Pour fêter le trou noir provoqué par notre spécialiste du genre, Aurélien Barrau, avec sa tribune publiée jeudi dernier (plusieurs centaines de milliers de nouveaux lecteurs en quelques heures ou le test grandeur nature des capacités d’accueil de notre serveur, on reconnaît là le scientifique), retour sur les enjeux de notre magazine, trois ans après sa création.

« La littérature ment comme un arracheur de dents », écrit Maxime Decout dans les premières pages de ce nouvel essai au style enlevé, souvent facétieux. Narrateur à son tour, Decout nous entraîne là dans une vaste réflexion sur une littérature bien particulière des xxe et xxie siècles : celle qui bluffe, qui triche et qui feint, celle qui parfois ment franchement – tout un jeu de dissimulation rassemblé sous le terme d’imposture.

Jérôme Lindon et Samuel Beckett (DR)

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

Benoît Peeters par M-F Plissart

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties.

Julia Deck (DR)

Après les remarquables Viviane Élisabeth Fauville et Le Triangle d’hiver, Julia Deck revient en cette rentrée avec sans doute aucun son meilleur roman à ce jour : le trépidant et brillant Sigma. Véritable alpha et oméga de l’art du roman, Sigma présente l’histoire aussi rigoureuse qu’échevelée, sérieuse qu’ironique et neuve que puissante d’Alexis Zante, banquier suisse et collectionneur d’art, pris au cœur d’une affaire d’espionnage, pisté par une galerie impressionnante d’espions travaillant pour une mystérieuse Organisation répondant à un nom qui n’est qu’une lettre : Sigma.
Diacritik a rencontré Julia Deck le temps d’un grand entretien afin d’évoquer avec la romancière ce nouveau livre qui constitue l’un des plus importants de cette année.

Frederika Amalia Finkelstein par Maud Maillard

Olivier Steiner : Chère Frederika, tu le sais, je ne suis pas critique littéraire, et ce que je fais ici sur Diacritik est un journal dans le Journal, soit un espace de liberté que je veux totale, autant que possible. J’aimerais bien qu’on se parle en écrivant, sachant que ce sera lu, un tiers est donc « là », faisons ça ici sur Messenger.

L’Alpha et l’Oméga du roman d’espionnage et de l’art du roman : tel serait peut-être l’ultime sens à donner à cette énigmatique lettre Sigma, titre du troisième et remarquable livre de Julia Deck qui paraît en cette rentrée et dont il constitue l’un des points d’incandescence.
Après Viviane Élisabeth Fauville et Le Triangle d’hiver, Julia Deck dévoile ici l’histoire aussi échevelée que rigoureuse, aussi ironique que sérieuse, aussi puissante que neuve d’Alexis Zante, banquier suisse et collectionneur d’art qui se voit (sans le voir) pris au cœur d’une affaire d’espionnage, pisté par une galerie impressionnante d’espions travaillant pour une mystérieuse Organisation répondant à un nom qui n’est qu’une lettre : Sigma.

Christine Montalbetti
Christine Montalbetti

En 1992, on s’en souvient sans doute, Jean Echenoz nous propulsait dans l’espace avec Nous trois (Éditions de Minuit) en nous secouant un tantinet au passage. Un quart de siècle plus tard, Christine Montalbetti nous propose à son tour d’aller y faire un petit voyage. N’ayons pas peur, allons-y. On ne sera pas déçu.

Claude Ollier (DR)
Claude Ollier (DR)

Le 22 octobre prochain la Maison de la poésie consacrera une après-midi à l’œuvre de Claude Ollier. Organisé par l’association Les mondes de Claude Ollier, cet hommage proposera des lectures, des interventions et dialogues autour de cette œuvre importante, à parcourir et découvrir encore. Entretien avec Arno Bertina qui participera à cet hommage.

Sans doute est-ce toujours un enfant qui, absolu et écrasé de douleur, dit la littérature. Sans doute est-ce toujours ce même enfant qui, de très loin, appelle en lui le devenir, réveille en lui le monde terrassé de ruines, sait le poursuivre depuis tout décombre, y survit de pâleur consumée, continue des ses poings neufs ce dont plus personne n’a résolument la force. Sans doute est-ce toujours ce même enfant qui sait combien la parole saura surgir en lui, qu’elle se fera à nouveau le miracle de ce qui saura dire, encore. Car c’est toujours un enfant qui dit la littérature tapi dans l’ombre, qui sait sans savoir qu’il franchit la barrière de la parole, qu’il s’arrache au silence et que lorsqu’il parle il creuse la survie en lui de la littérature ou le nom qui en reste au seuil d’un présent toujours reculé à soi.

Photographie : Natasha Bry

Le 42è prix du livre Inter 2016 vient de dévoiler sa première sélection. Les 24 auditeurs-jurés délibèrent cette année sous la présidence d’Agnès Desarthe. Ce prix, créé en 1975, est l’un des plus prescripteurs et ses choix sont souvent d’une grande pertinence — il a récompensé, ces dernières années et parmi d’autres, Céline Minard, Alice Zeniter, Olivia Rosenthal, Cloé Korman, Nina Bouraoui, Frédéric Boyer, Laurent Mauvignier, Mathias Enard, Nathalie Léger.

Sont cette année en lice les romans suivants :

Yan Gauchard
Yan Gauchard

Paru au cœur de cette rentrée d’hiver aux éditions de Minuit, Le Cas Annunziato, premier roman de Yan Gauchard (lire sur Diacritik l’article de Laurence Bourgeon), s’impose déjà comme l’une des plus belles et plus fortes réussites de cette année 2016. Contant l’histoire rocambolesque et pourtant statique de Fabrizio Annunziato, traducteur prisonnier d’une cellule de Fra Angelico à Florence, Yan Gauchard livre un roman distancié et joueur de la disparition ainsi qu’une fable politique sur l’Italie berlusconienne des années 2000. Diacritik a interrogé Yan Gauchard le temps d’un grand entretien sur son puissant premier roman.