À six mains plus exactement, dès lors que la voix de Marilyn Monroe compose la basse continue, la basso ostinato de la rencontre.
Hélène Cixous pond un livre-œuf renversant, renversé, un livre qui est déjà une poule, une confrérie de gallinacés auprès desquels Ève la mère, le bien-aimé, Jacques Derrida, l’Algérie, reviennent. Onze œufs volant en toute liberté nous attendent, onze textes qui emportent la littérature dans une vitesse visionnaire.
Le rire de la Méduse a traversé bien des décennies avant de nous parvenir, franchi le col du XXIème siècle, erré dans des régions inconnues avant de nous revenir en 2024, près de cinquante ans après son apparition. Initialement paru en 1975 dans le numéro 61 de la revue L’Arc consacré à Simone de Beauvoir et la lutte des femmes, le texte-manifeste d’Hélène Cixous a déraciné le confort de la pensée féministe, décoiffé la figure de Simone de Beauvoir, livré une pensée radicalement neuve de l’écriture-corps féminine.
Poète, essayiste, auteur d’une œuvre exigeante, traducteur, directeur de la revue L’Étrangère, éditeur, Pierre-Yves Soucy est aussi le créateur d’une œuvre graphique sous-tendue par un questionnement qui prolonge son œuvre poétique. Entretien avec Pierre-Yves Soucy réalisé par Véronique Bergen.
Incendire. Le livre d’Hélène Cixous effectue ce que le titre annonce, il incendie-incendit le réel, la littérature, il propage un brasier verbal qui élève la langue au rang de phénix, de création immunisée contre son devenir cendres.
Ouvrant la saison 2023-2024 de La Monnaie, à Bruxelles, Cassandra, le premier opéra du compositeur Bernard Foccroulle, revisite le personnage mythique de Cassandre et en produit une relecture éminemment actuelle en l’abordant sous l’angle de l’activisme écologique.
Rien ne ressemble plus à des mots que des phrases qui reconduisent leur sempiternel métier d’écrire. Sauf lorsque, dans l’imprévisible de la découverte, une jeune autrice bouleverse le régime de la langue, de la pensée, de la sensation.
Livre-océan, livre-mer, Écume ne peut être que polyphonique, métamorphique, en prise avec un nomadisme, un flux qui est celui de l’écriture autant que de la vie. Écrivant une fiction en écho au Moby Dick de Melville, Véronique Bergen élabore selon un montage complexe un livre qui est autant de dénonciation, de critique, que le chant d’une éthique possible de notre temps. Entretien avec Véronique Bergen.