Jean-Benoît Puech, connu pour ses nombreuses mystifications littéraires, publie aux éditions P.O.L un ouvrage singulier : La Préparation du mariage. Après avoir conté les œuvres et la vie de Benjamin Jordane, un auteur fictif né de son invention, Puech s’attaque à présent à l’autobiographie d’un nouveau personnage nommé Clément Coupèges.

Indispensable : tel est le mot qui vient immédiatement pour qualifier l’essai sur l’intersectionnalité que viennent de faire paraître Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz. Dans un livre aussi brillant que limpide, les deux sociologues reviennent avec mesure et force sur la notion d’intersectionnalité qui est au cœur de tous les débats depuis quelques mois. Loin des vociférations médiatiques et éditorialistes qui en dénaturent la définition, Pour l’intersectionnalité revient sur la puissance critique que la notion peut donner aux sciences sociales et montre que l’intersectionnalité donne à comprendre autrement la marginalisation et l’oppression dans nos sociétés. Diacritik ne pouvait manquer d’aller à la rencontre des deux sociologues à l’occasion d’un grand entretien.

Comme il serait tentant de procéder comme Willem le fait depuis plus de quarante ans avec ses chroniques – Revue de presse, Images, Autre chose, etc. – pour Charlie Hebdo ou Libération : avoir à sa disposition un espace, pas nécessairement de grande dimension, où recenser quelques nouveautés, choisissant pour chaque ouvrage une image (et même le plus souvent un fragment d’image), à laquelle se contenter d’ajouter quelques mots – à peine une phrase – pour donner le ton. Et ce peu, ce très peu parfois, suffit pour que les lecteurs se disent que, si Willem en parle, c’est que l’ouvrage en vaut la peine.

« Il vaut mieux la guerre cent fois que l’indifférence. »
Lettre de Georgette Agutte à Henri Matisse, 1er octobre 1911, à propos de la réception de son œuvre par la critique.

Présentée telle une épouse effacée suivant partout son mari comme un petit chien, ou encore sous les traits d’une hystérique écervelée parlant à tort et à travers, durant toute sa carrière, Georgette Agutte a été considérée à travers le prisme de son époux, Marcel Sembat, célèbre journaliste de gauche, député du bastion ouvrier de Montmartre et ministre des travaux publics pendant la Grande Guerre, engagé auprès de Jean Jaurès. Les critiques encensaient son travail ? Ils voulaient rendre hommage à la femme de leur collègue, ancien rédacteur en chef de L’Humanité. Ses collègues lui faisaient des compliments ? Ils cherchaient à s’attirer les bonnes grâces de son mari, grand homme politique bien placé pour distribuer des prébendes.