Le dernier livre du psychosomaticien Gérard Szwec, solidement adossé à sa clinique des enfants, élargit les réflexions développées dans Les galériens volontaires sur « les défenses de comportement » et leurs échecs éventuels, à l’origine desquelles il repère des traumas précoces. Au bout du rouleau  s’offre comme un éclairage considérable sur les rapports entre fonctionnement psychique et somatisation.

Incisif, percutant et indispensable : tels sont les mots qui viennent à l’esprit à la lecture du Manifeste pour une psychiatrie artisanale d’Emmanuel Venet qui vient de paraître chez Verdier. Si on connaît Emmanuel Venet pour ses superbes Rien et Marcher droit, tourner en rond, on le sait aussi psychiatre et c’est à ce titre qu’il prend dans cet essai la parole pour dresser un impitoyable constat sur la politique publique de soins psychiatrique. Le pouvoir l’abandonne pour privilégier une psychiatrie industrielle, numérisable et inégalitaire. Diacritik est parti à la rencontre du psychiatre le temps d’un grand entretien autour de cet essai énergique, l’un des plus importants de cette année.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe ont vu émerger une discipline inédite que quelques découvreurs éminents dotèrent d’une théorie bouleversante. La psychanalyse était née : elle connut alors une concentration forte de ses représentants les plus remarquables dans les capitales d’Europe centrale, Vienne prenant la tête autour de Sigmund Freud. Bien des noms devraient être cités ici même. Si l’une de ces figures demeura alors en retrait, ce fut par une sorte d’injustice. Nous parlons ici du Hongrois Sándor Ferenczi.

Essayiste (ouvrages sur Raoul Ruiz co-écrit avec Guy Scarpetta, sur Hitchcock, sur la bande dessinée…), scénariste de la série mythique Les Cités obscures avec son complice, le dessinateur François Schuiten, auteur de romans, de récits (Omnibus, La Bibliothèque de Villers, Villes enfuies…), de récits photographiques avec Marie-Françoise Plissart, biographe de Jacques Derrida, Hergé et Paul Valéry, Benoît Peeters vient de consacrer un essai marquant à Sándor Ferenczi. L’enfant terrible de la psychanalyse paru chez Flammarion. Entretien.

Lorsque des chanteurs sont en duo, ou dans le cas d’une chorale, il arrive qu’il y ait création d’une ligne vocale qui n’existerait pas sans chacun, mais qui en même temps n’est chantée par aucun d’eux, un chant autonome bien qu’inséparable des chanteurs, lié aux individus et au-delà d’eux. La musique, le chant créent alors une entité nouvelle, tiers flottant et anonyme.

Paru en 1985, alors que Woody Allen s’acharnait déjà depuis longtemps d’ironie sur le cadavre de son psychanalyste new-yorkais, La Cuisine de Freud, signé du précisément psychanalyste James Hillman et de l’éminent docteur Charles Boer, se présente comme un manuscrit retrouvé de Freud, égaré dans les archives de l’homme viennois, une somme d’impensé auquel personne n’aurait trop prêté attention et qui, pourtant, contiendrait de manière inouïe l’essence même de sa science sinon mieux : son inconscient. Entre totems et tapioca, scones érogènes et Jung Food, à coups de jeux de mots lacaniens donc oulipiens, la cuisine chez Freud révèle ici sa cène primitive.