C’est ce que l’on appelle pudiquement une « question sensible ». Et, du fait de deux médias (Le Journal du Dimanche fin janvier et Le Parisien dans son édition du 12 février 2016), une question qui fâche. Dans un brillantissime billet intitulé « Un sondage pour Auschwitz » publié sur Slate.fr, l’auteur de La Métaphysique du hors-jeu et d’Un Juif en cavale démonte le questionnement — et pointe les résultats plutôt effrayants du sondage — avec humour, acidité et noirceur.

Bernard Wallet objet du dossier du Matricule des anges (n° 170, février 2016) et en entretien. Thierry Guichard l’a rencontré dans un petit village aux confins de la Provence et du Languedoc, à l’occasion de la réédition chez Tristram, collection Souple, de son unique livre publié — sous son nom ! il en a tant publié signé par d’autres, notamment chez Verticales, qu’il fonda — Paysage avec palmiers (lire la critique du livre sur Diacritik).

L’édition 2016 de l’Euro de football se profile déjà à l’horizon. Avant de rechausser les crampons et exhumer les protège-tibias du sac, il est temps de rappeler que Pierre la Police a plus fait pour le ballon rond que Karim Benzema pour le cinéma d’auteur ou Zinedine Zidane pour l’amitié franco-italienne avant de mettre un terme à sa carrière internationale sur un coup de tête.

Depuis deux ans, quel journal a bien pu parler à la fois d’Aube dorée, des mutations de La Poste, des écoutes made in France en Lybie, du lobby des pro gaz de schiste, du SAC du Général de Gaulle, des affaires de Nicolas Sarkozy et de l’histoire du journal Pilote ou de l’assassinat du juge Renaud ? Libération ? Le Nouvel économiste ? Mediapart ? Non. Trois fois non. Tous ces sujets et ces articles ont paru dans La Revue Dessinée qui, comme son nom le suggère, propose reportages, documentaires et chroniques en bande dessinée et s’applique à raconter l’actualité et à expliquer le monde dans lequel nous vivons.

On vous a déjà parlé de Bookalicious et du travail de fond engagé par Tara Lennart et monsieur Achille pour parler de la culture autrement. Parce que « lire, c’est bien » (leur devise), parce que le « Booktube de la littérature indépendante » offre, en parallèle de ses critiques vidéo de livres, des textes inédits, des reportages, des entretiens, des playlists et readlists. Parce qu’on se sent en phase et en affinité élective avec cette équipe comme avec le regard qu’elle porte sur la culture.

Dans L’Obs cette semaine, un portrait d’Instagram, à la fois application et réseau social, né il y a cinq ans tout juste et qui compte désormais plus de 400 millions d’utilisateurs mensuels (dont @diacritik NDLR) et 80 millions de photos postées par jour ! Le papier est signé Céline Cabourg, Séverine de Smet et Amandine Schmitt. Il ne faut pas s’arrêter au chapô pour le moins répétitif (« les clichés ultraléchés », deux fois), le « tour d’horizon » est intéressant.

Elle a offert la liberté à son public (FAZ), elle a porté sur écran la vie intérieure de femmes. Mort, féminité, liberté, cinéma, chefs d’œuvre, modernité sont les mots les plus employés par la presse mondiale en hommage à Chantal Akerman. Et ces portraits et photographies comme les visages multiples d’une femme insaisissable. En voici quelques-unes parmi toutes celles qui ont rendu hommage à une immense artiste.

Que voient-ils ? Que regardent-ils ? Quels secrets entretiennent les gardiens de musées avec les œuvres sur lesquelles ils veillent ? Le photographe américain Alec Soth, qui collabore régulièrement au New Yorker est retourné à Minneapolis, ville dans laquelle il a grandi, pour interroger les gardiens de musée du Minneapolis Institute of Arts sur leurs pensées secrètes et les photographier devant leurs œuvres préférées.

On entend une brève, d’abord au conditionnel. Puis confirmée, développée, commentée ad lib. : l’horreur, un centre médical de Médecins Sans Frontières bombardé par l’armée américaine à Kunduz, des morts, des blessés, des disparus. Et l’on pense au très beau J’ai vu un homme d’Owen Sheers, à son roman tout entier centré sur les « dommages collatéraux », collectifs, intimes.