Ça commence par la double définition du mot Coyote : le mammifère, le passeur. Le coyote qui donne son titre au dernier livre de Sylvain Prudhomme.
Dès la première page : « COYOTE (du nahuatl coyotl, « chacal doré ») : 1. Mammifère carnivore d’Amérique du Nord, semblable au loup mais plus petit, au pelage gris-jaune, qui se déplace le long des routes et des chemins de coupe forestiers. 2. Au Mexique et en Amérique centrale, individu qui se charge clandestinement, moyennant rémunération, de faciliter un trajet. Passeur. » Et, à nouveau, il est question de frontière, la frontière entre les États-Unis et le Mexique que l’auteur parcourt le long en large, en stop. De quel coyote parlons-nous ? De l’animal, celui qui se déplace le long des routes, ou du passeur ?
Le livre de Sylvain Prudhomme forme une sorte de constellation de toutes les personnes qu’il a rencontrées sur son trajet. Et leurs voix se déploient les unes après les autres, des portraits de rencontres doublés d’un portrait photographique, réalisés au Polaroïd et inclus dans le livre. La publication de cet objet foisonnant, Coyote, aux éditions de Minuit, a suscité l’envie d’un entretien avec son auteur, que voici.
Là, avait dit Bahi, en 2012, L’affaire furtif réédité en 2018, Par les routes en 2019, et maintenant Coyote… On peut le dire : il y a un motif, une récurrence. Pourquoi la route, l’ailleurs, la frontière ?

Chaque fois que j’entame l’écriture d’un nouveau texte, c’est l’image qui me vient : un embarquement. Je vois l’amorce de chaque nouveau livre comme un départ vers un territoire largement inconnu. Un départ « à l’aventure », au sens propre, dans la mesure où j’ignore en bonne partie ce qui adviendra. Dans le cas de Coyote, il se trouve que c’est une frontière au sens propre, celle entre États-Unis et Mexique. Mais dans chaque livre il y a ce désir d’aller voir du côté de la frontière, si par là on entend la limite du monde familier, le seuil au-delà duquel s’ouvre un espace indéterminé, immaîtrisé. Il faut dire ensuite que le motif de la route condense la plupart des questions que j’aime poser dans mes livres : la question des choix de vie, des carrefours, des rencontres, des séparations, des souvenirs. La question du passage aussi, celui du temps, mais aussi le nôtre, à travers le temps et l’espace.
Quel est ton mouvement personnel entre vivre et écrire ? Puisque l’un nourrit l’autre souvent, voire inversement parfois.
Le va-et-vient est constant. J’ai besoin des deux. Je ne pourrais pas être un écrivain en chambre. C’est dans le choc de la vie que naît l’impulsion qui donne vie à mes livres. Je pars toujours d’émotions vécues, de situations rencontrées. J’aime ce que dit l’écrivain égyptien Alaa Al-Aswany : qu’il n’aurait jamais pu être écrivain s’il n’avait pas d’abord été dentiste, et n’avait continué de l’être pendant très longtemps alors que ses premiers livres étaient déjà parus. Je crois à la force de ce qu’on raconte pour l’avoir vécu, éprouvé, ressenti. Mais il est évident aussi qu’à l’inverse, l’écriture nourrit la vie. Chaque projet de livre agit comme un intensificateur extraordinaire d’expérience. Dès lors que j’ai élu un terrain, je le regarde et l’explore avec une acuité décuplée. Chaque rencontre que j’y fais devient cruciale. Tout résonne plus fort. Dans Coyote, je m’amuse à déployer dans la vraie vie une idée que j’ai d’abord prêtée à l’autostoppeur dans la fiction de Par les routes : l’utilisation du stop comme moyen délibéré d’enquête et de rencontre.
Dans ce livre plus que dans tous tes autres, tu fais intervenir une pluralité de personnes, de personnages. Un espace se crée où leurs langues se déploient, leurs mots, leurs expressions. Tu t’effaces. Qu’est-ce qui te permet l’intervention de cette collectivisation au sein d’un livre écrit à la première personne ?
