William Marx

Après son brillant essai sur La Haine de la littérature, William Marx revient en cette rentrée d’hiver avec Un savoir gai, nouvel essai qui, aussi neuf qu’incisif, porte sur le désir homosexuel et le rapport spécifique qu’il entretient au beau et à la vérité. Si l’essayiste y évoque sa vie érotique mais aussi bien la figure d’un Jésus homophile et convoque tour à tour amour, drague et fantasme, le propos de William Marx se fait politique, questionnant l’hétérocentrisme indéfectible de la société.
Dans un alphabet du désir où il apostrophe l’expérience de chacun, Marx offre un essai qui ne peut manquer de soulever de fécondes questions. L’occasion pour Diacritik de revenir avec son auteur sur ses fragments du désir homosexuel le temps d’un grand entretien.

Marion Guillot (Yves Loterie)

Après l’étonnant et dépaysant Changer d’air en 2015, Marion Guillot revient avec C’est moi, l’un des meilleurs romans de cette rentrée d’hiver 2018. Roman policier presque sans police, récit vif et acéré inexorablement tendu vers sa fin, ce deuxième opus de la jeune romancière confirme son indéniable art de tramer une narration depuis les manques et les vides de ses personnages. Ici la narratrice qui partage la vie de Tristan, « côte à côte plus qu’ensemble », doit affronter le brusque décès de l’ami du couple, Charlin, énigmatique personnage. Diacritik a voulu revenir le temps d’un grand entretien avec Marion Guillot sur ce roman aussi neuf qu’haletant.

Jérôme Lindon et Samuel Beckett (DR)

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

Benoît Peeters par M-F Plissart

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties.

Pour beaucoup d’entre nous, la littérature russe, ce sont avant tout deux géants du roman qui traversèrent le XIXe siècle un peu du même pas. Maints critiques au cours du temps — tel Mikhaïl Bakhtine — se sont cependant attachés à montrer combien les œuvres abondantes de ces deux colosses étaient, en regard l’une de l’autre, en parfaite opposition. D’un côté, voici l’univers âpre et tourmenté de Fiodor Dostoïevski (1821-1881) et de l’autre le monde spirituel du profond et sage Léon Tolstoï (1828-191). Et cette dualité donnait et donne encore à chaque lecteur la possibilité de faire choix de l’un ou de l’autre, d’avoir son champion slave, — cela dit, tout lecteur peut aussi, pour la même époque, opter pour Gogol ou Tchekhov.