En terre chinoise, il y a près de trois millénaires, la reine Fu Hao avait emporté dans son tombeau quelques laquais sacrifiés et des centaines d’effigies de bronze. Cette foule ensevelie devait la servir dans l’au-delà pour rejouer le monde des vivants. Peut-être un simple exemplaire du Shijing aurait-il pu remplacer ces rituels tant il constitue un condensé de la vie antique.

Budapest au début du XXe siècle. Une jeune femme entre dans un prestigieux magasin de chapeaux, elle est accueillie comme une cliente… Après une séance d’essayage, elle se présente, elle est venue « pour l’annonce » : elle s’appelle Irisz Leiter, le magasin a été fondé par ses parents disparus et elle cherche à retrouver les circonstances de leur disparition. Elle aurait un frère dont elle cherche la trace. La caméra la suit, la cadre en gros plan.

En 1962, Rachel Carson publiait Printemps silencieux, « fable pour demain », dénonciation sans concession du scandale des pesticides et appel à emprunter une « autre route ». A lire La Malchimie de Gisèle Bienne, qui n’est en rien un roman mais bel et bien un « récit », cette route est encore un espoir vain.

Il y avait déjà le Tell No One d’Harlan Coben, il y a désormais Tell No Tales, second polar d’Eva Dolan mettant en scène la section des crimes de haine de l’inspecteur Zigic. Deux ans après Les Chemins de la haine (Long Way Home), Eva Dolan revient avec Haine pour haine (Liana Levi) à Peterborough, ville frontière à une époque charnière au cœur d’un polar social étouffant. Ou comment l’intolérance et le mensonge se font vecteurs de violence et de désintégration du vivre ensemble.

Comment, au cinéma, faire le portrait d’une ville ? Vincent Dieutre répond dans Berlin Based. Ce portrait est réalisé selon les principes d’un cubisme qui ne serait pas synthétique. Leibniz écrivait à peu près qu’une ville est l’ensemble des représentations diverses de ceux qui la regardent en y étant immergés. Le film de Vincent Dieutre est leibnizien, mais il s’agirait d’un Leibniz sans Dieu pour garantir la synthèse et l’harmonie des points de vue.

Tout a commencé jeudi 21 mars 2019 vers 19h00 quand j’ai posté ce tweet assez simple escorté des portraits de Marx et Freud : « Le nouveau programme de Terminale en philo vient de tomber : deux notions disparaissent et non des moindres : le Travail et l’Inconscient. C’est-à-dire Marx et Freud : qui a dit que la « réforme » Blanquer n’était pas idéologique et orientée politiquement ? ».

Hors limites fête cette année ses dix ans. Véritable fête de la littérature et plus largement de la culture (cinéma, BD, musique, expositions), le festival installe écrivains, éditeurs, artistes et acteurs au cœur d’une trentaine de villes du 93 (librairies, médiathèques et bibliothèques, universités, musées et centres d’art) pendant une quinzaine de jours. Ouverture ce soir, à 19h30, par une rencontre au titre programmatique de l’ensemble des manifestations, « un monde à portée de main »

Jules Vallès refait surface à la faveur de la publication d’inédits par les éditions Du Lérot : deux manuscrits inachevés, retrouvés dans ses archives à la Bibliothèque nationale. La presse en rend compte car sans jamais avoir été un écrivain « légitime », Vallès ne peut passer inaperçu. Les présentations de ces inédits sont contrastées.

Ne ratez pas la pépite documentaire diffusée dimanche à 19h15 sur Arte (et en replay jusqu’au 28 juin 2019). Le film de Bernd Boehm raconte La Belle Époque, à Paris, à travers des archives exhumées par le photographe allemand Werner Bokelberg, des centaines de clichés des rues et devantures parisiennes, marchands ambulants et autres petits métiers qui tissent le fil de 26 minutes passionnantes (et bien trop courtes).