Le titre du premier roman de Kerry Hudson est déjà un roman. L’annonce d’un rapport singulier au genre comme au monde, des mots qui jaillissent, tout ensemble acidulés et désespérés. Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman pourrait n’être qu’un titre fabuleux, c’est un fabuleux roman.

Il est des livres qui n’appartiennent pas à l’actualité, du moins celle dont les journaux rendent compte. Des livres qui sont notre présent, parce qu’ils nous accompagnent, qu’on y revient, que l’on sait, dès leur première lecture, qu’elle n’est que la première justement, et sera suivie de tant d’autres. Les Notes et croquis de l’année 2008, Les Pierres qui montent d’Hédi Kaddour, un livre publié chez Gallimard en 2010 — et étrangement jamais passé en poche — est pour moi de ceux-là, rares.

Danièle Rivière dirige les éditions Dis Voir, spécialisées en culture contemporaine, qui réunissent artistes, cinéastes, philosophes, écrivains, scientifiques, musiciens, designers… Elle est également, en tant que créatrice, engagée dans le cinéma et récemment dans le transmédia. Dans cet entretien, il sera donc question de livres, de films, de science, de Peter Greenaway et Raoul Ruiz, de bd, de nanomonde, d’économie de l’édition, de Pierre Huyghe, Douglas Coupland et François Taddéi, du contemporain et d’imaginaire, du web et de Laurie Anderson… Un entretien placé sous le signe du relationnel et du transversal.

« Je voulais voir de l’autre côté de la frontière (…) le monde comme il ne va pas. » Ce « je » pourrait être celui de Laurent Mauvignier qui déploie une journée de la marche du monde, un certain 11 mars 2011. Son roman, Autour du monde, répercute l’onde de choc du tsunami au Japon à travers plusieurs vies, dans un feuilleté d’existences, liées par une même date. À l’origine du roman, une date, le 11 mars 2011, celle d’un tsunami qui a ravagé les côtes du Japon.

23 septembre, 23 octobre, la rédaction de Diacritik a donc fêté hier et plus ou moins dignement son premier mois d’activité. Après s’être longuement écharpé sur le choix du terme (« mensiversaire » pour les uns et « moisiversaire » pour d’autres), il a été décidé que l’on n’utiliserait pas de mot valise qui ne serait pas dans le dictionnaire. Ces coulisses de la rédaction vous proposent donc aujourd’hui un bilan au narcissisme assumé, cédant à un désir freudien d’introspection pour vous raconter ce mois-plaisir, ce mois idéal…

Non pas un mais trois livres aujourd’hui : pas seulement pour briser la contrainte du « un livre un jour », mais parce qu’ils vont si bien ensemble, comme diraient les Fab Four : Le Carnet d’adresses de Sophie Calle, Carnet d’adresses et Répertoire des domiciles parisiens de quelques personnages fictifs de la littérature de Didier Blonde. Autant dire une infinité d’autres livres en creux et en adresses…

New Wave made in China. Le mot nouvelle vague reprend ici son sens et ne se limite pas à la désignation d’un genre musical. Témoin d’une société chinoise en mutation, qui est peut être au bout d’un cycle, Nova Heart, groupe de Pékin fédéré à l’initiative d’Helen Feng – DJ et ex animatrice sur MTV China, n’est peut être que le précurseur d’un mouvement qui ose le chant en anglais et qui s’adresse à tous, sans frontière. Jusqu’ici peu de groupes asiatiques arrivait jusqu’à nous, leur musique étant destinée souvent au « marché » local. Mais ici on ne parle pas commerce mais art.