C’était le plus important pour moi : qu’on entende les voix des gens rencontrés. Pas seulement leurs idées et leur regard sur la vie mais les inflexions de leurs voix, leurs accents, leur aura, leur débit. Que soit restitué quelque chose de leur présence, de leur aura, de leur énergie propre. Qu’on ait le sentiment de s’installer dans leur compagnie, d’accéder à une sorte de compréhension sensible du regard qu’ils portent sur le monde. La vérité que j’espère livrer se veut multiple, polyphonique, contradictoire, faite d’une sédimentation de récits parfois antagonistes, mais invariablement ancrés dans une situation vécue. Tout le contraire d’une voix off qui se risquerait à résumer, à poser un diagnostic, ou à revendiquer une quelconque expertise. C’est la frontière vécue qui m’intéresse, à rebours de tout discours surplombant ou généralisant.
Concrètement, qu’est-ce qu’il t’a fallu mettre en place pour capturer ces langues-là ?
J’ai beaucoup travaillé l’oralité, j’ai essayé de faire entendre la « musique » de chaque voix. J’ai commencé par supprimer mes questions et mes relances. Il m’a sauté aux yeux qu’on les devinait très bien en creux. Cela donne des sortes de monologues que j’espère dynamiques, variés, remplis de contrastes et de surprises, de moments mélancoliques comme de saillies humoristiques. On s’installe dans le récit de chacun, avec ses contradictions, ses silences, sa temporalité, son penchant plus ou moins affirmé aux digressions. On prend le temps. On perd et retrouve le fil de la discussion, comme toujours quand on bavarde en conduisant.
J’ai délibérément privilégié les moments de rêverie où les conducteurs regardent le paysage, réagissent à la vue d’un canal d’irrigation, d’un champ de coton, d’une maison construite de leurs mains vingt ans plus tôt, d’un désert de dunes, d’un morceau de mur bardé de croix peintes. J’ai bien sûr laissé le moment où Mélanie et Martin appellent sur haut-parleur leur fils Doug pour lui demander s’il a bien lavé le chien pendant leur absence. Le moment où Alfredo se marre de me voir prendre des photos de Matamoros par la vitre ouverte et me dit : bravo, en continuant comme ça on a toutes les chances de réussir à se faire enlever, si c’est ça que tu veux. C’est dans ces interactions imprévues, ces paroles presque échappées, que se racontent le plus de choses, j’en suis persuadé.

Et puis il y a la photographie. Si je ne dis pas de bêtise il me semble que tu as travaillé et vécu à Arles ? Quelle place prend la photographie dans ta vie et dans ton travail ?
Je continue de vivre la moitié du temps à Arles. La photographie me fascine pour de nombreuses raisons, mais peut-être en premier lieu pour sa fonction la plus basique, la plus évidente : son rôle indiciel. Sa faculté d’arrêter le temps, de fixer un moment, d’en garder à jamais une trace, capable à elle seule de faire ressurgir des pans entiers de vie. Je n’ai même pas besoin d’être face à des photos de grands photographes. La moindre photo de famille un peu jaunie, le moindre portrait anonyme, même maladroit, a cette force d’évocation. C’est un déclencheur d’émotion très puissant, un « démarreur » d’écriture que j’utilise dans beaucoup de textes.
C’était important pour toi que figurent ces portraits au sein de ton livre ? Que veux-tu produire, au-delà de l’effet de réel ?
