« Les arbres sont. Dans le ciel et contre lui. Épandus, écartelés en dentelles savantes. La terre les porte, ils dessinent sur elle, sur sa peau ancienne, des signes, des architectures ; la terre les nourrit, ils puisent et fouillent en elle, enfoncés ; ensuite ils sont dans le ciel et contre lui se tendent. Ils s’affolent parfois, quand l’orage d’été les prend, quand les pluies froides de novembre hachent les dernières feuilles cuivrées.
Auteur : Philippe Bazin
Je peux crier, sans savoir pourquoi je crie, sans douleur réelle. J’attends d’être seul, et j’extrais du corps ce long hurlement jusqu’à l’entendre. Je rentre chez moi en catastrophe, et je me réfugie dans le salon, à la fin de l’après-midi, avec ce besoin imminent d’exploser. Un instant, je demeure là, comme abandonné, incapable de m’asseoir. Je ne forme aucune pensée, et aucun grief contre l’existence, mais je laisse échapper cette plainte animale.
En dépit des apparences, « Retour d’un chien » est un texte sans auteur ; ou, du moins, un texte dont l’autorité ou la paternité se voit diffractée dans des relais multiples. Car sans le savoir, ils sont nombreux à avoir écrit ce texte — dans des langues différentes, à des années, voire des siècles d’écart parfois —, et à pouvoir ainsi s’en disputer l’autorité. Que je leur laisse ou leur rends bien volontiers.
Dans le cadre de « Foot For Freedom » organisé par Les Dégommeuses, la série Lolendo est exposée du 9 au 26 juin 2016 à la Halle aux Oliviers de la Bellevilloise 19-21 Rue Boyer, 75020 Paris.
Jour de lancement des commémorations du 150e anniversaire de la mort de John Brown, le 9 mai, anniversaire de sa naissance ; le public regardant et écoutant la conférence de J. W. Wiley, la chanson de Sandra Weber, le chanteur anti-esclavagiste Jim Mandracchia, l’auteure et réalisatrice de film Libby MacDonnald, et Brad Hurlbust lisant la dernière lettre de John Brown à sa femme Mary ; à John Brown Farm Historic Site, North Elba, NY, 2009.
avec la conviction, ou l’intuition, ou l’impression, que l’un n’est jamais l’un, qu’une phrase cache une phrase, qu’une parole ne se résume pas à une parole, que quelqu’un n’est pas ce qu’il semble être ou veut montrer qu’il est, ne dit pas tout à fait ce qu’il dit qu’il dit. Que ce que je vois n’est pas ce que je vois.
Derrida a-t-il été antispéciste ? Répondre à cette question consiste surtout à lire sa philosophie à partir du point de vue animal. Telle est peut-être la révolution qu’il a tentée de faire, en philosophie, comme aucun autre penseur.
Sur le lieu de la mort de Macbeth tué par le fils de Duncan, Dufftown, Écosse, 2002.
« Un cours c’est quelque chose qui se prépare énormément. Si vous voulez cinq minutes, dix minutes d’inspiration, il faut préparer beaucoup, beaucoup, beaucoup », affirme Deleuze dans l’Abécédaire. La préparation des cours chez Deleuze est souvent rapprochée d’une série de pratiques artistiques : « Un cours ça se répète. C’est comme au théâtre… c’est comme dans les chansonnettes, y a des répétitions ».
Remarquable par sa chevelure couleur d’or-pâle, elle appartient à ce genre de femmes nommées, sans doute en mémoire d’Ève, les blondes célestes, et dont l’épiderme satiné ressemble à du papier de soie appliqué sur la chair, qui frissonne sous l’hiver ou s’épanouit au soleil du regard, en rendant la main jalouse de l’œil.
Les tracteurs arrivaient par les routes, pénétraient dans les champs, grands reptiles qui se mouvaient comme des insectes, avec la force incroyable des insectes. Ils rampaient sur le sol, traçaient la piste sur laquelle ils roulaient et qu’ils reprenaient.
Écrire n’est pas écrire. Écrire n’est pas ça, n’est pas l’idée même d’écrire, de former des lettres, des mots, des signes.
Restauré par la compagnie Cinelicious Pics et présenté actuellement dans les salles américaines, Belladonna of Sadness (1973) est un des chefs-d’œuvre de l’animation japonaise. Baroque, érotique et psychédélique, le film est produit par le parrain de l’animation japonaise de style manga Osamu Tezuka et réalisé par son collaborateur Eiichi Yamamoto.
Ce matin, le soleil est tel qu’un disque blanc dans ces ciels d’huile ou de pétrole, de drapés pourpres.
(C’est salement beau), j’écris.