En partenariat avec Diacritik et Remue.net, Camille de Toledo présentera, de septembre 2016 jusqu’à juin 2017, à la Maison de la Poésie de Paris un cycle de dix lectures-conférences intitulé « Une Histoire du Vertige ».
Véronique Bergen, entretien avec Emmanuèle Jawad, Création et politique, 1.
Lors d’entretiens que j’ai réalisés sur «création et critique», un glissement s’est opéré dans les échanges de la critique (littéraire) vers le politique. Quels enjeux critiques et politiques traversent le travail d’écriture ? Un nouveau cycle d’entretiens s’ouvre sur cette question, cette fois dans Diacritik, avec différentes auteures.
Attentats de Nice, état d’urgence, médias, politique. C’est la dernière avant les vacances de la revue de presse du chutier.
Ils sont vingt. Tous philosophes ou pour le moins anthropologues. Vingt qui, au temps où ils fréquentaient la rue d’Ulm, étaient communistes — des communistes plus que critiques. Vingt qui furent parmi les meilleurs élèves de Louis Althusser ou ont pour le moins suivi son cours sur Rousseau. Vingt qui partagèrent son amitié intelligente et généreuse. Vingt en somme dont Althusser fut le caïman vénéré en cette ENS de la rue d’Ulm vers laquelle beaucoup dans le monde avaient les yeux tournés. Vingt qui connurent dans cette même ENS des années d’enchantement et virent passer Foucault, Derrida et Lacan. Vingt enfin dont Wald Lasowski recueille aujourd’hui les témoignages à propos de celui qui fut, avec l’Italien Gramsci, le plus grand interprète de Karl Marx au XXe siècle.
raconter ce mystère, raconter le mystère, raconter le temps, raconter les âges, raconter nos histoires, les regards, les paroles, les gestes, raconter la lumière, l’eau, l’herbe, raconter la neige, raconter le silence, la nuit, raconter les jours,
Lorsqu’on évoque les écrivaines algériennes, le pluriel est rarement au rendez-vous et, au mieux, un seul nom surgit dans la conversation, celui d’Assia Djebar, son élection à l’Académie française ayant étendu sa notoriété.
En un peu plus d’un an, Alexandra Huard a publié trois trésors. Trois livres illustrés, d’une lumière si intense que son irisation reste imprimée sur la rétine longtemps après en avoir parcouru les pages. Trois albums d’images rémanentes d’un voyage qui reste à accomplir.
La pratique du réseautage social est riche d’enseignements (parfois jusqu’à la lie) et l’importance prise par les Facebook, Twitter, Instagram et autres Snapchat, Linkedin et plus récemment Litsy dans la vie de tous les jours n’est plus à démontrer. Mais ces derniers temps, avec la montée en puissance de la compétition entre les majors et l’émergence de nouveaux médiums… les réseaux sociaux vivent une mutation sournoise peu exempte de reproches.
Né en avril 1948, mort à 41 ans en avril 1989, Bernard-Marie Koltès brûle toujours les planches, nos imaginaires et représentations. Ses œuvres radicales nous hantent, son visage angélique, ses colères, sa solitude élevée au rang de titre, au milieu des chants de coton. Sa passion pour les marges, le combat. Sa volonté de dire « la solitude affective, la difficulté de parler, toutes les oppressions enfin qui ferment la bouche ». Parcours de son univers en trois livres qui soulèvent, un peu, le voile sur son mystère fondamental.
Je crois ne pas me tromper en avançant que les écrits de Manuel Daull lui ressemblent, tout en ressemblant à… rien, soit à… quelque chose, de vraiment singulier, et d’assez durassien par moments : un mélange d’insistance et de fugacité, de fureur et de délicatesse, de largesse et de retrait, dans les sourires, la tristesse, la douceur, le silence, l’attention, le regard, le noir, la lumière, le murmure des eaux – des textes qui résonnent longtemps, et qui défient les genres : parole autobiographique tressée à des biographies fictives.
Demander à un homme politique d’avoir de la dignité, c’est un peu comme demander à un naturiste de mettre un slip sur une plage qui l’autorise à laisser ses attributs génitaux prendre le frais et le soleil sans crainte du qu’en-dira-t-on et de l’amende pour outrage aux bonnes mœurs. C’est impossible. L’actualité récente l’a encore montré : à peine la course folle du camion meurtrier stoppée, certains élus ou figures publiques n’ont pu s’empêcher de faire sous eux en 140 caractères, au micro des radios ou sur les plateaux de télévision. Pourquoi leur a-t-on tendu cette perche qu’ils n’auraient jamais dû saisir ?
Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2016, l’histoire retiendra-t-elle que nombre de caps indignes ont été franchis dans la couverture journalistique de l’attentat perpétré à Nice ? Passe encore que les chaînes de hard news se répandent en conjectures pour occuper le temps médiatique, qu’elles diffusent sans filtre des photos, des vidéos, des témoignages audio de citoyens, de victimes ou de rescapés, on pourrait malheureusement dire que l’on commence presque à s’y habituer : attendre de la retenue de la part de certaines rédactions c’est un peu comme demander à un homme politique de s’abstenir de tout commentaire à chaud qui servira ses intérêts propres plutôt que le bien commun.