C’était indispensable, je crois. Il y a une fonction d’attestation de ces portraits. Ils disent que c’est vrai, que j’ai vraiment rencontré ces gens. Mille choses sont là, dans ces visages. Je les avais d’abord fait apparaître avant les monologues, au moment de la rencontre avec chaque automobiliste. Et puis il m’est apparu qu’il était beaucoup plus juste de les faire surgir au moment de descendre des voitures, puisque c’était toujours ainsi qu’on se séparait : en prenant une photo. La plupart des monologues se terminent par ce moment un peu rituel ; la photo, que nous construisions presque ensemble, en choisissant un décor, une orientation par rapport au soleil, avec ce que cela créait immédiatement de complicité. C’est chaque fois l’aboutissement de la rencontre, son point d’orgue. Et le polaroid pour moi enregistre idéalement cela : une photo à jamais unique, impossible à reproduire. La rencontre éphémère, quasi miraculeuse, entre deux trajectoires qui n’auraient jamais dû se croiser. Et cet instant à jamais fixé pourtant, dans un petit cadre unique.
Quels rapports entretiens-tu avec la littérature de voyage ? Qu’on le veuille ou non, d’une certaine manière, tu t’inscris plus ou moins dans ce registre ?
Je ne lis pas beaucoup de récits de voyage. J’ai été marqué par ceux de Nicolas Bouvier et quelques autres, bien sûr. Mais je me méfie, du point de vue littéraire, de tout ce qu’il me semble y avoir d’assez prévisible dans le genre. Je n’ai pas grand goût pour la posture d’autohéroïsation dans laquelle il me semble qu’on peut vite tomber. J’avais très peur du côté « autoportrait en baroudeur » qui me guettait. Et en même temps, je voyais bien que je m’inscrivais, que je le veuille ou non, dans ce genre. J’ai donc cherché à inventer une forme autre. J’ai voulu faire un livre où on entende la voix des gens rencontrés, plus encore que la mienne. À vrai dire, les livres auxquels j’ai pensé pendant l’écriture ne sont pas des récits de voyage, mais plutôt ceux de Svetlana Alexievitch, La Fin de l’homme rouge notamment, pour tout le travail extraordinaire qu’elle fait sur la parole des gens qu’elle rencontre. J’ai aussi pensé aux Motel chronicles de Sam Shepard, pour la brièveté des fragments, les éclats de solitude, les fulgurances de paysages et de morceaux de vie. C’étaient mes deux boussoles, dans des genres très éloignés l’un de l’autre, mais merveilleux d’intensité chacun à sa façon.

J’ai un aveu à faire : à la moitié du livre, j’ai ouvert une carte. (Sur mon téléphone, ou sur ordinateur bien sûr.) Et avec le petit bonhomme jaune, je me suis baladé sur les routes, près de cette frontière. J’ai essayé de comprendre ton trajet aussi. Il faut dire que je n’y connais rien à cette géographie étasunienne, encore moins aux villes de l’Arizona, du Texas… Je n’avais pas consulté de carte en lisant un livre depuis mes lectures adolescentes de Modiano, je crois, pour retrouver ces rues parisiennes. Est-ce que tu voulais ça, que la personne qui lit ouvre une carte ?
Ça me réjouit, mais ce n’était pas une volonté, non. On s’est demandé, avec mon éditeur Thomas Simonnet, s’il fallait faire figurer une carte dans le livre. Et puis il nous a rapidement semblé que ce serait peut-être trop didactique, que ça orienterait trop la lecture vers le côté géographique du voyage. Il est certain que sans carte beaucoup de noms de lieux restent difficiles à situer. Qui peut placer sur une carte Socorro, Van Horn, Aguas Prietas ? Je me dis qu’on peut faire plusieurs lectures de tout ça : soit on reste dans la rêverie des noms, en acceptant un flou relatif, celui de la « frontière » en général, en acceptant que de là-bas surgissent des images, des représentations, des morceaux de vie, qui à la fin composent une impression générale de toute cette zone – c’est le plus probable, et ça va très bien ainsi je crois. Soit on va comme toi jusqu’à suivre la progression du voyage, et alors je pense que ça crée un autre effet de lecture.
