Le mercredi 16 mars 2022 à 19 heures, aura lieu, en partenariat avec Diacritik une soirée Coïncidences, autour du livre d’Amos Reichman, Jacques Schiffrin, un éditeur en exil, paru aux éditions du Seuil dans la collection de Maurice Olender, « La Librairie du XXIe siècle ».
Le vif et puissant Coup d’état climatique de Mark Alizart vient de paraître en poche, réflexion remarquable et tonique sur les questions climatiques, et en particulier celle de l’usage politique du réchauffement climatique, un carbo-fascisme qui consume nos sociétés. À l’occasion de cette sortie en poche chez Alpha, Diacritik republie l’entretien que Mark Alizart avait accordé à Johan Faerber
Nous parvient des éditions Grasset un passionnant dictionnaire alphabétique des personnages de Proust au sein de la Recherche. Il y en eut d’autres bien avant lui mais celui-ci est dû à une jeune chercheuse particulièrement inspirée. Les articles de la jeune autrice, Mathilde Brézet, sont au nombre de 99, ce qui est peu par rapport à une population de personnages romanesques bien plus étendue. En vérité, il est plus d’une omission comme, par exemple, celle de tel philosophe norvégien invité à un repas. En revanche sont retenus et commentés des localités tels que Balbec, Combray, Doncières ou Venise qui interviennent véritablement en acteurs du grand récit.
Dans La mère de toutes les questions, Rebecca Solnit propose une « Brève histoire du silence », introduite par une citation d’Audre Lorde : « ce que j’ai le plus regretté, c’étaient les silences… et il y a tant de silences à briser ». Certains sont dits d’or, d’autres sont des « océans » de non-dits et refoulés, des archipels d’invisibilisation et d’inexistence… Ce sont ceux que brise l’ensemble de l’œuvre de l’intellectuelle américaine, comme dans son dernier livre, Souvenirs de mon inexistence qui vient de paraître dans une traduction de Céline Leroy aux éditions de l’Olivier, livre d’un refus de ces étouffements et systèmes d’oppression si efficaces qu’on ne les perçoit pas ou plus. Rebecca Solnit puise dans sa propre existence pour en démonter les mécanismes, chez elle l’autobiographie est une arme de guerre.
Le livre de Tangui Perron raconte l’histoire d’une photographie de Willy Ronis ; une photographie qui raconte l’histoire d’une femme, Rose Zehner ; une femme qui raconte l’histoire du mouvement ouvrier, et de l’intérieur de ce mouvement, la lutte des femmes.
Prosopopée : cette figure de style – à mi-chemin du comic strip et du jargon rhétorique – qui consiste à faire parler les morts, était au centre du roman précédent de Robert Seethaler, Le Champ, également traduit par Élisabeth Landes aux éditions Sabine Wespieser. Ce qui rassemblait toutes les vies d’une petite ville d’Autriche était leur sépulture dans le même lieu. Un cimetière comme un concert. Dans Le Dernier mouvement, ce nouvel ouvrage de l’écrivain autrichien, vivant à Berlin depuis 20 ans, il n’est pas question de faire parler les morts mais ceux qui vivent, ou plutôt qui survivent – comme une manière de prosopopée avant l’heure. Il n’est pas tellement question non plus de concert, même si Gustav Mahler est au centre du Dernier mouvement. Il y est davantage question de regard, de l’œil qui porte au loin plutôt que de l’oreille qui rapproche.
2 extraits de l’album « Black Cherry » (Mute, 2003).
Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traducteurs. Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Love after love d’Ingrid Persaud qui vient de paraître aux éditions Les Escales.
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Il est relativement facile d’écrire deux trois mots sur le travail de quelqu’un(e) que vous n’avez jamais rencontré(e) et au sujet duquel (ou de laquelle) vous ne possédez que peu d’indications biographiques. L’ignorance a ses vertus, irremplaçables. Il est un peu plus délicat, mais toutefois plaisant, de griffonner quelques pages d’écriture au sujet d’une personne dont le travail vous est familier, surtout si vous avez partagé avec elle des échanges – en privé ou en public – dont il vous reste quelques traces écrites, ou enregistrées.
Philip Roth est de retour dans la collection la Pléiade. L’occasion pour Diacritik d’un grand entretien avec la journaliste et auteure Josyane Savigneau qui a inlassablement accompagné, au fil de critiques, textes et rencontres, l’œuvre de l’immense auteur américain, jusqu’à incarner – des propres mots de celui-ci – sa “conscience française”. Plongée vers l’identité fictionnelle kaléidoscopique de l’inventeur de Zuckerman, capitale pour l’histoire de la littérature.
Entretien avec Denis Lachaud, alors que plusieurs de ses pièces sont actuellement en tournée (Jubiler/L’Archipel) et que paraît son nouveau roman Le Silence d’Ingrid Bergman. Les deux personnages, la pseudo-Ingrid et sa fille Rosalie, vivent sur le très long terme une situation d’une violence extrême à l’issue de laquelle elles devront essayer de renouer avec le monde et avec les autres. Le livre démarre in medias res et ne dévoile que très progressivement la situation au lecteur. Il nous a donc été nécessaire, lors de cet entretien, de jongler avec les ellipses pour ne pas trop en dévoiler.
2 extraits de l’album « Worldwide Underground » (Motown, 2003).
Le roman d’Abdellah Taïa, Vivre à ta lumière, a comme figure centrale Malika : personnage de mère, de femme marocaine. En même temps que ces identités immédiates, individuelles, cette figure condense un réseau de dimensions et relations plus larges : la colonisation, les rapports de pouvoir, les strates de la société marocaine d’hier et d’aujourd’hui, celles d’un psychisme pluriel, obsessionnel, complexe, écartelé.
« Après l’agression de Londres, ma mère inscrivit sans tarder Rachel dans un pensionnat à la frontière du pays de Galles. Quant à moi, on m’expédia, pour ma sécurité, dans une école des États-Unis, où rien de m’était familier.