Plébiscitée par les lecteurs et par les nombreux prix qu’elle a reçus depuis son premier roman Contours du jour qui vient (2005), Léonora Miano ne cesse de nous surprendre par la diversité de ses thématiques et par ses choix romanesques, prouvant encore que le roman est l’écrin d’un imaginaire et l’espace même où peuvent se déployer fables significatives, écriture maîtrisée dans la diversité de ses ancrages, plaidoyer intransigeant dans sa lucidité et ses exigences pour une Afrique du passé, du présent et de l’avenir.

« Tu es ma chair. C’est de ta glaise que je suis faite. C’est la couleur que tu m’as donnée qui me vaut d’être ce que je suis. Une errante. Un point suspendu ».
Tels des astres éteints

Le 6 juin dernier, dans Diacritik, je présentais les textes d’essais ou proches de ce genre que Léonora Miano a édités ces dernières années. Textes essentiels, souvent dérangeants, incitant à ouvrir nos références trop souvent franco-centrées vers l’énorme apport venu des États-Unis.

« La cicatrice n’est pas la plaie. Elle est la nouvelle ligne de vie qui s’est créée par-dessus. Elle est le champ des possibles les plus insoupçonnés »

Léonora Miano, écrivaine plus connue comme romancière que comme essayiste, offre pourtant une contribution conséquente dans le domaine de l’écriture réflexive. Son apport est en relation avec ce qui l’a précédé mais aussi porteur de propositions passionnantes, dérangeantes parfois, pour notre monde d’aujourd’hui.