Personnellement, en tant que lecteur, quand je lis Cormac McCarthy par exemple, Méridien de sang ou No country for old men, livres que j’adore, j’alterne entre les deux régimes. Les fois où j’ai le courage et la patience d’aller voir, cela enclenche autre chose : un peu de jubilation à me dire : mince ça se passe là-bas, dans ce tout petit bled, dans cette minuscule vallée. Il y a des passages de Coyote où je raconte ce bonheur à me balader dans la géographie très précise (presque exacte) de certaines scènes très sanglantes de No country for old men.

On reste sur la carte, si ça te va. Je reprends un entretien sur Diacritik de 2019, pour la parution de Par les routes. Je te cite : « Je n’ai cessé pendant l’écriture de regarder des cartes, de rêver à des noms de lieux. La carte est à la fois une promesse de réel (on sait que le village existe vraiment, on va pouvoir aller le visiter) et déjà une fiction : elle ne retient qu’une part infime du réel, en oublie en même temps des pans entiers dont l’absence laisse du jeu à l’imagination. C’est le tremplin rêvé du fantasme. La carte sur laquelle je travaillais était délibérément éloignée du réel : une vieille carte prise dans un guide Bleu défraîchi, avec le maillage de nationales et presque pas encore, à l’époque, d’autoroutes. » Alors, dans Coyote, pas de carte. (Peut-être sur toi pendant le voyage ?) Je veux dire — et c’était déjà un peu le sens de ma deuxième question — qu’avec Coyote il n’y a pas de fantasme, pas de rêve, pas d’imagination ; dans ton travail d’écriture, bien sûr, pas dans la lecture. Je suis un peu radical : toute écriture, même la plus journalistique, n’est que souvenir, pensée… Disons : tu ne pars pas d’une matière éloignée du réel, tu écris le réel. Tout contre le réel. C’est moi qui imagine, qui fantasme, moi qui ne connais rien de ton voyage et de ce territoire. Que penses-tu de tout ça ?
Je cite au début du livre une phrase de James Agee qui m’a frappé très fort, à la lecture de Louons maintenant les grands hommes. « Si je le pouvais, ici je n’écrirais rien du tout. Il y aurait des photographies. Pour le reste, des morceaux d’étoffe, des déchets de coton, des grumelons de terre, des paroles rapportées, des bouts de bois, des pièces de fer, des fioles d’odeurs, des assiettées de nourriture et d’excréments. » Je me rappelle avoir éprouvé ce désir, au retour du voyage. L’envie de rester à ras du réel rapporté, ramassé, recueilli. Sans un mot de commentaire superflu. Le réel, le réel brut, et rien d’autre. Il me semblait que les mots et les portraits des gens rencontrés auraient à eux seuls la force de tout raconter, à qui voudrait bien prendre le temps de les écouter et les regarder. Et puis le vécu vous rattrape. Le besoin de raconter revient, toujours. Mais j’ai essayé de lui tenir la bride. J’ai cherché un moyen de l’entrelacer aux mots des automobilistes en laissant leur parole au premier plan. J’ai voulu mettre à distance ma propre subjectivité en avouant tout ce qu’elle charriait de projections et d’attentes totalement plaquées – là-bas tout est saturé de cinéma, à chaque pas surgissent des souvenirs de films qui font intimement partie de l’émotion qu’on éprouve. Je voulais parler de ça aussi, raconter cette dimension comme une donnée permanente du rapport aux lieux.

Et puis ces gens rencontrés, ils font rêver parfois. Dans le sens propre du terme. Au début du livre, tu dis : c’est vrai. Les mots que tu rapportes des gens rencontrés, leurs langues : c’est vrai. C’est réel. Eux, font rêver. Je pense particulièrement à Donjon, quand il te raconte sa vie qui ressemble à un film. Il y a eu, pour moi à ce moment-là, une suspension volontaire de l’incrédulité. On ne sait pas à quel point il invente : on s’en fiche, on y croit parce qu’on veut y croire. S’il le dit, s’il le pense, c’est que c’est vrai, de toute façon, pour lui, pour toi, pour nous, à un moment donné. C’est sur ça que repose une grande partie du système romanesque et littéraire, n’est-ce pas ?
