« Les arbres sont. Dans le ciel et contre lui. Épandus, écartelés en dentelles savantes. La terre les porte, ils dessinent sur elle, sur sa peau ancienne, des signes, des architectures ; la terre les nourrit, ils puisent et fouillent en elle, enfoncés ; ensuite ils sont dans le ciel et contre lui se tendent. Ils s’affolent parfois, quand l’orage d’été les prend, quand les pluies froides de novembre hachent les dernières feuilles cuivrées.

Je peux crier, sans savoir pourquoi je crie, sans douleur réelle. J’attends d’être seul, et j’extrais du corps ce long hurlement jusqu’à l’entendre. Je rentre chez moi en catastrophe, et je me réfugie dans le salon, à la fin de l’après-midi, avec ce besoin imminent d’exploser. Un instant, je demeure là, comme abandonné, incapable de m’asseoir. Je ne forme aucune pensée, et aucun grief contre l’existence, mais je laisse échapper cette plainte animale.

En dépit des apparences, « Retour d’un chien » est un texte sans auteur ; ou, du moins, un texte dont l’autorité ou la paternité se voit diffractée dans des relais multiples. Car sans le savoir, ils sont nombreux à avoir écrit ce texte — dans des langues différentes, à des années, voire des siècles d’écart parfois —, et à pouvoir ainsi s’en disputer l’autorité. Que je leur laisse ou leur rends bien volontiers.

Jour de lancement des commémorations du 150e anniversaire de la mort de John Brown, le 9 mai, anniversaire de sa naissance ; le public regardant et écoutant la conférence de J. W. Wiley, la chanson de Sandra Weber, le chanteur anti-esclavagiste Jim Mandracchia, l’auteure et réalisatrice de film Libby MacDonnald, et Brad Hurlbust lisant la dernière lettre de John Brown à sa femme Mary ; à John Brown Farm Historic Site, North Elba, NY, 2009.

« Un cours c’est quelque chose qui se prépare énormément. Si vous voulez cinq minutes, dix minutes d’inspiration, il faut préparer beaucoup, beaucoup, beaucoup », affirme Deleuze dans l’Abécédaire. La préparation des cours chez Deleuze est souvent rapprochée d’une série de pratiques artistiques : « Un cours ça se répète. C’est comme au théâtre… c’est comme dans les chansonnettes, y a des répétitions ».

Restauré par la compagnie Cinelicious Pics et présenté actuellement dans les salles américaines, Belladonna of Sadness (1973) est un des chefs-d’œuvre de l’animation japonaise. Baroque, érotique et psychédélique, le film est produit par le parrain de l’animation japonaise de style manga Osamu Tezuka et réalisé par son collaborateur Eiichi Yamamoto.