En lien avec le 29e Salon de la Revue qui se tient le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Baptiste Jopeck et Pauline Rigal autour de leur splendide revue Les Saisons.

Indubitablement, Icebergs de Tanguy Viel, qui paraît aujourd’hui aux éditions de Minuit, s’impose comme un livre clef des années 10. Après la splendide Disparition de Jim Sullivan et le fulgurant Article 353 du code pénal, Tanguy Viel interroge ici l’écriture elle-même et enquête sur cette puissance qui tourne incessamment en lui, entre vide et mélancolie, et qui ne cesse de l’habiter entre deux romans.

En prélude au 29e Salon de la Revue qui se tiendra le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de Yannick Kéravec et Hugo Pradelle, organisateurs de cet événement clef dans la vie des revues. L’occasion pour Diacritik de les interroger sur la riche programmation de cette année placée notamment sous le signe de l’effervescence critique et de l’investigation politique.

Il y a deux manières d’aborder la lecture des Écœurés de Gérard Delteil qui paraît au Seuil le 9 mai : en réprimant un mouvement de recul devant le bandeau promotionnel jaune qui proclame qu’un gilet de la même couleur est mort ou, piqué par la curiosité, en espérant que ce roman noir n’est pas que le fruit d’un opportunisme éditorial en 25 actes de manifestations hebdomadaires en chasubles de haute visibilité.

C’est l’intelligence d’une époque qui, progressivement, nous quitte : ce fut d’abord, de trop loin, Barthes puis ce fut Jean Rousset, ensuite Eco, ensuite Doubrovsky, bientôt Genette et à quelques jours de distance maintenant, Jean Starobinski et Jean-Pierre Richard. Cette intelligence d’une époque, c’est avant tout et surtout l’intelligible d’un temps qui a su trouver de la parole critique son destin sensible, celui d’accompagner le présent.

Lorsque la poésie et les photos se mettent à discuter entre elles, même très poliment, quel rôle le spectateur/lecteur joue-t-il ? De quelle manière est-il impliqué ? Selon quelles modalités ? Quel sens doit-il privilégier ? Ne doit-il pas paradoxalement essayer d’avoir les yeux à l’écoute, et ainsi être capable d’être rivé à l’échange qui se tisse de la poésie à la photo ? C’est ce que réclame La Lecture de Jan Baetens, accompagnée des photographies de Milan Chlumsky. 

Sans doute Flaubert n’imaginait-il pas en écrivant Madame Bovary qu’un jour Homais, l’apothicaire bavard d’Yonville, sauterait le pas et que, près d’un siècle et demi plus tard, de simple personnage et parlure folle ressassant toutes les idées reçues de son époque, il deviendrait à son tour un jour romancier. Sans doute Flaubert n’aurait-il pas ainsi osé imaginer que, prenant la plume, Homais romancier serait ainsi, à l’horizon des années 10, spectaculairement admiré de tous et qu’il aurait, pour l’occasion, pris une nouvelle identité : Michel Houellebecq.

Petites putes, petits culs, grosses salopes et pédales

Imaginez que vous êtes dans votre salon. La sonnette retentit. Vous ouvrez la porte. Un homme entre, s’installe en face de vous, vous raconte sa vie. Il vous raconte qu’il a eu des relations sexuelles avec des « petits culs » dont « un petit cul de black » qui s’appelle « Tam » (p. 182). Ensuite, il vous raconte qu’il a rencontré aussi dans sa vie quelques « grosses salopes » (pp. 23, 33, 250, 259).

Dans le sillage du très riche 28e Salon de la Revue qui vient de se tenir, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de jeunes revues exigeantes qui renouvellent en profondeur le paysage littéraire. A l’image de la dynamique Daïmon, revue de singularités littéraires, dirigée par Raluca Belandry que nous avons rencontrée le temps d’un entretien.