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La vie après Bowie est plus difficile encore qu’après Jésus-Christ, même pour les gens du Telegraph — c’est dire — qui dans ma jeunesse ne le mentionnaient que du bout des lèvres.
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La vie après Bowie est plus difficile encore qu’après Jésus-Christ, même pour les gens du Telegraph — c’est dire — qui dans ma jeunesse ne le mentionnaient que du bout des lèvres.
Amaury da Cunha — Amaury — m’a envoyé par courriel quatre de ses photographies. C’est toujours flatteur une photographie vue sur un moniteur avec sa lumière, cela donne du relief qui, sans doute, nous trompe. J’aurais aimé les voir dans la réalité, apprécier le papier choisi par Amaury da Cunha — Amaury —, considérer les rendus, jauger le format pour, enfin, sentir l’émanation de l’énergie issue de ses photographies — il s’agit bien de cela.
J’ai commencé à pratiquer la photographie à l’adolescence. Je désirais faire des films mais mes parents n’avaient pas de caméra. Je voulais raconter des histoires, j’essayais de créer des images qui fassent passer des sensations. J’ai réellement appris en photographiant les concerts de groupes d’amis. J’essaie d’explorer les possibilités que peuvent offrir les appareils, les pellicules. Pour cette série aux États-Unis, j’ai voulu photographier autant l’aspect road que l’aspect trip, que le résultat ne soit pas de simples paysages mais aussi des visions, des songes.
Frank Smith en toutes lettres de A comme Rimbaud à Z comme zagzig.
Vers l’usine ? Au moment où j’ai entamé mes études de philosophie, mon père est mort. J’avais 18 ans. Quasiment la même année, Deleuze s’est suicidé. Double lâchage aux implications radicalement différentes.
J’ai très peu de souvenirs d’enfance. Quasiment aucun. Et ils sont très confus. Mais je sais avec certitude que parmi mes premières images se trouvent des images de télévision. Plus précisément je ne crois pas me rappeler de quoi que ce soit d’autre antérieur à la séquence post-générique de la série Les Champions. L’histoire de ma mémoire commence en 1977 par la démonstration d’un super pouvoir : le sauvetage in extremis d’une camionnette.
« Génie du lieu », « inventeur d’Amérique » et « découvreur d’écriture : de La Modification à Transit, en passant par Mobile et Matière de rêves, Michel Butor auquel Frédéric-Yves Jeannet adressait la semaine dernière sa lettre anthume, n’a cessé, au gré de ses voyages au Japon, aux États-Unis, en Australie, de faire bouger l’écriture, de la mener, elle aussi, aux antipodes.
à Michel Butor
Tu es mon dernier père vivant. Tu sais peut-être que David Bowie vient de mourir, en ce début d’année, deux jours après son soixante-neuvième anniversaire, mais il n’était pas vraiment pour moi un père, plutôt un grand frère & demi-dieu lointain, inaccessible dans une sorte d’Olympe. Il ne me reste que toi.
L’art de faire des photographies est-il si éloigné de celui qui consiste à mesurer le poids des choses ? Enregistrer non seulement la masse et le volume mais donner à ressentir le poids, transférer la sensation de ce qui pèse sur un corps — ou de ce qu’un corps pèse — en une forme visuelle, avec ses tonalités, ses contours…. La photographie est une des formes de l’acrobatie, un défi lancé aux principes de la gravité : un exercice de trapèze.
L’exposition de Smith à la galerie Les Filles du calvaire, à Paris, (jusqu’au 27 février), qui comporte deux volets, TRAUM et Spectrographies, est traversée par le thème des fantômes. On avait laissé Smith, né en 1985, avec la série Löyly, présentée aux Rencontres d’Arles en 2012, qui comportait un aspect bio-documentaire, et qui n’était pas sans évoquer Nan Goldin. On le retrouve armé d’une caméra thermique et proposant une fiction multidisciplinaire et fragmentaire. Entretien par Charlotte Redler et Isabelle Zribi.
La publication d’un essai dans la belle collection d’Éric Vigne est toujours un événement, et le livre d’Hélène Merlin-Kajman, professeur de littérature du XVIIe siècle à l’université Paris III, ne fait pas exception. Il y a là à n’en pas douter un essai qui fait débat et suscite l’envie de discuter.
Hugo Henry, photographe, est parti en Écosse durant trois mois, depuis son adolescence attiré par cette région sans trop comprendre pourquoi : « A la fin de mes études je voulais prendre le temps de construire un reportage photographique. J’avais comme seul but de découvrir ces Écossais, si fiers de perpétuer le travail manuel en ce XXIe siècle.
Le fait d’avoir découvert cette photographie exposée dans une abbaye bénédictine a-t-il aiguillonné mon regard ? Peut-être pas ;
Si, je suis constamment choqué. Lisez donc mes livres, c’est un amoncellement de millions de chocs. C’est un alignement non seulement de phrases, mais d’impressions de choc, Thomas Bernhard.