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Tout au long de l’année 2022, nous fêterons le centenaire de la naissance d’écrivains, d’artistes, de musiciens majeurs du second vingtième siècle, de Pier Paolo Pasolini à Simon Hantaï, de Charlie Mingus à Claude Ollier, d’Alain Resnais à Alain Robbe-Grillet, de Jack Kerouac à Christian Dotremont – sans oublier nombre de vedettes de la chanson et du cinéma tels Cyd Charisse, Ava Gardner, Bobby Lapointe, Christopher Lee, Carmen McRae, Micheline Presle (toujours en vie), Serge Reggiani…

« Pourquoi ne serai-je pas fière d’être femme ? Mon père, cet apôtre enthousiaste de l’humanité m’a bien des fois répété que la mission de la femme était de relever le genre humain, qu’elle était le Messie des siècles futurs… Je dois à ses doctrines la grande et fière ambition que j’ai conçue pour le sexe auquel je me fais gloire d’appartenir et dont je soutiendrai l’indépendance jusqu’à mon dernier jour.

À l’occasion de la rencontre « Le climat, récits et imaginaires » avec Marie Darrieussecq, Philippe Rahm et Dominic Thomas, modérée par Jean-Max Colard, qui s’est tenue à la Villa Gillet le mercredi 9 mars 2022 à Lyon, le Directeur du Département des Études françaises et francophones, Université de Californie-Los Angeles (UCLA), Dominic Thomas, nous propose ce texte sur les liens entre climat et littérature.

« Pas de vrais changements, donc, si ce n’était en ce qui me concernait. Auparavant, je m’étais toujours montré affable avec les autres, et eux avec moi ; mais maintenant, je ne voulais plus être cordial avec personne, de peur de laisser échapper quelque indice qui pourrait éveiller les soupçons de quelqu’un ; et comme je me montrais réticent, on se montrait de moins en moins chaleureux. Même avec les amis qui n’étaient pas du bureau, je n’avais plus envie de tenir de grandes conversations. On savait maintenant qui j’étais, non seulement quel genre d’homme, mais quel chef.

Aby, de Marie de Quatrebarbes, tourne autour de la figure d’Aby Warburg, figure qui serait moins le centre géométrique du livre que son attracteur, le principe d’articulation d’une pluralité hétérogène. Si la narration concerne Aby Warburg, le récit n’en est pas moins constitué de bifurcations, d’un ensemble hétérogène qui implique d’autres figures que celles de Warburg et des types différents de discours – articuler une hétérogénéité, agencer un chaos étant le problème vital d’Aby Warburg.

Le Signal de Sophie Poirier est placé sous l’exergue d’une phrase d’Emmanuel Hocquard : « on aimerait que la qualité d’une architecture ne tînt ni à sa démesure, ni à son aspect spectaculaire et/ou spéculatif, mais au rôle qu’elle joue, éthiquement, dans le paysage et les vies qui l’incorporent ». C’est dire que si le Signal impose sa barre de 4 étages et son énorme « masse rectangulaire » sur une plage de Soulac sur la côte Atlantique, ce ne sont ni cette démesure ni cet aspect spectaculaire qui ont conduit l’autrice à centrer son livre sur un immeuble… mais plutôt le paradoxe qu’il figure puisqu’il est « si fragile, si près du bord », sous la menace d’une montée du niveau de la mer. Le signal dit une beauté sidérante parce que disjonctive comme une double cristallisation amoureuse. Dans sa « solitude flagrante », le Signal est signe, multiple, et concentré de plusieurs époques, des années 70 à aujourd’hui.

En achevant le visionnage de No Time To Die, une critique lapidaire d’Au Service secret de sa Majesté (réalisé par Peter Hunt en 1969) m’est revenue en mémoire : « aurait pu être le meilleur des Bond. Pas un classique ». En assumant la paraphrase, Mourir peut attendre aurait être le meilleur des Bond mais ne sera pas le classique qu’il aurait pu devenir.

Le vif et puissant Coup d’état climatique de Mark Alizart vient de paraître en poche, réflexion remarquable et tonique sur les questions climatiques, et en particulier celle de l’usage politique du réchauffement climatique, un carbo-fascisme qui consume nos sociétés. À l’occasion de cette sortie en poche chez Alpha, Diacritik republie l’entretien que Mark Alizart avait accordé à Johan Faerber

Nous parvient des éditions Grasset un passionnant dictionnaire alphabétique des personnages de Proust au sein de la Recherche. Il y en eut d’autres bien avant lui mais celui-ci est dû à une jeune chercheuse particulièrement inspirée. Les articles de la jeune autrice, Mathilde Brézet, sont au nombre de 99, ce qui est peu par rapport à une population de personnages romanesques bien plus étendue. En vérité, il est plus d’une omission comme, par exemple, celle de tel philosophe norvégien invité à un repas. En revanche sont retenus et commentés des localités tels que Balbec, Combray, Doncières ou Venise qui interviennent véritablement en acteurs du grand récit.

Dans La mère de toutes les questions, Rebecca Solnit propose une « Brève histoire du silence », introduite par une citation d’Audre Lorde : « ce que j’ai le plus regretté, c’étaient les silences… et il y a tant de silences à briser ». Certains sont dits d’or, d’autres sont des « océans » de non-dits et refoulés, des archipels d’invisibilisation et d’inexistence… Ce sont ceux que brise l’ensemble de l’œuvre de l’intellectuelle américaine, comme dans son dernier livre, Souvenirs de mon inexistence qui vient de paraître dans une traduction de Céline Leroy aux éditions de l’Olivier, livre  d’un refus de ces étouffements et systèmes d’oppression si efficaces qu’on ne les perçoit pas ou plus. Rebecca Solnit puise dans sa propre existence pour en démonter les mécanismes, chez elle l’autobiographie est une arme de guerre.