« La marge, c’est ce qui permet aux pages de tenir ensemble » (Godard)
On ne sait si rendre hommage à une personne décédée est s’efforcer de la faire malgré tout présente – malgré la frontière infranchissable de sa mort, malgré son absence définitive, à jamais irréversible, malgré son oubli –, ou s’il s’agit de manifester son absence, de rendre présente son absence, de manifester sa mort qui est toujours la mort et donc, aussi, la manifestation de sa vie, de la vie, d’une vie.
Réactions à chaud, commentaires et emportements (positifs comme négatifs) de Jérémy Sibony, critique ciné pour notre magazine. La vie d’un cinéphile, en fragments (presque) quotidiens. Subjectivité et passion assumées.
On connaît Douglas Kennedy pour ses livres d’une efficacité redoutable, son amour pour Paris et sa maîtrise assez sidérante de notre langue. Moins peut-être pour ses talents culinaires, un aspect de sa personnalité révélé en 2013 à travers quelques fiches cuisine Elle, dont un flan décadent que l’on aime déjà pour son titre.
Egine, la nuit qui tombe. La nuit et une maison architecturée genre case study house avec piscine et vue hollywoodienne sur l’entrée du golfe Saronique. En face, les montagnes du Péloponnèse. Une maison en rase campagne avec une vue délirante sur la mer et les montagnes. Une maison pour vacanciers qui se relaxent en famille. Ma maison. Une maison que je n’aime pas. Je n’aurais jamais choisi une telle maison. Elle est arrivée comme ça. Je me suis retrouvée avec une maison sur les bras. Il y a pire. Une maison avec piscine en rase campagne. Tout ce que je déteste. La nuit, en plus, c’est flippant, la rase campagne.

Rodho est illustrateur et dessinateur de presse. Son dessin fin, travaillé et expressif et son humour à froid font merveille quand il s’agit de dézinguer l’actu la plus brûlante. En cette semaine d’ouverture du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, il porte son regard acéré sur la condition de dessinateur…
Pourquoi, la question.
Duras, la réponse.
Prenez trois personnages, Moshe, Nana et Anjali. Un garçon, deux filles, trois possibilités. Celle du « ménage à trois » en particulier. C’est la trame, éculée (volontairement, essentiellement éculée), de Politique, le premier roman d’Adam Thirlwell, écrivain anglais, né à Londres en 1978, classé dans la liste des vingt meilleurs jeunes romanciers britanniques par la prestigieuse revue Granta, en 2003, pour ce livre.
Suite des photographies prises par Camille après le passage de Jonas, New York épisode Snowzilla. La première partie est ici.
« Quel est le but du cinéma ?
Que le monde réel, tel qu’offert sur l’écran, soit aussi une idée du monde.
Il faut voir le monde comme une idée, il faut le penser comme concret »
(Jacques Rivette, Les Cahiers du cinéma, 1963)
Une dizaine d’années après son remarquable essai L’Adieu à la littérature, William Marx est revenu il y a peu avec La Haine de la littérature, non moins brillant essai, sur l’histoire de la dévalorisation de la littérature mais en en scrutant une face plus dérobée sinon obscure.
Bakhtine : « Il existe des œuvres qui, effectivement, n’ont rien à voir avec le monde, mais seulement avec le mot ‘monde’, dans un contexte littéraire. Ces œuvres naissent, vivent et meurent sur les pages des magazines, ne franchissent pas les pages des éditions périodiques contemporaines, ne nous emmènent pas au-delà de leurs limites ».
Fascinant, mystérieux et en constante réinvention de son style, le travail de Léo Quievreux est particulièrement mis à l’honneur en librairie ces derniers mois. En attendant un nouveau projet dans le courant de l’année 2016, retour sur une œuvre singulière et entretien.
Christiane Taubira, cinéma, société et faits divers. C’est la revue de presse du chutier.