Les Filles de Monroe, 45e livre du post-exotisme, est l’histoire d’un malade psychiatrique (ou peut-être deux malades) qui, sous la pression du Parti, doit entrer en contact avec les filles d’un dissident politique par le biais du chamanisme. Ce chaman-commando, racontée selon la puissance et l’humour du désastre, est l’occasion d’explorer l’espace noir d’après la mort, les territoires du rêve et de la révolte, les franges où se brouillent les contours du monde. Exemplifiant encore une fois les principes poétiques de l’œuvre post-exotisme, ce livre est l’occasion d’un grand entretien avec Antoine Volodine, auteur de l’une des œuvres les plus singulières et les plus importantes de la littérature contemporaine.

Ici, la Béringie, le premier roman de Jeremie Brugidou, est un livre puissant et pluriel, porteur d’un imaginaire et de thèmes qui résonnent avec des questions fondamentales d’aujourd’hui : l’écologie, le rapport au monde, à l’animal, les catastrophes planétaires, l’invention d’imaginaires nécessaires à d’autres existences sur Terre, le capitalisme, le colonialisme… Entretien avec Jeremie Brugidou.

Le désir de modifier le regard que l’on porte sur les migrants a réuni deux artistes autour d’un projet intitulé « Borders ». Les textes sont de Wilfried N’Sondé et les photographies de Jean-Michel André, le tout se conjugue dans une réflexion très digne et juste sur l’exil. Ce travail à quatre mains est exposé pendant l’été aux Rencontres d’Arles.

Comme Jacques Dubois l’a souverainement défini dans un article paru sur Diacritik, le volume La Pléiade/Gallimard consacré aux romans et à la poésie de Jean Genet est une pépite éditoriale. D’une part, parce que Genet est Genet est Genet, un des astres les plus sidérants des Lettres françaises. D’autre part, parce que l’édition de ce volume établie, annotée, commentée par Emmanuelle Lambert et Gilles Philippe, avec l’aide d’Albert Dichy, nous donne à lire les originaux, les textes non expurgés.

Indispensable : tel est le mot qui vient immédiatement pour qualifier l’essai sur l’intersectionnalité que viennent de faire paraître Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz. Dans un livre aussi brillant que limpide, les deux sociologues reviennent avec mesure et force sur la notion d’intersectionnalité qui est au cœur de tous les débats depuis quelques mois. Loin des vociférations médiatiques et éditorialistes qui en dénaturent la définition, Pour l’intersectionnalité revient sur la puissance critique que la notion peut donner aux sciences sociales et montre que l’intersectionnalité donne à comprendre autrement la marginalisation et l’oppression dans nos sociétés. Diacritik ne pouvait manquer d’aller à la rencontre des deux sociologues à l’occasion d’un grand entretien.

Alexis Weinberg vient de publier Le Détour aux éditions Gallimard, un premier roman qui vibre d’une voix véritablement nouvelle. On peut le lire comme le voyage initiatique d’un homme qui part à la recherche d’une réponse à donner à la lettre que sa compagne lui a adressée. Mais les détours sont nombreux et Diacritik est parti à leur découverte pour les évoquer avec leur auteur le temps d’un grand entretien.

À l’occasion de la parution de ses archives personnelles, Une révolution culturelle, et afin de saluer en ce jour de la Fête de la Musique son créateur, Jack Lang, l’ancien ministre de la culture de François Mitterrand, porte un regard sur la terrible période que nous traversons en nous faisant part de ses réflexions sur ce dont la Culture a besoin pour habiter nos vies, notamment Le Parlement des Créateurs qu’il appelle de ses vœux. Alors, Jack Lang, où est le cool ?

Artiste nomade, Maral Bolouri quitte l’Iran post-révolutionnaire à l’âge de 26 ans pour la Malaisie puis s’installe au Kenya. En 2017, elle y remporte le prestigieux prix sud-africain Absa L’Atelier, en 2017, associé à une résidence à la Cité internationale des arts à Paris. La France l’a choisie, dit-elle. Elle s’y installe et obtient son permis de séjour.

Disons-le sans attendre : Romain Huët signe avec De si violentes fatigues un très grand livre. Après le remarquable Vertige de l’émeute qui se concentrait sur les cortèges de tête en manifestation, Huët poursuit un peu plus avant la sociologie charnelle de nos temps déchirés d’impuissance et de panique mêlées en choisissant de s’intéresser à ceux que la société nomme les épuisés, les malheureux et les fatigués. Loin d’en faire une victime amorphe, l’essayiste lit la figue de l’épuisé comme le stade premier d’une révolte qui engage la société dans un nouveau devenir politique dont elle doit se saisir. Autant de perspectives sociales que Diacritik ne pouvait manquer d’aller creuser avec son auteur le temps d’un grand entretien.

Dos, pensée (poème), revenant de Jacques Jouet et Nous allons perdre deux minutes de lumière de Frédéric Forte paraissent respectivement en 2019 et 2021 aux éditions P.O.L. Membres de l’Oulipo, les deux auteurs intègrent différentes contraintes dans leur travail d’écriture. Entretien avec Frédéric Forte et Jacques Jouet.

Sylviane Coyault s’entretient avec Jean-Christophe Bailly, notamment autour du Parti pris des animaux dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».

Hypnotique, puissant et amusé : tels sont les mots qui viennent spontanément à l’esprit pour qualifier le 3e et nouvel album d’Institut. Formation pop initiée par Arnaud Dumatin avec son comparse Emmanuel Mario, accompagnée cette fois de la suave voix de Nina Savary, Institut produit une pop inquiétante, qui vient adresser autant de questions au néomanagement dans lequel chacun vit, qu’il le veuille ou non.

Stéphane Habib s’entretient pour Diacritik avec les philosophes Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly autour de leur remarquable essai, L’Adversaire privilégié. Heidegger, les Juifs et nous paru chez Galilée qui avance avec force l’idée selon laquelle la fameuse pensée de l’Être de Heidegger repose en vérité sur une forclusion du judaïsme. Indéniable forclusion des Juifs qui n’est pas sans entretenir une affinité avec certains motifs des questionnements postcoloniaux.