Peut-être que Donjon rêve un peu sa vie, c’est possible. Évidemment, je m’abandonne à ça. Je me régale qu’il me fasse rêver, je plonge avec bonheur dans son récit, je fais un accueil absolu aux péripéties incroyables qu’il me présente comme celles de sa vie (de « ses vies », dit-il). Encore maintenant, je suis assez persuadé de sa sincérité. Mais évidemment, je suis moi-même devant lui (et devant chaque automobiliste) comme un lecteur de fiction, qui choisit délibérément de croire ce qu’on lui raconte. Je demande du récit, je réclame des histoires. Et vraies ou non, j’ai la conviction que ces histoires disent une vérité intime de Donjon et de tous ceux et celles qui les racontent. Ce sont des histoires de la frontière, à jamais vraies à leur façon, au moins autant que nos rêves le sont.
Tu passes par Juárez. Tu écris : « Pour la première fois depuis longtemps, je ne me sens plus seul. » Plus loin : « […] mais qu’est-ce que j’étais seul. Qu’est-ce que tous les hommes que je rencontrais sur la route l’étaient aussi. » Quelles relations entretiens-tu avec la solitude ?
Bien sûr, j’affectionne les moments de solitude choisie. Les moments de solitude active, décidée, délibérément provoquée, volée au tourbillon des contraintes de la vie matérielle. Ce sont des moments auxquels je tiens par-dessus tout, parmi les plus précieux et les plus féconds pour moi. Dans un départ solitaire en voyage il y a toujours ça : une sorte de réintensification maximale de chaque instant à vivre, de chaque rencontre, de chaque balade, de chaque pensée. C’est presque toujours dans ces moments de vacance et de disponibilité retrouvée que me viennent les idées importantes. Mais il s’en faut de très peu pour que cette solitude si précieuse ne se renverse en solitude subie, trop prolongée, douloureuse. Alors bien sûr les êtres chers se mettent à manquer très fort, on se demande ce qu’on fout là, à quoi bon tout ça. La fin de Coyote raconte plusieurs moments comme cela. Cela dit, cela finit toujours par se réinverser. J’aime aussi quand la solitude me fait un peu morfler, je sais que tôt ou tard la joie reviendra, je sais qu’il va se passer des choses, je tiens à cette traversée.
Je lis toujours en musique. (Hasard, une grande partie de ma lecture j’écoutais Nina Simone.) Avec ce livre, la musique de ton écriture est celle de la voix des personnes que tu rencontres, parfois celle de l’autoradio. Une autre musique, après l’écriture ? Pendant le retravail du texte ?

En répondant à ces questions par exemple, j’écoute des chansons populaires mexicaines. Des morceaux glanés sur un site envoyé par Seb Martel, avec qui nous avons créé une lecture musicale de Coyote. Je donne son nom car c’est un site formidable : Mexico Smithsonian Folkways Recordings. J’aime réussir à faire ces deux choses à la fois, écouter de la musique et travailler. Mais je le fais de moins en moins quand j’écris. Si je mets de la musique, c’est très simple : je l’écoute. Surtout Nina Simone, que j’adore. Et très vite je suis obligé de constater que l’écriture avance beaucoup moins bien. « En ce moment j’ai besoin d’au moins mille ans de silence – et surtout du mien », écrit Beckett dans une lettre que j’ai lue récemment et qui m’a beaucoup fait rire. De plus en plus moi aussi je veux ça : du silence. J’ai envie de précision. D’écoute, oreilles grandes ouvertes, du silence et de tout ce qui en surgira. Dès qu’il y a silence, il y a vacance, il y a inconnu. L’infini des possibles se rouvre.
Sylvain Prudhomme, Coyote, éditions de Minuit, octobre 2024, 256 p., 17 €