Si Enki Bilal n’a rien perdu de sa fascination pour les ruptures, le chaos n’intéresse pas l’auteur de la trilogie des éléments, de la tétralogie du monstre et réalisateur de Bunker Palace Hotel et Tykho Moon. Après le BUG initial paru en 2017 — premier tome d’un « cinq-shots » selon les mots de l’auteur rencontré vendredi dernier —, BUG 2 paraît aujourd’hui chez Casterman, promesse d’une série au long cours (en librairies et sur vos écrans).
Nous venons d’apprendre la mort brutale d’Aziz Chouaki, ce mardi 16 avril 2019, à l’âge de 67 ans. En hommage au dramaturge et écrivain algérien, Diacritik republie l’article que Christiane Chaulet-Achour lui avait consacré en novembre dernier.
J’ai rencontré Deleuze au moment où il venait d’interrompre son enseignement à Paris 8. Je n’étais pas un de ses étudiants et je lui en avais fait, comme à regret, la remarque. « C’était pour moi, m’a-t-il répondu, un laboratoire, une forme d’expérimentation plus que l’exposé d’un savoir. Vous n’auriez donc rien appris, sauf à entrer dans les difficultés de la pensée quand elle ne sait plus ». Un peu, me disait-il d’autres fois, « comme un âne qui se frappe lui-même ». Mais n’est-ce pas ce qui advient quand une ligne est épuisée et qu’il convient d’en emprunter de nouvelles?
Ce jeudi 18 avril aura lieu, au Centre Pompidou, à partir de 18h30 une soirée consacrée à la sortie d’un collectif décisif qui paraît aux PUF sous la houlette de Laurent de Sutter, dans sa collection « Perspectives critiques » : Postcritique.
Une ample rétrospective au Musée du Jeu de Paume retrace, jusqu’au 2 juin prochain, l’œuvre exceptionnelle du photographe italien Luigi Ghirri. Il s’agit de la première exposition d’une telle envergure hors d’Italie, depuis la mort du photographe, en 1992.
C’est l’événement du printemps artistique et il est encore question du roi Pablo. Comme un écho de l’importance centrale de son génie et en miroir de « Calder-Picasso » jusqu’au 25 août au Musée Picasso mais aussi de « Quand Fellini rêvait de Picasso » jusqu’au 28 juillet à la Cinémathèque, voici que le Musée de l’Armée accueille aux Invalides et pour la première fois une exposition qui prend pour thème la guerre dans l’œuvre de l’espagnol.
De La poupée de Kokoschka (2010) à Forêt contraire (2014), les romans d’Hélène Frédérick sont autant de récits d’émancipation, qui s’élaborent à rebours des dominations et des aliénations. Voilà pourquoi elle aborde ici dans La Nuit sauve les territoires obscurs de l’adolescence.
Après Personne ne disparaît, Catherine Lacey publie Les Réponses, récit tout aussi sidérant de maîtrise, précisant les contours d’un univers romanesque singulier, à la fois barré et totalement familier, dans un entre-deux à l’équilibre miraculeux. Mary s’y retrouve au centre d’une expérience étrange, l’XPC, qui vise à décrypter scientifiquement les mystères du sentiment amoureux.
« Becky observe les gens, contemple la rue, entend les bruits ambiants, sent le trottoir sous ses pieds, et elle s’autorise à envisager ce qu’elle aimerait en dire un jour, avec son corps, dans une chorégraphie de sa propre composition ». Cette chorégraphie est justement celle que compose Kae Tempest dans Écoute la ville tomber, roman qui paraît en Rivages Poche, dans une traduction de Madeleine Nasalik — cet article a été modifié pour respecter l’identité de l’auteur.
Dans La ferme des mastodontes, de Mike Kleine, l’expression de ce qu’est ce livre est donnée dans la référence à la musique de Philip Glass évoquée dès le début, et plus précisément à Einstein on the Beach. Le livre de Mike Kleine correspond à cette œuvre de Glass : répétitions, variations, progressions infimes.
Il y a dix ans, Jean-Philippe Toussaint, qui nous avait charmé avec La Salle de bains, Monsieur ou La Télévision, courts romans héritant de Beckett et d’un humour tout personnel, passait au cinéma et donnait La Patinoire, son premier long métrage. Production d’une grande drôlerie en même temps que réflexion sur ce qu’est le cinéma à partir d’un tournage entrepris sur une surface glacée.
Les livres de Pierre Cendors se rencontrent comme des moments de mystère et de suspens – des rencontres silencieuses que l’on voudrait faire durer. A ce titre à rêver, Silens moon, et ce nom d’auteur fabuleux, Pierre Cendors, vient s’ajouter l’énigme de la couverture.
Portrait d’un métier de l’ombre, l’assistant-réalisateur, à travers un créateur de lumière, Pierre Zagdoun (Her Smell, Hurricane Bianca: From Russia With Hate, etc.)