Depuis samedi, Diacritik vous propose de découvrir en avant-première trois histoires inédites tirées de Pandora à paraître le 13 avril. Aujourd’hui : Gilles Dal & Johan De Moor, Le résumé.
Dominique Bry
Le premier numéro de Pandora, nouvelle revue estampillée 100% BD éditée par Casterman, est annoncé en librairie le 13 avril 2016. Jusqu’à mercredi prochain, Diacritik vous propose de découvrir en avant-première trois histoires inédites. Aujourd’hui : François Ravard.
Détruite au début des années 80, il ne reste de Haddon Hall que quelques photographies devant lesquelles pose un artiste aux cheveux longs encore méconnu, sinon incompris. Avant Stupor Mundi qui vient de paraître, en 2012 Néjib faisait de Haddon Hall le narrateur inattendu d’un roman graphique intimiste et pop. Pour raconter, entre 1969 et 1971, la vie de son illustre locataire et comment dans ce lieu David Robert Jones inventa Bowie.
A l’instar d’Hélène et les Garçons qui pour Fabrice Luchini était « du Rohmer réussi », on mésestime trop souvent ces joyaux d’humour brut et lapidaire que sont les shortcoms hexagonales qui sévissent sur les chaines françaises à l’heure du dîner et de l’arrêt de la publicité sur le service public et se livrent une concurrence féroce sur le créneau du rire bienvenu après une dure journée de labeur.
Parce qu’« un bon titre, c’est un titre qu’on ne voit pas » (Claire Carrard, éditrice), parce que l’exercice est difficile et parfois à double tranchant, et si les jeux de mots n’étaient pas des pets de l’esprit, mais plutôt de Damoclès ? En rassemblant des titres et surtitres d’articles, de unes ou de brèves parus entre 1973 et 2015 dans le quotidien Libération, Hervé Marchon a non seulement synthétisé ce qui relève déjà de la réduction, du raccourci qui fait sens, mais il a surtout mis en lumière ce qui est la signature Libé : un art certain du titre.
M.E.L., un acronyme qui résume et définit la nouvelle aventure de Michel-Édouard Leclerc, PDG de l’enseigne de grande distribution qui porte son nom. Entretien avec le bédéphile, collectionneur et promoteur des arts qui refuse le terme de mécène et se définit comme un « militant, passionné et engagé auprès des artistes ».
Deux ans après le « coup de sang », Enki Bilal revient sur ses trois derniers albums formant un cycle littéraire et graphique placé sous le signe des éléments : Animal’z, Julia et Roem, La couleur de l’air. L’eau, la terre, l’air. Sur une planète de cendres et de sang. Entretien vidéo.
Foisonnant, coloré, dense, luxuriant, les superlatifs ne manquent pas pour décrire le nouveau roman graphique de Craig Thompson, Space Boulettes (« Space Dumplins » en version originale). Treize ans après Blankets, cinq ans après Habibi, Craig Thompson est de retour avec un space opéra, conte pour enfants et relecture de Star Wars, Alien, Battlestar Galactica ou Lost in Space…
Prochainement sur Diacritik : Enki Bilal, « La trilogie des éléments »
Ex-Docteur Who ou Alex Hardy dans Broadchurch, David Tennant est aussi méconnaissable en député blond et rigide qu’Emily Watson est aux antipodes de ses rôles dans Breaking the waves ou Gosford Park. Dans Le Mari de la ministre, diffusée ce jeudi 10 mars sur Arte à 20h55, ils incarnent un couple animal et politique, dont les destins publics épousent l’histoire privée. Jusqu’à la rupture.
Né Endre Ernő Friedmann, Robert Capa est l’un des plus célèbres photographes de guerre(s) au monde. Sa vie a épousé la mort, de la guerre d’Espagne qui l’a fait connaître, à la guerre d’Indochine qui lui a coûté la vie. Dans Capa, L’étoile filante, Florent Silloray raconte le photographe et l’hédoniste, fondateur de l’agence Magnum et éternel déraciné, qui s’est forgé une légende grâce au nom que Gerda Taro lui avait trouvé.
Serge Gainsbourg aurait eu 88 ans le 2 avril prochain. Mais il est mort il y a 25 ans, le 2 mars 1991. On l’imagine mal, de toute façon, atteindre cet âge respectable, eu égard à sa diététique à rebours, à base de nicotine et de 102… Hommage en quelques livres qui reviennent sur un parcours d’exception ou, comme Johan Sfar, font de la légende Gainsbourg une part de leur univers.
Il a fallu attendre la réunification des deux Allemagne pour que le paragraphe 175 du Code pénal allemand qui condamnait l’homosexualité masculine soit définitivement aboli. Durant la seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d’homosexuels ont été arrêtés et déportés en vertu d’un article de loi. Ils étaient forcés d’arborer un «triangle rose». De ce fait historique, Michel Dufranne a tiré un puissant roman graphique : « pour parler de ce dont on ne parle pas souvent. Voire jamais. Des persécutions des homosexuels avant, pendant et après la seconde guerre mondiale ».
Agoravox en 2005, Rue89 en 2007, Mediapart en 2008… En proposant à leurs lecteurs des contenus fournis par des rédacteurs « non professionnels » n’ayant ni carte de presse ni contrat de travail – et encore moins de rémunération – mais une simple connexion Internet (et un abonnement payant pour Mediapart), les tenants du journalisme citoyen, prompts à dénoncer aujourd’hui l’uberisation de l’économie voire de la société tout entière, ne seraient-ils pas les pionniers du phénomène ? Et de fait les médias en ligne n’ont-ils pas inventé l’uberisation du journalisme sous couvert du participatif ?
Hier, deux articles m’ont remis en mémoire une chronique écrite il y a plus d’un an, peut-être même deux…