Le documentaire Homothérapies, conversion forcée a pour objet les (mal) dénommées « thérapies de conversion » – absolument non thérapeutiques dans les faits et ne convertissant personne : ces « thérapies » sont supposées s’appliquer aux gays et lesbiennes alors que l’homosexualité n’est pas une maladie ; elles sont en vérité des agressions et des actes de torture ; on ne « convertit » pas quelqu’un à une sexualité ; pourquoi devrait-on « convertir » les homos ? ; etc.

Le documentaire de David France, Bienvenue en Tchétchénie, porte sur ce qui est plus qu’une persécution des personnes gays et lesbiennes en Tchétchénie : le film met en évidence une volonté délibérée, organisée, soutenue par l’Etat tchétchène, ainsi que par une partie de la population, d’arrêter, de violenter, d’assassiner les gays et lesbiennes en tant que tel.le.s – ce que l’on appelle un génocide.

Baleh-baleh est le deuxième film de Pascale Bodet présenté à Cinéma du Réel, après Presque un siècle en 2019. Cette année, en raison des conditions sanitaires, peu de personnes ont pu y avoir accès et encore, depuis l’écran de leur ordinateur. Siryne Zoughlami fait partie de ces happy few. Elle a pu s’entretenir avec la cinéaste sur ce film documentaire qui met en scène un homme confronté à la lecture d’un conte.

Trente ans après la mort de Serge Gainsbourg le 2 mars 1991, on a tous en tête une chanson, une image, un souvenir qui nous relie à lui. Aimé et détesté de son vivant, mythifié post-mortem, l’artiste n’a pas accédé immédiatement à la gloire qui lui était due, la faute à des prises de positions radicales sur son art et des failles personnelles, intimes, qui l’ont nourri autant qu’elles l’ont consumé — ce dont rend compte avec acuité et sensibilité le magnifique documentaire de Stéphane Benhamou et Sylvain Bergère proposé par France 3 à l’occasion de l’anniversaire de la mort de l’homme à tête de chou.

Le cinéaste Alexandre Dereims est un homme chanceux. Peut-être même le plus chanceux du monde, du moins, c’est ce qu’il suggère. En juillet 2019, tandis qu’il prenait place dans un TGV, il s’est aperçu que son compagnon de voyage n’était autre que Donald Sutherland. Alexandre Dereims a demandé au grand acteur américain la permission de l’entretenir un moment et, après avoir reçu une réponse courtoise, a profité du hasard de leur rencontre pour lui montrer la bande-annonce de son documentaire, Nous sommes l’humanité.

Il faudrait d’abord inscrire ce texte dans son contexte, encore davantage que pour d’autres. Vaguement parler de l’écriture critique en temps de Covid-19, son anéantissement, sa vacuité, alors que nos salles de cinéma sont fermées, que les festivals sont annulés, et que par-dessus tout, les rencontres et véritables conversations que ces endroits permettent sont empêchées.

Fugitif, où cours-tu ?, d’Elisabeth Perceval et Nicolas Klotz, s’ouvre sur des images de la terre, du ciel – une terre qui n’est pas travaillée, ordonnée, domestiquée, mais à l’abandon, comme détruite. Une terre à la marge, une plage battue par les vents, par l’air marin. Le parti pris est matérialiste : filmer la matière, les choses, les corps, et filmer la parole de ceux et celles qui « habitent » sur cette terre, dans ces lieux où l’on n’habite pas mais où l’on essaie de survivre, d’inventer une vie, en attendant.

C’est un exercice périlleux que de chercher à dire encore « quelque chose d’intelligent » sur Hold-up, après la somme de « discours critiques » produits depuis la sortie de ce film. Si mon propos assumera la fonction d’une « déconstruction », il s’agira moins d’une déconstruction de la mécanique du film à partir d’une position extérieure immunisée, que d’une déconstruction de cette position extérieure immunisée, au profit d’une autre posture de commentaire.

Quel.le.s sont les jeunes cinéastes talentueu.ses.x qui bousculent le cinéma et feront certainement les long-métrages audacieux de demain ? Loïc Hobi est à n’en pas douter l’un d’entre elleux, réalisateur prolifique dont les films oscillent singulièrement entre une part documentaire et expérimentale (Face à face dans la nuitLes nouveaux dieux) ou sont marqués par un travail photographique soigné à l’endroit de la fiction (L’homme jetée).