Philosophe sui generis, Aliocha Wald Lasowski a naguère trouvé sa place dans nos colonnes. Voilà qu’il y revient avec un texte dense et intense, un texte à l’image de celui dont il traite, ce penseur qui fut une des figures marquantes du XXe siècle littéraire et du tout début du XXIe. Nous parlons de l’Antillais Édouard Glissant.
Dans le cadre du festival « Littérature et animal » de l’édition 2021 de Littérature au Centre en partenariat avec Diacritik, Pierre Bergounioux évoque le bestiaire de son œuvre.
Sans logement et par manque de fric, en 2007 je quitte Paris pour retourner vivre à Charleville-Mézières, la ville de ma naissance.
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Jay-Jay Johanson, d’aussi longtemps que je me souvienne, je l’aime.
Quand un écrivain que vous considérez comme un mythe vivant publie un roman intitulé Légende (Gallimard), c’est probablement que le temps d’initier une rencontre est venu. D’autant que cette parution est doublée de l’ouvrage Agent Secret, un récit plus personnel qui paraît au même moment dans la collection Traits et Portraits du Mercure de France. Philippe Sollers, 84 ans, dont une soixantaine joyeusement vécue au cœur de la création littéraire entre romans, essais et édition, reçoit dans son bureau au 5, rue Gaston Gallimard.
« Des doutes ? Mais qu’est-ce que ça veut dire avoir des doutes ? Pourquoi ne dit-il pas que je suis suspect ? Et suspect, c’est sûr que je suis suspect. Même à mes yeux, je suis suspect, pas seulement aux siens.
À Clermont-Ferrand, chaque année au printemps, depuis 2015, le festival « Littérature au centre » imagine des rencontres avec des écrivains et des scientifiques : entretiens, tables rondes, conférences dédicaces en librairies nomades. Les journées sont rythmées par des spectacles, des performances et lectures par des comédiens.
« Parle est une rhétorique pure qui court après la vie » (Tais-toi)
Après son très remarqué Poétique de l’emploi paru en 2018, Noémi Lefebvre publie aux Éditions Verticales Parle, accompagné de Tais-toi qui lui sert, en quelque sorte, de postface. Avec ce cinquième ouvrage dont elle précise dans Tais-toi qu’il n’est ni roman, ni poésie, ni théâtre, non plus que pièce radiophonique ou cinéma, elle met en place un dispositif original, différent de ses livres précédents, tout en réorchestrant plusieurs de ses motifs de prédilection à travers une écriture qui privilégie une dynamique verbale d’une grande force critique.
Constellations de Sinéad Gleeson, qui vient de paraître chez Quai Voltaire dans une traduction de Cécile Arnaud, est l’autobiographie d’un corps diffracté : il s’agit pour l’autrice irlandaise de raconter son histoire, depuis les blessures, marques et cicatrices sur et dans sa chair — soit d’une forme de réponse au programme d’Hélène Cixous, dans Le Rire de la Méduse, cité en première épigraphe du livre : « À censurer le corps, on censure du même coup le souffle, la parole. Écris-toi : il faut que ton corps se fasse entendre ».
Passionnant : tel est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier le fort et bel essai que Julien Lefort-Favreau consacre à l’édition indépendante qu’il vient de faire paraître chez Lux sous le titre de Le Luxe de l’indépendance. Dans ses Réflexions sur le monde du livre, Lefort-Favreau réfléchit à ce que signifie être indépendant, de nos jours, dans le monde du livre, à savoir comment s’élabore au quotidien mais aussi dans le long terme une indépendance esthétique, politique et économique. Qu’en est-il de l’engagement de l’éditeur ? Comment se construit le récit de cette indépendance ? Comment trouver un équilibre financier qui tienne compte du désir d’avant-garde ? Autant de questions que Diacritik a désiré poser au professeur de littérature française et d’études culturelles à l’Université Queen’s au Canada.
Et une fois de plus, écrivant non au fil de la plume, mais au crayon et à la gomme, le prétendu critique s’aventure du côté de la chronique. Il note en passant que ces deux mots ont six lettres en commun : crique, soit le lieu d’abordage qui ouvre sur les sentiers du terrain vague. Il fait attention de bien écrire crique, et non cirque – ou alors en accordant à ce dernier mot un sens lunaire, notre chroniqueur l’étant forcément un peu (dans la lune), surtout quand il esquisse ses “papiers” en marchant, ou en rêvant.
En février 2021, Johan Faerber s’entretenait avec Yamina Benahmed Daho, à propos de son roman récent, A la machine et de ce qui avait guidé l’écrivaine dans l’élaboration de sa fiction, à mi-chemin de l’enquête historique et du souvenir autobiographique. Dans ce « livre social et politique », on plonge dans l’injustice du conflit entre intelligence inventive d’un ouvrier et moyens financiers du capitalisme qui permettent de priver un inventeur des fruits de son invention. Car Barthélémy Thimonnier a inventé la machine à coudre et il est pourtant mort dans la misère.
Pierre Parlant et Jean-Philippe Cazier ont suivi les parutions des trois volumes de La Divine Comédie de Dante traduits par Danièle Robert pour les éditions Actes Sud. Les voici réunis en un volume chez Babel.
Pascal est mort dans les salles années de plomb qui ont suivi les feux d’artifice.