Alors que la France vient de fêter les 50 ans de la mort du Général de Gaulle, que ses héritiers putatifs se sont succédé sur les plateaux de télévision ou dans les studios des matinales et que les panégyriques ont succédé aux hommages, très peu de zélateurs ont osé aborder la vraie question : que faisait le général quand il ne gouvernait pas le pays ? Et bien, croyez-le ou non, il allait à la plage.

En 2019, le narrateur de Trigger Warning a décidé de se mettre en retrait de tout pour attendre la fin du monde et l’extinction de l’espèce. « Un rapport rédigé par un organisme international venait de paraître, indiquant que tout serait plié en 2050 : terminé pour l’humain. Épuisement total des ressources. Conditions climatiques transformées. Catastrophes naturelles récurrentes. Les perspectives étaient tellement sombres que certaines instances se demandaient de quelle manière on allait pouvoir coloniser Mars ou la Lune ».

Critique de la société du déchet, énonce le sous-titre de l’essai de Baptiste Monsaingeon, Homo detritus, qui vient de sortir en poche chez Points (collection « Terre »). Cette critique de nos sociétés à travers le prisme de nos déchets est, de fait, un terrible « dis-moi ce que tu jettes et comment tu le jettes et je te dirai qui tu es »… L’essai ne part pas d’une hypothèse mais d’un constat, brutal : « L’anthropocène est un Poubellocène ».

Répondant à une question à propos de « », l’immense « poème d’une vie », Louis Zukofsky décrivait le processus de sa composition dans ces termes : « Écrit à un moment, en un lieu, et se rapportant à d’autres moments et d’autres lieux, tandis qu’on se développe, peu importe dans quelle direction, qu’on assimile, qu’on espère survivre à tout cela, un peu comme la musique de Bach. Peut-être c’est ce qu’on trouve dans ce poème, peut-être fera-t-il entendre sa musique. » (Louis Zukofsky, « Penser les choses telles qu’elles existent », Revue Europe n° 578-579, juin-juillet 1977, p. 106-107).

Avec Un Cow-boy dans le coton, il faut reconnaître à Jul et Achdé d’avoir osé marcher dans les pas de Mel Brooks (Blazing Saddles), Lawrence Kasdan (Silverado) ou Damon Lindelof (Watchmen), en mettant en scène un personnage noir de premier plan dans une aventure de Lucky Luke. Un Cow-boy dans le coton répare quelques injustices en plus d’être un album intelligent, subtil et d’une causticité salutaire.

Les journées en Arlequin est le titre d’un livre de Jean Daive que les éditions Nous viennent de faire paraître – je ne dis pas : “le dernier”, car d’autres, déjà imprimés ou en voie de l’être, attendent notre lecture (s’il s’avère possible de mettre la main dessus avant publication de ce “papier”, j’en rendrai compte ici-même, sinon ce sera pour plus tard, chaque nouvel opus de l’auteur de Décimale blanche, d’Objet bougé ou de Pas encore une image incitant à reprendre un échange jamais interrompu).