Capture d’écran 2016-03-11 à 16.04.57Une bouffée délirante on dira une bouffée délirante il aurait mieux fait de prendre un Tercian et de se coucher pourquoi salir le monde n’est-il pas déjà suffisamment pollué et puis ce truc de ne pas mettre de ponctuation on a déjà vu ça c’est déjà fait déjà vu et si bien fait Camille Laurens Nina Bouraoui pour ne citer qu’elles alors quoi une logorrhée une de plus un cri une litanie manie manie mais oui mais non des larmes des larmes je vous dis voilà des larmes tenues retenues de rage de désespoir de fatigue de nausée de mal de tête de mer de terre des larmes sans raison on dira pathologiques

Sans titre

Au début de l’année 2014, l’hebdomadaire italien L’Espresso demandait à quatorze personnalités du monde de la culture, d’écrire une lettre ouverte et idéale à leur fils pour affronter les grands thèmes de la vie. Umberto Eco écrit à son petit fils pour lui donner des conseils sur le futur. Il s’en dégage une réflexion sur la technologie, le sexe, la poésie et la mémoire.

Un livre ne commence pas – absence de commencement, une écriture sans début ni fin. Livre déjà commencé, déjà commencé d’être écrit. Non dans l’existence de l’écrivain, ses expériences, son enfance heureuse ou malheureuse, ses pensées, bêtes ou géniales, mais dans quelque chose en lui, un ailleurs à travers lui ouvert à l’absence de commencement, ouverture sans bord, illimitée – qui ne serait que cela, ouverture, vide désert, béance sans lieu, sans espace.

Ex-Docteur Who ou Alex Hardy dans Broadchurch, David Tennant est aussi méconnaissable en député blond et rigide qu’Emily Watson est aux antipodes de ses rôles dans Breaking the waves ou Gosford Park. Dans Le Mari de la ministre, diffusée ce jeudi 10 mars sur Arte à 20h55, ils incarnent un couple animal et politique, dont les destins publics épousent l’histoire privée. Jusqu’à la rupture.

Lydia Flem se souvient. Assumant la référence à Georges Perec et à Joe Brainard — « je me souviens que Joe Brainard écrit dans I remember : « je me souviens que je m’habille complètement avant de mettre mes chaussettes » » —, elle passe en revue 479 fragments de mémoire, tous centrés sur les vêtements et la mode. 479 et non 480 comme chez Perec, auquel le livre est dédié.

Je me souviens Perec Je ne me souviens pas Lindon
© Diacritik

Dans le dictionnaire subjectif et irraisonné qu’est Bardadrac (Seuil, 2006, p. 275), Gérard Genette écrit à « Mémoire » que cette dernière a des « parties mates et des parties brillantes » ; « par ses angles morts, ses taches aveugles et ses trous noirs, elle est évidemment un filtre : trier, exclure, choisir, garder et jeter, transformer, interpoler, extrapoler, composent l’essentiel de sa fonction ».
Lister, en somme, penser/classer aurait dit Perec, non ce dont on se souvient mais ce qui échappe à la mémoire immédiate, ce qui se situe dans les angles morts, les taches aveugles et les trous noirs, se voit décentré. Tout ce qu’on ne peut dater ou dont on peine à retrouver l’origine.
Se dire, c’est sans doute explorer les lignes de fuite de la mémoire, ce que nos oublis disent de nous, ce que le futile révèle d’essentiel, l’accessoire de fondamental, les inconduites d’une ligne de vie. Tel est l’art poétique de l’extraordinaire Je ne me souviens pas de Mathieu Lindon qui vient de paraître chez P.O.L.

George Martin et Paul McCartney dans les studios d’Abbey Road en 1966, photo David Graves Rex / Shutterstock
George Martin et Paul McCartney dans les studios d’Abbey Road en 1966, photo David Graves Rex / Shutterstock

George Martin est mort, hier mercredi 9 mars 2016, et a donc rejoint deux de ses protégés et amis, John Lennon et George Harrison. Il avait eu 90 ans le 3 janvier. Il fut l’élément déclencheur qui mit la fusée des Fab Four sur orbite. Ingénieur du son et producteur chez Parlophone, il accepta de produire le premier disque des Beatles.  

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Avec Un temps pour se séparer, Sébastien Smirou écrit un livre qui tourne autour de la figure de Robert Capa. Si l’investigation que mène l’auteur autour du photographe se présente comme une « fiction psychanalytique », elle est aussi l’occasion d’un certain rapport à soi, au monde, à l’histoire, à la psychanalyse, à la littérature, à la photographie, à la mort. Un temps pour se séparer met en œuvre une recherche littéraire qui conduit à l’invention d’un livre hybride et singulier, construit autant comme un journal que comme une fiction ou une série de réflexions subjectives – de notes – sur la psychanalyse, le corps, le geste photographique ou la judéité. Ce livre est enfin une approche de Robert Capa dans laquelle la visée purement biographique est remplacée par la tentative de cerner la vitalité d’une vie, la dynamique vitale à l’œuvre derrière – paradoxalement – la volonté de faire l’expérience de la mort, de photographier la « mort au travail ».

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Tom Lanoye est aujourd’hui l’écrivain flamand n° 1. C’est aussi qu’il est un écrivain de combat, ce que l’édition française de Gaz, son récent opus, nous rappelle en quatrième de couverture : « Tom Lanoye milite pour les droits des homosexuels, dit ce texte, s’insurge contre les Flamands qui veulent diviser la Belgique et reste abasourdi devant le fait que plus de 3000 jeunes gens de nationalité belge ont basculé dans l’intégrisme militant et sont partis en Syrie. » Lanoye a écrit plusieurs romans, dont le très beau La Langue de ma mère, traduit en français aux éditions de la Différence. Avec Gaz. Plaidoyer d’une mère damnée, il nous propose un monologue de théâtre d’une grande force, d’une rare violence.