En 1886, dans un conte amer aux nombreuses connotations philosophiques et religieuses, Léon Tolstoï montrait comment, en peignant le portrait désabusé d’un paysan russe cédant aux sirènes du productivisme et à la tentation de la l’expansion agricole, elle pouvait mener celui-ci à sa perte. En adaptant Ce qu’il faut de terre à l’homme, Martin Veyron, inoubliable auteur de L’amour propre (ne le reste jamais très longtemps) et de Marivaudevilles, livre un album au dessin rond et généreux qui sublime le texte de l’écrivain russe.

Guillaume Bouzard est très certainement l’un des auteurs les plus drôles de la bande dessinée actuelle. L’auteur de Mégabras, de Moi Bouzard, de Mum is dead (entre autres) enchaîne les collaborations avec Fluide Glacial, Spirou, Le Canard Enchaîné, So Foot, Libération et collectionne les récompenses : prix Jacques Lob, Grand Prix Quai des bulles, prix Schlingo… Il était donc logique qu’il s’attelle à une tâche plutôt ardue : « célébrer » à sa manière le centenaire de la bataille de Verdun avec une BD poilue et poilante…

Auteur de bandes dessinées, Cyril Pedrosa lance avec Tangui Jossic un appel à financement participatif en vue de concrétiser un projet artistique ambitieux nommé Panorama : la réalisation d’un leporello, une image repliable en 6 volets (première publication des éditions La Vie moderne que l’auteur de Portugal et Les Équinoxes va créer cette année).

C’est ce que l’on appelle pudiquement une « question sensible ». Et, du fait de deux médias (Le Journal du Dimanche fin janvier et Le Parisien dans son édition du 12 février 2016), une question qui fâche. Dans un brillantissime billet intitulé « Un sondage pour Auschwitz » publié sur Slate.fr, l’auteur de La Métaphysique du hors-jeu et d’Un Juif en cavale démonte le questionnement — et pointe les résultats plutôt effrayants du sondage — avec humour, acidité et noirceur.

Il y avait de quoi voir, lire, dire et écrire la semaine dernière. Revue d’effectifs avec ce Papier à Bulles premier du genre sur Diacritik (et ailleurs) : où l’on parle d’Angoulême, des lectures passées (de Titine à Dennis Lehane en passant par Fred Bernard) et du premier épisode de la saison 10 d’X-Files…

Il y a neuf ans, j’écrivais une chronique funèbre pompeusement intitulée «Nécro spirituelle». Le 15 janvier dernier, alors que René Angélil venait juste de passer de vie à trépas la veille au soir, aucune nouvelle célébrité n’était morte à peine le jour levé. Devant le spectacle des commentaires sur la fatalité morbide de ce début d’année, j’en ai profité pour réécrire ce billet sur la camarde qui semble prendre un malin plaisir à dézinguer les idoles qui n’iront pas plus loin que leur 69e anniversaire.

En 2011, Delitoon « inventait une nouvelle façon de lire de la BD sur Internet ». Quatre ans plus tard, à la veille de l’ouverture du Festival d’Angoulême, le site qui a importé en France le concept des webtoons coréens fait peau neuve. Une évolution, une refonte ? « Une naissance », explique Didier Borg, éditeur de bandes dessinées et créateur de Delitoon.