Jour Un – Mardi 13 mai 2025.
L’ouverture du festival de Cannes, c’est toujours l’éveil d’une belle endormie, la ville se remplit de personnes arborant badges, caméras, robes de princesse, et Cannois qui souvent râlent. Tout cela à toute heure du jour et de la nuit.
Et puis des questions bruissent dans le palais des festivals : que va chanter Mylène Farmer à l’ouverture ? Leo DiCaprio va-t-il monter les marches ? Questions centrales dans ce microcosme en huis-clos qui oublie que tout le reste du monde s’en fout.
Et pourtant, des tentatives pour parler de l’actualité, il y en a eu en cette soirée.
Dans cette montée assez peu glamour finalement, beaucoup portaient des pin’s aux couleurs palestiniennes.
Juliette Binoche, présidente du jury de la compétition officielle, dans son discours, a évoqué la mort sous les bombardements israéliens de la jeune photographe gazaouite Fatima Hassouna, protagoniste principale du documentaire Put Your Soul On Your Hand And Walk de la réalisatrice Sepideh Farsi, le film faisant partie de la sélection du film à Cannes
Mais cette incursion de la réalité est rapidement balayée par le maître de cérémonie – Laurent Lafitte – pressé de rendre hommage au (grand) David Lynch.
Comment faire pour concilier la joie de voir autant de créateurs au même endroit, la hâte de découvrir leurs œuvres, l’excitation d’enfant pour cet univers de paillettes, et ce qui se passe ?
Sommes-nous collabos d’être émerveillés ? Sommes-nous désabusés d’être désespérés ?
Après cette longue cérémonie, un film : Partir un jour d’Amélie Bonnin, avec Juliette Armanet, chanteuse et actrice. Premier film de la réalisatrice, information rabâchée jusqu’à l’excès pour se racheter. De quoi ?
Comédie chantante sur l’amour de jeunesse retrouvée. Sorte de romcom à la française.
Puis, il est 21h dans la rédaction où je travaille, et soudain la question de cette stagiaire qui vient me voir : « J’ai le droit de mettre en avant sur les réseaux sociaux un extrait des marches où l’on voit les drapeaux palestiniens ? »
Un faux huis-clos, de faux enjeux, et une vraie Histoire.